Sur la route

Lettres de Mère Bruyère

Lettres écrites en 1847

Retour à la liste de lettres

À Mère Elizabeth McMullen, Supérieure des Sœurs de la Charité, à Montréal

Hôpital Général de Bytown,
le 11 novembre 1847

Ma très chère Mère,

J'ai à vous annoncer que notre bonne Sœur Xavier a été dangereusement malade depuis le six du courant. Cette chère Sœur a été administrée hier, elle a souffert le martyre, elle a été l'espace de six heures dans de si terribles crises que nous croyions que c'était son agonie; elle conservait assez de connaissance pour demander elle-même le Viatique, l'Extrême-Onction et l'Indulgence. Vous ne sauriez vous imaginer de notre douleur et de notre consternation en songeant que cette bonne Sœur allait mourir si subitement. De chance que la foi de notre Père a accompagné les remèdes du Dr Van Cortland et leur a obtenu le succès heureux que nous en attendions. Ce bon Docteur est venu trois fois hier, et aujourd'hui il dit qu'elle est maintenant hors de danger, elle est d'une faiblesse extrême mais j'espère que cet état ne durera pas longtemps. Je la recommande bien particulièrement aux prières de notre bon Père Larré, aux vôtres, ma bonne Mère et à toutes celles de la Communauté. Ici le reste de la Communauté est à l'ordinaire, l'Hôpital est toujours rempli d'émigrés malades.

Vous me mandez de vous renvoyer M. Tronson, il y a longtemps que je ne l'ai plus; je vous l'ai envoyé l'hiver dernier par Sœur Saint-Joseph. J'ai hâte de savoir comment s'arrange ma Sœur Phelan aux sheds et Sœur Curran au noviciat?  Mademoiselle Marguerite Limoges m'écrit pour demander l'entrée du noviciat et me prie de donner la réponse à M. Bardey. Auriez-vous la bonté de dire à ce monsieur que je ne puis la recevoir vu que nous en avons assez pour le présent.

Adieu ma bonne Mère, nos respects à notre Père Larré et à toutes nos Sœurs.

Pour toujours votre affectionnée fille,
Sr É. Bruyèremain d'Élisabeth qui écrit               

Retour à la liste de lettres