Lettres écrites en 1847
À Mère Elizabeth McMullen, Supérieure, Hôpital Général des Sœurs Grises, à Montréal.
Hôpital Général de Bytown,
le 29 juillet 1847Ma chère Mère,
Comment êtes-vous?... Je crains toujours de recevoir de tristes nouvelles... Comment sont toutes nos chères malades? Ah! Je crains bien qu'on ne réponde qu'il y a encore de nouvelles victimes... Mon Dieu! vous êtes heureuse! malgré que je souffre de vous voir souffrir ainsi que nos Sœurs. Vous êtes heureuse de pouvoir offrir au Seigneur tant de victimes si agréables à ses yeux. Ce n'est qu'avec la plus grande peine que je me résigne à lui faire le sacrifice qui dépend de moi et j'ai honte de mon peu de générosité... J'ai hâte de recevoir de vos nouvelles, que nos Sœurs prient donc saint Joseph de toutes leurs forces, il n'est pas possible de laisser mourir toutes nos Sœurs.
Nos Sœurs ici sont mieux mais elles ne prennent pas grand forces. C'est Sr St-Joseph qui en réchappe plus vite, cependant elle n'est pas aussi bien aujourd'hui. Sr Lavoie est rechutée, elle est bien malade. Le R.P. Molloy aussi est rechuté et il n'est pas hors de danger.
Le Comité nous a proposé de faire une addition de 50 pieds à l'Hôpital des émigrés pour y mettre un plus grand nombre de malades, nous avons refusé parce que nous ne sommes pas assez nombreuses. Le nombre de Sœurs qui soignent les émigrés est réduit à quatre et deux filles. Si ces pauvres Sœurs soutiennent ce sera un vrai miracle. Un petit memento pour vos filles de Bytown. Adieu chère Mère, nos respects s'il vous plaît à Mgr de Montréal, à nos Pères Billaudèle et Larré et des compliments à tous les gens de la maison.
Pour toujours votre toute dévouée fille,
Sœur É. Bruyère![]()