Lettres écrites en 1847
À la Révérende Mère McMullen, Supérieure, de l’Hôpital G énéral des Sœurs Grises, à Montréal.
Bytown, le 11 janvier 1847
Ma très chère Mère,
L'on parle fortement d'un nouvel évêque pour Bytown, on dit, on pense que ce sera le R.P. Guigues tant mieux, mais si l'on nous ôte notre bien cher et bien bon Père Telmon, ah! tant pis. Que nous serions heureuses d'avoir le R.P. Guigues avec notre Père Telmon. Si ce dernier nous est ôté, ce sera une très grande, grande croix. Ce bon Père doit aller à Montréal ces jours-ci Sr St-Joseph l'ignore, elle sera surprise. Je voudrais bien que Sr St-Joseph verrait le R.P. Guigues. Quand vous verrez ce R. Père voudrez-vous lui demander de garder notre Père avec lui, à Bytown; vous pourrez bien lui promettre que nous serons bien sages et bien bonnes.
Mgr Phelan n'a pas encore écrit. Il ne s'est jamais trop occupé de nous mais depuis qu'il a été décidé un autre évêque pour Bytown il se mêle encore bien moins de nous. Sr St-Joseph prendra en notes les avis que vous lui donnerez à l'égard du terrain de l'hôpital. Si nous pouvions avoir une place pour bâtir nous serions assez bien dotées, mais si nous bâtissons sur notre terrain, adieu les revenus car il faudra prendre les douze lots qui sont les plus avantageux. Notre Père s'est donné beaucoup de peine pour nous procurer du terrain, c'est à lui, après Dieu que nous devons tout; ce serait une grande perte que nous ferions en le perdant.
Ma bonne Mère, que vous ne nous écriviez pas souvent, j'y consens pour l'amour de Dieu, mais que personne ne nous donne des nouvelles de votre santé, c'est un sacrifice qui est trop dur. Depuis que Sr Ste-Croix nous a appris votre maladie, nous n'avons pas reçu un mot de votre santé laquelle nous est trop chère pour laisser dans l'oubli; quoique nous sommes loin de vous, vous n'êtes pas moins notre Mère et très chère Mère, vos filles de Bytown prient pour vous bien fort. Je vous baise de tout mon cœur dans le Sacré-Cœur.
Pour toujours votre enfant,
Sr É. BruyèreSr St-Joseph vous donnera des nouvelles.