Fête de la Croix glorieuse, 14 septembre
En cette fête de la Croix glorieuse, une grande fête communautaire pour nous, nous vous offrons quelques bribes de notre dévotion à la Croix :
Notre dévotion à la Croix nous vient de nos racines youvilliennes, selon lesquelles la croix a constamment traversé la vie de Sainte Marguerite d’Youville, de son enfance à sa mort. Entre autres, notons l’incendie de la Maison Le Verrier, l’arrêt de l’intendant Bigot, l’incendie de l’Hôpital Général. Mais les croix, dans la vie de Marguerite, ont toujours débouché sur une grâce: le premier incendie pousse Marguerite et ses compagnes à un don total avec les « Engagements primitifs »; l’arrêt de l’intendant mène à l’approbation de la communauté par les « Lettres patentes »; et le deuxième incendie à la grâce de l’abandon au Père dans l’incompréhension. Par contre, nous ne pouvons pas oublier le signe qui a marqué la famille youvillienne dans sa foi à la Croix glorieuse: la Croix lumineuse qui est apparue dans le ciel à la mort de Mère d’Youville.
Cette même dévotion se continue à Bytown.
Le 12 février 1845, Mgr Bourget, évêque de Montréal, aux Sœurs qui quittent Montréal pour venir à Bytown :
« Filles de la Croix, ne vous découragez point dans les grandes difficultés que va éprouver votre entreprise. Lorsque tout paraîtra désespéré, croyez fermement que Dieu ira à votre secours. Soyez toujours bien pénétrées de cette vérité que l’on peut tout avec Dieu. Voilà le secret de faire réussir les plus grandes affaires. »
Quel bel envoi missionnaire, imprégné de l’esprit de la Croix glorieuse!
À peine arrivée à Bytown, le 20 février, 1845, la petite communauté reçoit un premier cadeau: une croix en fer forgé pour le clocher du couvent, don de monsieur Thomas Brulé, maître forgeron.
En réponse à une lettre de Mère Bruyère pour l’informer du travail accompli pendant les premières semaines à Bytown, Mgr Bourget écrira, le 28 mars 1845:
« Préparez-vous au combat, et croyez que toujours vos succès seront achetés au prix de vos souffrances. Votre expérience vous fera bientôt toucher du doigt cette vérité que, plus les croix sont pesantes, plus les grâces qu’elles préparent sont précieuses. Car tout coule de l’arbre de vie planté au milieu de votre petite communauté ».
La croix sur notre sceau communautaire est ce qui inspirera Mgr Duhamel à choisir, pour nous, le nom de Soeurs Grises de la Croix. Voici ce qu’il écrira aux Soeurs, le 7 mars 1882, de Rome :
« Mes chères Filles, [...] Pour obtenir que l’on s’occupe de vos constitutions, j’ai dû consentir à changer votre nom ... Ne soyez pas effrayées mes Filles; vous êtes et vous resterez “Soeurs de la Charité”; vous êtes et vous resterez “Soeurs Grises”, et vous aurez un nom nouveau. Je ne me suis pas mis à la torture pour trouver le nom que vous porterez à l’avenir. J’ai ouvert le cahier de vos saintes Règles et, en apercevant les armes de votre Congrégation, j’ai eu comme une inspiration: La croix est dans vos armes comme sur votre poitrine; la croix est aussi dans mes armes particulières [...] Devinez-vous le nom que je vous ai choisi? Le voici : Soeurs de la Charité dites Soeurs Grises de la Croix. N’est-ce pas un beau nom? Il a été approuvé par la Propagande. “Soeur Grises de la Croix” signifiera que vous êtes grises, c’est-à-dire enivrées de la croix; il signifiera que vous aimez la croix, que vous la portez avec courage, et que vous vous y attachez jusqu’à la mort ».