Chapelle de la Maison mère
Cette chapelle a été construite en 1936 par les architectes W. E. Noffke et Lucien Leblanc, avec M. Henri Dagenais, entrepreneur général.Le style de la chapelle tient de l'architecture néogothique, un gothique moderne, très dépouillé au point de vue ornementation comparativement au gothique ancien.
Le caractère essentiel de l'architecture gothique est l'emploi, pour les voûtes, de la croisée d'ogives (une ogive est un arc qui présente un angle au sommet). La toiture inclinée en droite ligne est supportée par des solives taillées en ogives; ces ogives tombent sur des consoles posées sur de courtes colonnes engagées.
Il y a des triangles ajourés au sommet des arcs au plafond. Le revêtement intérieur de la toiture est fabriqué de chêne.
Les arcades entre les piliers de même que les ouvertures intérieures des jubés sont taillées en ogives; la verrière du sanctuaire et les autres grands vitraux se terminent en hauteur par un arc en ogive.
À la voûte supérieure, il n'y a qu'une seule croisée d'ogives; les ogives se croisent à la clef de voûte, c'est-à-dire à l'intersection des quatre arêtes de la toiture - comme des mains qui se joignent pour le recueillement et la prière.
Il y a toute une série de croisées d'ogives au plafond des nefs latérales et des galeries.
Le plan de la chapelle adopte la forme d'une croix latine. Une longue nef centrale et deux nefs latérales sont entrecoupées par un transept, le tout terminé par le choeur ou sanctuaire. Au-dessus des nefs latérales, les galeries ou jubés correspondent au quatrième étage de la Maison mère.
À l'arrière de la chapelle, deux galeries se superposent: la première est au niveau du troisième étage de la Maison mère; c'est là que les Soeurs malades assistent aux offices religieux et passent de longs moments de prière silencieuse.
La seconde galerie, c'est la tribune de l'orgue. Installé en avril 1945, à l'occasion du centenaire, cet orgue fut construit dans un style français par CASAVANT FRÈRES de Saint-Hyacinthe, au Québec; il comprend trois claviers avec une étendue de 61 notes, un pédalier concave rayonnant de 32 notes et 35 jeux; il compte 2 386 tuyaux. L'instrument fut béni le 10 mai 1945 et inauguré par l'organiste Paul Larose, professeur d'orgue.
La titulaire des orgues de notre chapelle est Soeur Estelle Vaillancourt, s.c.o.
Lors de la restauration en 1992, l'orgue fut démonté et envoyé aux ateliers CASAVANT, facteur d'orgues, pour être nettoyé et restauré.
Les murs de la chapelle étaient, à l'origine, en imitation de pierres de caen sablées; lors de la restauration, ils ont été peints en conservant la même teinte. Les tons de beige de toute la chapelle son doux, monochromes.
Les bancs sont de chêne rouge, de même que les ambons.
La plupart des statues, sur les piliers des nefs latérales, étaient dans l'ancienne chapelle et ont été repeintes par la compagnie Petrucci et Carli.
Saint Amable
Saint Roch
Saint Louis
Sainte Bernadette
De même, le chemin de la croix se trouvait dans l'ancienne chapelle; il fut installé dans la chapelle actuelle dans un encadrement nouveau.Les statues à l'arrière de la chapelle : Saint Michel et l'Ange gardien
Dans le sanctuaire, les décorations sont toutes à tendance verticale - une invitation à élever nos esprits et nos coeurs vers Dieu.
L'ornementation est sobre et délicate, en harmonie avec l'inspiration religieuse qui se dégage de la chapelle. On retrouve réunis des éléments du style gothique avec des symboles communautaires.
Les niches décoratives des statues se terminent par des moulures en relief; on y reconnaît un jeu de lignes en forme d'ogive et des fleurons de feuilles d'acanthe (plante ornementale à longues feuilles très découpées), tandis que les bordures des niches décoratives de même que les contours de la grande croix sont ornés de guirlandes de feuilles de lierre.
On reconnaît le sceau de la Congrégation à plusieurs endroits de la chapelle, par exemple sur la face frontale des consoles. Au bas de la voûte inclinée, une bordure est composée de carrés répétitifs: un coeur, une feuille de lierre, une croix.
Dans les transepts, l'ornement de la haute clôture de fer forgé doré se termine par une croix entourée d'une tige de lierre.
En 1992, il y eut restauration complète de la chapelle. Les personnes qui ont travaillé à la restauration, peintres, ouvriers, électriciens, et autres, ont tenu à inscrire leur nom en lettres dorées dans le petit coeur au bas de la clôture de fer forgé des balcons.
Les statues des autels latéraux (la Vierge Marie et saint Joseph), les statues du choeur et le groupe du crucifiement de même que la grande verrière sont l'oeuvre de la Compagnie Daprato, de Chicago, et datent de 1937, sauf les statues des apôtres (en plâtre à l'état pur) qui datent de 1945.
Le groupe du calvaire, Marie, saint Jean et le Christ en croix, est en marbre; celle de sainte Marguerite d'Youville, en imitation de marbre ("fini simili marbre blanc"), est l'oeuvre de Pierre Petrucci, de Montréal; elle fut installée le 15 octobre 1973.
Les deux autels des chapelles latérales, le maître-autel et les tabernacles sont en marbre noir.
Après le Concile, le prêtre devait célébrer l'Eucharistie face au peuple. Il fallait donc ajouter un autel au centre du sanctuaire; alors les sections de côtés de la balustrade ont servi à édifier le nouvel autel, installé le 9 mars 1970.
Le rôle des verrières dans les églises a toujours été l'éducation de la foi, un moyen de découvrir ou approfondir les vérités de la foi, les mystères du salut, une sorte de catéchèse visuelle. C'est à l'origine de l'architecture gothique - au XIIe siècle - que sont apparues les verrières, époque où la plupart des gens ne savaient pas lire.
La verrière du sanctuaire est de toute beauté; elle représente l'Ascension du Seigneur. Au sommet de la verrière, l'Esprit Saint est représenté sous la forme d'une colombe; Dieu le Père apparaît dans la lumière au-dessus de la création; la présence des trois personnes divines rappelle notre spiritualité qui est essentiellement trinitaire. (alpha et oméga... aube liturgique... fleur de lys...). On aperçoit en bas les onze Apôtres et la Vierge Marie; c'est l'Église naissante.
Les couleurs sont vives, d’un heureux mariage de bleus, verts, rouges et ambres. Dans la bordure du bas, on peut lire cette inscription: Non vos relinquam orphanos: vado et venio ad vos, ce qui signifie "Je ne vous laisserai pas orphelins: je m'en vais et je reviens à vous (Jn 14, 18, 28). Jésus monte au ciel mais après avoir connu la mort sur la croix; c'est pourquoi sont illustrés ici les instruments de sa Passion.
Lors de la restauration en 1992, la verrière a été enlevée par morceaux et envoyée à Montréal, chez Desmarais & Robitaille, pour être reconstituée; le bois était pourri.
Les grands vitraux sont décorés d'un réseau de pièces de verre coloré dont les teintes s'harmonisent bien avec la verrière du sanctuaire. La couleur ambre du verre cathédrale laisse planer dans la chapelle une lumière discrète, mystérieuse.
La supérieure générale qui a fait construire cette chapelle est Mère Saint-Bruno; son leitmotiv était: "La vision de la vérité dans la beauté et le sentiment de la beauté dans la vérité". On dit qu'elle était douée d'une haute intelligence et d'une âme extrêmement sensible.
C'est dans cette chapelle, que chaque matin, la Communauté se réunit pour offrir, au Saint Sacrifice de la messe, les intentions, les joies et les peines du monde entier, que matin et soir la Communauté psalmodie l'Office divin.
Ce lieu de prière et de recueillement sert aussi aux cérémonies de profession religieuse, aux fêtes jubilaires, aux funérailles des Soeurs, et autres.
Et c'est là qu'à toute heure du jour on peut voir des Soeurs prier dans le silence devant le tabernacle où Jésus accomplit sa promesse d'être "avec nous pour toujours jusqu'à la fin du monde" (Mt 28,20).
En 1984, c'est dans cette chapelle qu'eut lieu la rencontre entre Sa Sainteté Jean-Paul II et les 115 évêques du Canada.
Nous retrouvons, dans la rotonde et à plusieurs endroits de la maison, le sceau de la Congrégation; il a été choisi par Mère Élisabeth Bruyère en 1852.
En voici la signification:
1 - la croix rappelle notre devise: "Vive Jésus et sa Croix";
2 - nous avons longtemps porté le nom de "Soeurs Grises de la Croix" (de 1889, approbation de nos Constitutions par Rome, jusqu'au Chapitre général en 1968);
3 - le lierre enroulé autour de la Croix est symbole de notre faiblesse appuyée sur l'Arbre du salut;
4 - le coeur rappelle notre dévotion au Sacré-Coeur de Jésus;
5 - les inscriptions expriment les oeuvres confiées à notre Congrégation: le soin des malades, le service des pauvres et l'éducation de la jeunesse.
© Soeurs de la Charité d'Ottawa
Mise à jour :
3-07-2010