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Notre histoire

 

Notice biographique

Soeur Maria Chartrand

Sœur Maria Chartrand
Sœur Claire-Aline

 

retournée à la Maison du Père le 8 juillet 2009
à l'âge de 94 ans
et 73 ans de vie religieuse

+ 1894

1868

« Je veux chanter au Seigneur tout le bien qu’Il m’a fait;
je veux fêter ton nom, Dieu très-haut. »

Psaume 12, 6

Au moment où notre chère Soeur se recueille pour écrire ses souvenirs, ce chant d’action de grâce retentit au plus profond d’elle-même, et avec raison, comme nous pourrons le constater. Au début du 20e siècle, les parents de Maria, Délias Chartrand, et son épouse, Donalda Lanthier, établis dans le joli village catholique et français de Saint-Isidore de Prescott, possèdent, non loin de la croix du chemin, une terre fertile laquelle, grâce à leur travail, produit du cent pour un. C’est là que ce couple, profondément chrétien, fonde une belle famille et donne naissance à cinq garçons et cinq filles.

Maria, leur sixième enfant, naît le 15 juin 1915 et est baptisée le lendemain; elle fait sa première Communion en 1920 et sera confirmée le 27 mai 1922. Munie de la force de Dieu, puisée dans les sacrements reçus, elle sait faire face à l’épreuve qui la frappe très tôt. Elle n’a que 10 ans quand sa mère, âgée de 43 ans, est ravie à son affection comme à celle de ses frères, de ses soeurs et de leur père. Monsieur Chartrand, devenu veuf, élève seul ses enfants tout en comptant sur l’aide de ses aînés; mais c’est dans la prière et le dévouement auprès des siens, qu’il puise force et courage.

À 7 ans, Maria commence ses études primaires à l’École rurale de Saint-Isidore. Adolescente, elle connaît la deuxième grande épreuve de sa vie, la mort de son père chéri, décédé à 57 ans. Femme discrète entre toutes, elle ne révèle rien des sentiments éprouvés alors, mais la connaissant si délicate et si sensible, il nous est possible de mesurer l’étendue et la profondeur de sa peine. Après avoir complété sa 8e année de scolarité, elle passe deux ans à l’École Modèle d’Embrun où elle obtient un diplôme de 10e année. Au début de ses études à cette institution, elle ne connaît pas encore les Soeurs Grises, mais la Providence les met sur son chemin dans des circonstances exceptionnelles. 

Pleine de reconnaissance, elle raconte : « Dans mon beau village, il n’y avait pas de communauté religieuse enseignante. Arrivée au cours secondaire, j’ai dû fréquenter l’École Modèle d’Embrun. À l’ouverture des classes, je suis en pension au village, dans une famille connue. Comme les étudiants, garçons et filles, arrivent à l’école en plus grand nombre que prévu, il n’y a pas de place pour nous tous! Où trouver la solution? Durant trois jours, nous flânons autour de l’école pendant que des inspecteurs de Toronto, arrivés sur les lieux, découvrent qu’il y a un beau Pensionnat pour filles, situé de l’autre côté de la rue, juste en face de l’École Modèle. La solution saute aux yeux des intéressés! Les élèves de 3e année quitteront le Pensionnat pour prendre pension au village et les jeunes arrivantes occuperont leur place. Je suis de ce nombre. Sans que ma famille ait eu le temps de l’apprendre, me voilà pensionnaire chez les Soeurs Grises de la Croix, tout en recevant l’instruction des professeurs de l’École Modèle. »

Avec enthousiasme, Maria se consacre à ses études. Fidèle au règlement des pensionnaires, elle s’accorde néanmoins quelques moments de détente bien légitime, comme savent le faire de jeunes pensionnaires sérieuses, mais enjouées à leurs heures. Au cours de ces années, des transformations s’opèrent dans l’âme de l’adoles-cente en qui retentit l’appel du Seigneur : « Viens, suis-moi. » Généreuse et sûre de ne pas se tromper en misant toute son existence sur le Christ, elle entre à notre Noviciat d’Hurdman’s Bridge le 1er août 1933 et fait profession temporaire le 16 juillet 1935, sous le beau nom de Sœur Claire-Aline.

Une première obédience offre à la jeune professe la possibilité de se préparer à l’enseignement par une année d’étude à l’École Normale de l’Université d’Ottawa. En 1936, munie des qualifica­tions requises, elle entreprend sa longue et belle carrière d’institutrice. D’abord au primaire, puis au secondaire, dans les éco­les françaises de l’Ontario, elle se dévoue auprès de la jeunesse, cumulant à plusieurs reprises deux ou trois tâches : enseignante, directrice d’école et supérieure locale. Ardente, femme de devoir, Sœur Maria est toujours prête à diriger ses pas là où le devoir l’appelle. Dieu ne l’a-t-il pas choisie pour être son témoin auprès des jeunes, dans l’enseignement? Plusieurs villes de l’Ontario bénéfi­cient de son dévouement, de son zèle, de son savoir-faire et de son grand coeur. À Ottawa, après avoir enseigné aux Écoles Routhier et Duhamel, elle est professeure critique à l’École Saint-Pierre, École d’enseignement pratique pour la formation des futurs enseignants. Demeurant à proximité de l’Université d’Ottawa, elle poursuit ses études et obtient, en 1950, son baccalauréat ès arts et, en 1954, sa maîtrise ès arts.

En 1952, un S.O.S. des parents francophones qui risquent de perdre leur école, incite notre Communauté à envoyer deux Soeurs s’établir à Hamilton. En attendant que la situation de l’école se stabilise, Soeur Maria et sa compagne demeurent chez les Soeurs de Loretto, puis dans un couvent bien à nous. Pendant six belles années, Sœur Maria assume la responsabilité de supérieure, tout en dirigeant l’école qui double le nombre de ses classes. Les parents admirent en elle une apôtre infatigable qui redonne aux étudiants la fierté de la langue française. Elle se dirige ensuite vers le nord, à Blezard Valley, où elle est également fondatrice, supérieure, directrice de l’École Notre-Dame-de-Fatima et professeure d’une 9e année. Viennent ensuite des obédiences pour Verner, Sarnia, Sudbury, au Collège Notre-Dame, et à Paincourt.  Pendant huit ans, Soeur Maria assume conjointement la direction de l’École Saint-Joseph de Sudbury et la responsabilité du couvent de Hanmer. Ainsi se termine sa longue et fructueuse carrière de 44 ans dans le vaste champ de l’éducation. Elle a mis, au service de la jeunesse, tout l’art de son esprit et toute la délicatesse de son cœur.

Entre 1983 à 1988, Soeur Maria est successivement supérieure et administratrice du Foyer d’Youville, de Sudbury, et supérieure à Blezard Valley, en même temps que secrétaire au diocèse. À chaque route que la Providence lui propose, Soeur Maria répond : « Me voici. » Il en est de même quand elle reçoit une obédience pour Fort Albany, dans le Grand Nord, où elle devient supérieure de six Soeurs dont quatre Sœurs autochtones. Plus tard, elle écrit : « À l’âge de 79 ans, je reviens de ce beau pays de froid et d’espace; ce sont des années inoubliables. »

De retour à la Maison mère en 1994, Sœur Maria est au service de la réception, à la porte 9, pendant cinq ans. À ce sujet elle écrit : « J’ai dû me souvenir que toute personne qui frappe à la porte mérite d’être accueillie avec bienveillance, selon cette parole du Christ : “Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait (Mt 25,40).” » Comme elle savait accueillir et mettre à l’aise!

Quand vient l’heure de la retraite, notre chère Soeur, toujours animée du même esprit de service, s’adonne à la tâche qui lui est confiée en faveur de nos Soeurs aînées : mettre par écrit leurs mémoires, rendant par là un précieux service aux rédactrices de nécrologies. En février 2003, son état de santé l’oblige à se retirer à notre unité de soins du 3e, puis du 4e. Sereine et abandonnée, elle attend la venue de l’Époux dans la confiance et l’espérance; le 8 juillet 2009, sans effort et sans lutte, elle entre dans la joie éternelle.

Femme de foi, femme de prière, femme de service, Sœur Maria a toujours suscité notre affectueuse admiration. Avec tant de personnes qui ont bénéficié de son grand coeur et qui ont admiré son inépuisable énergie, nous lui disons : Merci, Soeur Maria! Vous pouvez vivre éternellement le beau programme que vous vous êtes tracé : Je veux chanter au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait; je veux fêter ton nom, Dieu très-haut.

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Mise à jour le 2-12-2010
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