Notre histoire

 

Notice biographique

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Soeur Thérèse Gélinas

Sœur Thérèse Gélinas
Claire-Thérèse
 

retournée à la Maison du Père le 30 juin 2010
à l'âge de 86 ans
et 65 ans de vie religieuse

 

+ 2337

 

1888

 

 

« Se lever chaque jour et servir par amour, comme Lui. »

Qui était Sœur Thérèse qui nous a quittées à l’âge vénérable de 86 ans?  Celles qui ne l’ont connue qu’au déclin de sa vie ignorent peut-être que cette petite femme nerveuse fut pour bon nombre d’entre nous un modèle de service et d’humilité.

Les compagnes actuelles de Sœur Thérèse sont heureuses de lui rendre cet hommage fraternel, réalisé grâce aux témoignages de celles qui l’ont connue dans ses années de vie active et qui l’ont admirée et aimée.

Sœur Thérèse est née le 3 janvier 1924, à Shawinigan, et baptisée le lendemain à l’église Saint-Marc.  C’est dans cette paroisse qu’elle a grandi, c’est dans son couvent qu’elle a fait ses études, sous la direction des Sœurs Grises de la Croix.

Très tôt, le Seigneur a inscrit Sœur Thérèse à l’école de l’oubli de soi et du service des autres.  À l'âge de treize ans, elle a la douleur de perdre sa chère maman.  Elle devient alors l'aide précieuse de sa grande soeur devenue maîtresse de maison.  Au mariage de cette dernière, c’est au tour de Thérèse d’assumer la responsabilité du foyer familial.

Tout en gardant la maison, Thérèse pense à son avenir.  Un jour qu’elle se rend à l'orphelinat des Soeurs Dominicaines où son jeune frère est pensionnaire depuis la mort de la maman, une des religieuses lui demande si elle a déjà pensé à la vie religieuse.  La jeune fille aux yeux clairs lui répond: « Mais oui, je viens de faire mes demandes chez les Soeurs Grises de la Croix. »  De fait, Thérèse entre au Noviciat de la Maison mère à dix-neuf ans, le 15 janvier 1943, et deux ans plus tard fait profession sous le nom de Soeur Claire-Thérèse.  C'est l'année du Centenaire de la Congrégation.  Alors, Soeur Jeanne de Chantal, responsable de la grande cuisine de la Maison mère, sollicite avec empressement l’aide de la jeune professe qui lui fut d’un grand secours comme ont pu le constater celles qui ont alors été témoins des grands rassemblements que les célébrations de 1945 ont suscités.

Thérèse a mis tout son cœur dans le service exigeant de cuisinière pendant trente-deux ans.  Les mots du cantique : Se lever chaque jour et servir par amour, comme Lui, décrivent bien ce que fut sa vie de dévouement sans calcul.

Généreuse dans l’acceptation de ses obédiences, joyeuse dans le vécu quotidien de son service, qui demande tant de savoir et d’inven-tion pour satisfaire un personnel nombreux et souvent exigeant, elle savait que son travail l’insérait dans la grande mission caritative de la Congrégation, comme dans la mission particulière de chacune des personnes qui bénéficiaient de son apport dans leur vie quotidienne.

Grandes cuisines, petites cuisines, cafétérias, foyers, elle se donne sans calculer son temps ni la fatigue.  Consciente de l’importance de sa mission, Sœur Thérèse l’a vécue avec toutes les richesses de son expérience et de son cœur: à la Maison mère, au Foyer de l’Orignal, au Foyer Saint-Charles à Ottawa, au couvent Saint-François d’Assise, au couvent de Fauquier.  C'est ainsi qu'elle se rend un jour à Moosonee où, vaillante routière, elle goûte à la vie du Grand Nord.

Au cours de ces années, elle profite de haltes bienfaisantes d'études à Montréal, à Québec, à Bourget, en vue de se perfectionner en art culinaire, études qui la préparent pour la cuisine des diètes à l'hôpital Saint-Vincent.  À cet endroit, on lui confie la centralisation du service des plateaux (cinq cents  plateaux, soixante employés). Avec un soin minutieux qui ne s’est jamais démenti, elle vérifie tous les plateaux.  Circulant discrètement, sans bruit, elle veillait à ce que tous soient bien servis.

D’ailleurs, partout où elle a oeuvré, elle faisait tout son possible pour que toutes et tous, malades, Sœurs et laïques, ne manquent de rien.  Levée chaque jour à 5 heures du matin, femme de devoir, serviable, active, consciencieuse, d’un dévouement inlassable, elle faisait un excellent travail.  On pouvait toujours compter sur elle.

Quand elle était à la cuisine, tout marchait rondement, sans heurt.  Les employées se sentaient en confiance avec cette femme douce, respectueuse, polie, agréable à vivre, dont la présence était toujours appréciée.  Évangélisation discrète de la part de cette dévouée responsable.  Les employées l’aimaient, la taquinaient surtout sur la rapidité avec laquelle elle accomplissait ses tâches. Très vive, elle était un vrai feu roulant.  Avec elle, une chose était à peine dite, qu’elle était tout de suite exécutée.  Très fiable, elle ne partait jamais de la cuisine, le soir, sans s’être assurée de l’ordre et de la sécurité des lieux.

Soeur Thérèse était une compagne aimable, prévenante, toujours prête à aider. « Est-ce que je peux vous aider? », voilà une parole qui sortait spontanément de sa bouche et de son cœur.  Elle nous accueillait toujours avec une chaleur qui éclairait son bon sourire et son regard lumineux.

Un jour, s’ouvrit pour elle un engagement qui répondait à ses attentes : travailler au Centre de bienfaisance Élisabeth-Bruyère à la Maison mère.  Pendant vingt et un ans, elle a trouvé sa joie à servir les démunis.  Fille de Mère Bruyère, Sœur Thérèse se comportait comme une mère pour les pauvres, s’empressant de les accueillir, s’ingéniant à leur donner le meilleur de ce qu’elle avait, leur manifestant toujours compréhension, bonté et sympathie.  Combien souvent on voyait cette petite sœur délicate et menue pousser de gros chariots lourdement chargés de boîtes de vêtements destinés à répondre aux variations des saisons canadiennes.  Ne comptant jamais ses pas, affirmant toujours que les boîtes qu'elle transporte sont légères, elle allait, d’un pas alerte, en service d’amour, heureuse de marcher sous le regard de la Providence.

Tant de dévouement, tant de travail ont eu raison de ses forces. En 2005, ayant besoin de soins appropriés, elle doit se retirer à la Résidence Sacré-Cœur; puis en 2009, à la communauté Bon-Pasteur, d’où elle nous a quittées le 30 juin dernier.

Où cette petite femme humble, effacée, trouvait-elle la force d’assumer tant de travail et d’oubli de soi?  Nous savons qu’elle était une femme de foi et de prière, soutenue par une grande dévotion à Marie.  Depuis longtemps, elle était familière du chapelet qui ne la quittait pas.  Jeune étudiante, il lui arrivait souvent d’aller prier au Monastère des Servantes de Jésus-Marie, appelées les "Petites Soeurs".  C’est l’Amour de Dieu et des autres qui l’appelaient au travail, c’est la foi en la présence de Dieu en elle et dans les autres qui la soutenait; ainsi son travail devenait prière.

Si tant d’amour renouvelé chaque matin soulève notre admiration, avec quelle tendresse, le Père a dû ouvrir ses bras à Sœur Thérèse au terme de sa vie.  Va, Soeur Thérèse, connais enfin le véritable repos auprès de celui que tu as tant aimé et si bien servi.

Merci de tout ce que tu as fait pour nous et pour tant de frères et soeurs.  Merci, Seigneur, de nous l’avoir donnée.

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