Notre histoire

 

Notice biographique

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Noëlla Baril

Sœur Noëlla Baril
Joseph-de-la-Providence
 

retournée à la Maison du Père le 7 novembre 2010
à l'âge de 88 ans
et 67 ans de vie religieuse

 

+ 2263

 

1900

 

 

Ne crains pas, car je suis avec toi.

(Isaïe 43, 5)

Cette parole biblique était-elle incrustée dans le cœur de Sœur Noëlla dès sa naissance et tout au long de sa belle existence? A-t-elle scandé chaque moment de sa vie de près de 89 ans?  Cherchons la réponse à cette question dans le récit suivant.

Née le 17 novembre 1921 de Joseph Baril, cultivateur assez prospère, et de Paméla Lavallée, l’enfant est présentée au baptême le 20 novembre suivant par Rose-Anna Morin, marraine, et Wilfrid Bissonneau, parrain, en l’église Saint-Eugène de Guigues.  On la nomme Marie Jeanne d’Arc Noëlla; elle est la huitième de cette famille de onze enfants.  La grâce baptismale agit en elle et Noëlla, à six ans, soupire après la venue de Jésus dans l’Eucharistie.  Remplie d’allégresse, elle voit son vœu exaucé le 24 décembre 1927, jour de sa Première Communion; elle sera confirmée le 16 juin 1934.

Studieuse et avide de connaissances, la jeune Noëlla fréquente l’école du rang; ses résultats scolaires étant fantastiques, son père en est très fier, même honoré, et la cite souvent en exemple aux autres enfants de la famille.  Elle apprend très jeune à être responsable et dévouée; d’une nature sage et vaillante, elle vaque surtout aux tâches domestiques, exécute des tricots pratiques de toutes sortes et se consacre aussi à la broderie avec dextérité.  L’été, la cueillette des fruits lui plaît particulièrement; accompagnée de ses sœurs et de son frère cadet, elle passe des journées à cueillir les fruits de saison qui servent aussi de réserve l’hiver venu.  Dans ses moments libres, elle se consacre à la lecture des journaux, des revues et de certains volumes fournis par grand-père Baril.  La religion prend beaucoup de place dans la vie familiale : messe dominicale, vêpres, confession, chapelet en famille, messe du premier vendredi du mois, etc.  « Le dimanche était jour de fête, raconte sa sœur, Ghyslaine; les voisins et surtout la parenté se rencontraient.  Il y avait toujours du monde à la maison; c’était agréable. »  En 1932, « une grande épreuve survient, poursuit notre narratrice.  Notre mère Paméla décède à l’âge de 41 ans.  Noëlla, âgée de 10 ans, a de la difficulté à vraiment surmonter cette souffrance; cet événement semble avoir influencé toute sa vie et lui a donné ce besoin exceptionnel d’aimer et d’éveiller, chez les autres, attachement, générosité et tendresse. »  Deux ans plus tard, monsieur Baril épouse Cécile Longpré, femme vaillante et dévouée, une aidante très appréciée de la famille.

En 1939, l’adolescente s’inscrit à l’École Normale de Ville-Marie et obtient son diplôme Élémentaire II; après quoi, elle donne deux ans d’enseignement dans sa paroisse.  Influencée sans doute par les visites dans la famille, de sa tante, Soeur Marie-Émélie (Rose-Emma Baril), mademoiselle Baril décide d’entrer au postulat à 19 ans, le 1er août 1941.  Elle écrit : « Notre maîtresse de formation, connaissant mon goût prononcé pour l’enseignement, me confia une classe à l’Académie Sainte-Marie, à Hull, et cela dès le 1er septembre, ce qui me combla de bonheur, sans pour autant m’empêcher de m’ennuyer de ma famille durant tout le postulat. »  Nous avons là une preuve de l’attachement qu’elle porta toujours à sa famille. Celle-ci saura le lui rendre en la visitant et en l’entourant d’affection, principalement au cours de sa dernière maladie.

La longue carrière d’enseignante de notre Sœur s’étend de 1943 à 1970 et l’amène à se dévouer auprès des élèves de la première à la onzième année, un peu partout dans le Québec.  Professeure dévouée et compétente, elle veut donner le meilleur d’elle-même à ses élèves, non seulement pour les conduire au succès scolaire, mais bien plus pour favoriser leur formation intégrale.  Elle déniche ou invente des méthodes fort appréciées qui n’ont pas d’égales.  Quelle patience avec les élèves peu doués ou en butte à des difficultés d’apprentissage!  Un de ses anciens élèves lui témoigne encore une profonde reconnaissance; à cause d’un changement d’école, ce jeune avait pris du retard dans ses études en arrivant à Maniwaki, où œuvrait Sœur Noëlla.  Le voyant désemparé et désireux de réussir son année, elle lui offre de l’accueillir bénévolement après les classes pour lui donner des leçons privées.  Grâce à cette aide, le jeune réussit son année et peut ensuite entrer à l’université.  Sœur Noëlla se révèle femme dévouée, zélée et généreuse, capable de sacrifier des moments de détente ou de repos pour venir en aide à quiconque se trouve dans le besoin.

Quand arrive 1970, après ses années d’enseignement toujours couronnées de succès, Sœur Noëlla prend sa retraite; elle devient archiviste à l’Hôpital Youville de Noranda et, en 1975, à l’Hôpital Saint-Joseph de Maniwaki, deux endroits où elle rend d’immenses services.  Ce travail l’occupe jusqu’en 1982, après quoi elle est successivement sacristine et superviseure à la cuisine.

Une troisième carrière l’attend dans les bureaux de la comptabilité, au moment de son transfert dans la Province Notre-Dame-du-Cap, en 1986.  Aide-comptable à Maison Béthanie, elle s’occupe des paies pendant onze ans.  D’une précision à toute épreuve, elle ne se permet et ne tolère aucune erreur.  Là encore, elle ne compte pas ses heures de travail; toujours accueillante et attentive envers les Sœurs et les  membres du personnel, elle est juste et droite en toute circonstance, mais sait au besoin s’affirmer.  Selon ses propres paroles, elle est femme de détermination, énergique et autoritaire tout en s’exerçant à être sympathique.

Comme déjà mentionné, elle aime la perfection dans son travail, mais elle s’applique surtout à retrouver la perfection évangélique dans son être et dans sa mission.  Aller au-delà de soi, ne pas fléchir devant la santé fragile, donner, toujours donner, c’est pour elle le message évangélique à mettre en pratique en toute hâte.  À compter de 1997, année où elle se sait atteinte d’un cancer, Sœur Noëlla ne reste pas oisive et, après une période de repos, elle reprend peu à peu ses activités; on la voit tour à tour s’activer à la bibliothèque ou à divers services communautaires.

Tel un leitmotiv sans cesse murmuré à son oreille, le Ne crains pas… la soutient et l’anime en toute circonstance; même dans la maladie, son esprit combatif et de service la pousse à demander du travail à accomplir chaque jour.  De plus, elle profite de ses moments libres pour créer des petits chefs-d’œuvre à l’aide de ses aiguilles à crocheter ou à tricoter, pour le plus grand plaisir des destinataires de ses nombreuses créations artisanales.

Au dire de ses compagnes de la Maison Béthanie, Sœur Noëlla riait facilement, était pleine d’humour et toujours de bonne humeur; on goûtait ses réparties et son agréable compagnie.  Rien ne lui procurait plus de joie que la visite de ses fidèles amies, édifiées par sa piété; elles l’avaient souvent vue se promenant près de son bureau de travail en récitant le chapelet.  « Nous pouvions deviner en elle une profonde vie intérieure, disent-elles, même si elle était plutôt silencieuse sur elle-même. »

Transférée au Couvent Notre-Dame, à Gatineau, en 2004, Sœur Noëlla saisit l’occasion de rendre un fier service à son petit-neveu, Martin, qui vient de terminer ses études en comptabilité et finance; elle lui suggère d’envoyer son curriculum vitae à une offre d’emploi en comptabilité qu’elle a vue dans les journaux.  Cela vaut à Martin d’obtenir le poste d’élite au gouvernement fédéral.

Les trois dernières années de notre chère Sœur se passent à l’unité de soins de la Résidence Sacré-Cœur, à la Maison mère.  À la suite d’un accident cérébral, totalement paralysée, elle communique par son sourire.  Sans jamais se plaindre, elle accepte la solitude avec sérénité et se montre très reconnaissante des soins reçus.  À l’aurore du 7 novembre 2010, en ces temps où la liturgie nous parle d’éter-nité, de vie en Dieu, Sœur Noëlla, comme une enfant bien-aimée, se glisse tout doucement dans les bras de Dieu et s’endort paisiblement en l’écoutant lui murmurer de nouveau : « Ne crains pas, car je suis avec toi. »

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