Notre histoire

 

Notice biographique

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Soeur Marie-Claire Bélanger

Sœur Marie-Claire Bélanger
Ursule-Marie
 

retournée à la Maison du Père le 17 juin 2010
à l'âge de 84 ans
et 61 ans de vie religieuse

 

+ 2481

 

1886

 

 

« C’est grand la mort, c’est plein de vie dedans. »

(Félix Leclerc)

Soeur Marie-Claire aurait précisé : « C’est grand la mort, c’est plein de Dieu dedans. » Trouvons le pourquoi de cette affirmation dans le récit de sa vie.

Nous sommes au 18 mai 1926 dans le pittoresque village de Courcelles, en pleine nature printanière tout éclatante de beauté, de parfums, de gazouillis d’oiseaux. Monsieur Elzéar Bélanger et son épouse, Léonie Gosselin, contemplent avec amour leur nouveau trésor, une charmante petite fille, leur huitième enfant. Le lendemain, en l’église Sainte-Martine, la fillette reçoit au baptême les noms de Marie-Claire Carmelle et, grâce insigne, est consacrée à Marie par sa tante et marraine. Ce jour-là, un précieux rejeton s’est ajouté à la lignée des Bélanger, où figure le nom de la petite sainte de Québec, la bienheureuse Dina Bélanger.

Entourée de l’affection de ses parents et de ses frères et sœurs, Marie-Claire grandit et s’épanouit; elle a quatre ans quand la famille déménage à Shawinigan. Deux ans plus tard, l’âge scolaire sonne enfin pour l’heureuse bambine, mais, à son arrivée au Couvent Saint-Marc, une amère déception l’attend : elle devra aller au collège des garçons à cause du manque d’espace au couvent. Déjà petite personne très déterminée, elle déserte le collège et, pendant une semaine, matin et midi, elle se rend au couvent et s’assoit avec sa sœur, Yolande, en 2e année. La direction, informée de son stratagème, communique avec la maman qui réussit, avec l’aide de l’institutrice de la première année des garçons et le concours des enfants du collège, à apprivoiser la petite Marie-Claire. Le savoir-faire du professeur et la gentillesse des élèves la rassurent et l’aident à devenir une élève docile dont l’application à l’étude est vite couronnée de succès. Durant cette même année, le 2 mai 1932, elle reçoit la Confirmation et, sept jours plus tard, elle communie pour la première fois. C’est le début d’une grande intimité avec l’Hôte divin, intimité progressant et se transformant en appel à la vie religieuse.

En 1943, Marie-Claire pleure la perte de son frère Géronce, décédé des suites d’un accident. À cette lourde épreuve s’ajoutent le départ d’un autre frère, Léonide, et celui de sa sœur, Yolande, tous deux entrés en communauté. Loin d’abattre l’adolescente, ces événements accentuent son désir de vie consacrée, secret qu’elle garde cependant jusqu’en sa 10e année. Elle se confie alors à sa mère et à une institutrice Soeur Grise de la Croix, qui lui conseillent d’attendre. Elle obtempère et, avec sagesse, en profite pour suivre un cours commercial, s’engage comme monitrice dans un terrain de jeu, est commis dans un magasin de vêtements durant l’été et aide une tante des États-Unis pendant quelques semaines, acquérant ainsi de l’expérience en divers domaines. En tout et partout, elle se révèle déjà femme au cœur d’or, toujours prête à rendre service.

Pendant tout ce temps, Marie-Claire est demeurée libre de l’emprise du monde et,  le 1er août 1946, elle se présente au Noviciat des Sœurs Grises de la Croix. À ses vœux temporaires, le 15 juillet 1948, elle prend le nom de Soeur Ursule-Marie en l’honneur de sa sœur, Ursule.

Quand, en 1953, elle entreprend ses études en vue de l’obtention du Brevet A, elle a déjà enseigné à Ville-Marie, à Wrightville et à Hull. Elle se dévoue ensuite dans plusieurs écoles secondaires du Québec, de 1954 à 1965, après quoi elle obtient un Baccalauréat et une Licence en Pédagogie avec concentration en biologie et en chimie, à l’Université de Montréal. Munie de ces qualifications, elle enseigne les sciences et les mathématiques à l’École normale de Shawinigan où elle excelle et où elle met à la disposition de tous sa vive imagination et sa créativité.

Au milieu de ses nombreuses occupations, Sœur Marie-Claire ressent un vif besoin de ressourcement spirituel; en 1971, elle s’inscrit à l’Année de foi à notre Maison mère. Par la suite, devenue supérieure locale et directrice d’école, elle continue à éprouver un grand manque intérieur. Vie d’intimité plus profonde avec Dieu? Soif de silence? Besoin de recueillement? Nous la savons habitée, depuis son enfance, par le goût de la solitude et de la prière, même si elle se montre empressée à servir et ne compte jamais son temps ni ses efforts. C’est sans surprise qu’on la voit nous quitter pour faire un essai de vie contemplative au Monastère du Précieux-Sang de Saint-Hyacinthe en 1973. Elle vit là d’intenses moments de prière, de silence, de recueillement et de réflexion qui l’amènent à comprendre que sa place est bien chez le Sœurs de la Charité d’Ottawa. Elle nous revient après quelques mois et son retour parmi nous fait la joie de toutes.

La période de 1974 à 1995 offre à Soeur Marie-Claire mille et une occasions d’utiliser ses multiples talents. Elle met sa belle plume au service de la communauté : au secrétariat général, à la rédaction de l’Essor de la Congrégation et des nécrologies; elle prend la plume aussi pour souligner, à l’occasion, les événements joyeux ou autres de la vie de sa famille. Son goût inné de l’ordre et de la propreté s’exerce dans des tâches d’entretien ménager; ses doigts de fée réussissent des petits chefs-d’œuvre de couture et d’artisanat; son sens théâtral amuse et les Sœurs et les Moines de Rougemont; sa capacité d’accueil et d’écoute fait d’elle une excellente téléphoniste. Mentionnons que sa force de caractère lui est une source de succès comportant aussi parfois beaucoup d’obstacles à vaincre.

La carrière apostolique de Soeur Marie-Claire a déjà couvert un large éventail de tâches, dont 29 ans de don de soi dans la belle œuvre de l’éducation, en plus de quatre mandats de supérieure locale, quand, en 1995, elle met sa compétence à la disposition de l’économat général. On lui confie la comptabilité de la Procure des missions, travail qu’elle aime et dont elle s’acquitte avec minutie et application; sa foi profonde la soutient dans sa conviction d’être, par ce service, participante du grand mouvement missionnaire de la Congrégation. En 2008, on lui demande de se joindre à la communauté du Couvent Saint-Joseph, à Gatineau. Mais déjà trop affaiblie par la maladie, dès 2009, elle est admise à la Résidence Sacré-Cœur de la Maison mère; c’est là qu’elle nous dévoile d’autres aspects de sa belle personnalité.

Il nous est donné d’entrevoir et d’admirer sa vie intérieure profonde animée par une grande dévotion mariale. Petite fleur de mai, Soeur Marie-Claire s’est épanouit très tôt, grâce à son affectueuse dévotion à sa Mère du ciel, dévotion entretenue par la prière quotidienne du chapelet. Toute sa vie, sa quête ardente de Dieu se poursuit et se manifeste par une fidèle recherche de la volonté de Dieu sur chaque instant de son existence.

Au cours de sa dernière et longue maladie, elle nous édifie particulièrement par la sérénité de son courage et son acceptation amoureuse du divin vouloir. Elle est une malade admirable, nous accueillant avec la chaleur et la joie de son sourire, ayant aux lèvres des commentaires élogieux sur les soins reçus. Jamais une plainte! Même quand l’évolution de sa maladie la prive de la facilité de communiquer, sa paix intérieure nous interpelle; nous la quittons avec le sentiment d’avoir beaucoup reçu et peu donné.

Auprès de Sœur Marie-Claire, nous apprenons le vrai sens de la mort, ultime et précieux réceptacle de vie, comme le chantait Félix Leclerc : « C’est grand la mort, c’est plein de vie dedans. »

Sœur Marie-Claire Bélanger a donné sa vie à Dieu dans le quotidien, à chaque oui prononcé dans la souffrance rédemptrice pour la mission. Ainsi, la mort la livre totalement à son Dieu, et la fait passer en Lui. Elle aurait pu dire :

« C’est grand la mort, c’est plein de Dieu dedans. »

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