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Notice biographique

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Soeur Jeannine Bernier

Sœur Jeannine Bernier
Roger-Marie
 

retournée à la Maison du Père le 20 septembre 2010
à l'âge de 75 ans
et 55 ans de vie religieuse

 

+ 2796

 

1891

 

 

Ce que j’ai appris sans détours,
j’en ai  fait part avec générosité.

(Sg. 7,13)

Lors du décès de Soeur Jeannine Bernier, de nombreux témoignages arrivaient de part et d’autre d’anciens et d’anciennes élèves qui cherchaient à exprimer une dernière fois leur reconnaissance pour cette professeure sévère et exigeante, oui, mais aussi femme de cœur et compréhensive vis-à-vis ces jeunes.  Trente ans au secondaire à enseigner les mathématiques et la science, c’est tout un exploit!

Qui était cette femme?  La troisième des huit enfants de Roland Bernier et de Léonie Massicotte, et l’aînée des filles, Sœur Jeannine était native de Rouyn, au Québec.  Malgré ses 54 ans aux États-Unis, elle n’a jamais oublié ses racines en terre canadienne.  Preuve : sa dévotion sans équivoque aux Canadiens de Montréal!

Soeur Jeannine reçut tous les sacrements d’initiation chrétienne à l’église Saint-Michel de Rouyn.  Elle connut les Sœurs de la Charité d’Ottawa tôt dans la vie, les ayant eues comme maîtresses à l’école Saint-Louis et au secondaire à l’école Mère-Bruyère. Son père, un mineur dans l’industrie du cuivre et de l’or, subit une paralysie à l’âge de 41 ans. Pendant douze ans, la maman l'a soigné à la maison jusqu’à son décès.  Soeur Jeannine relate : « J’étais le soutien de ma mère.  Je m’occupais du soin de la maison tout en continuant mes études. »  Il faut noter que Jeannine était encore au cours primaire, probablement en 7e année.  Ses plus jeunes frères racontent que la grande sœur surveillait de près leurs devoirs scolaires.  C’est peut-être là qu’elle aurait senti un premier attrait pour l’enseignement.

Soeur Jeannine avoue qu’elle était plutôt une enfant timide qui ne parlait pas beaucoup, ayant hérité du tempérament de son père.  Ses élèves du secondaire témoigneraient qu’elle avait gagné en assurance au cours des années!

Son attrait pour la vie religieuse semble découler de sa dévotion particulière envers la Sainte Vierge, car elle aimait beaucoup se rendre à l’église pour prier.  La présence des religieuses aux exercices religieux la touchait de près.  Elle fit son entrée au noviciat d’Ottawa en 1953.  Elle a trouvé le voyage long car elle n’avait jamais quitté le foyer.  Toutefois, une fois adaptée au programme de formation, elle s’y est fait assez rapidement.  Novice, elle reçoit le nom de Roger-Marie, nom de son frère aîné.

Après une douzaine d’années comme enseignante au cours élémentaire dans les écoles de Lowell et de Haverhill, tout en poursuivant un baccalauréat avec spécialisation en biologie au Collège Rivier, Sœur Jeannine trouva sa place de choix dans l’enseignement des mathématiques et de la physique au niveau secondaire.

Au dire de ses élèves, Soeur Jeannine était reconnue pour son sens de la justice.  Elle n’avait pas peur de démontrer beaucoup de soin pour le succès de ses élèves.  Malgré une apparence un peu sévère, elle occupait une place toute spéciale dans le cœur de ses élèves, qui se savaient aimés.  C’est pourquoi, lors de sa retraite, Lowell Catholic High School a inauguré une bourse universitaire au nom de Soeur Jeannine, destinée à l’élève qui, lors de sa graduation, aura reçu la plus haute note dans les mathématiques et les sciences.

De 1983 à 1989, Soeur Jeannine cumula la tâche de supérieure locale au couvent Ste Jeanne d’Arc ainsi que son travail d’enseignante.  Elle a aussi servi sa province comme conseillère provinciale de 1973 à 1989, et encore de 1994 à 1997. Puis, tout en demeurant enseignante au secondaire, elle fut nommée secrétaire provinciale de 1997 à 2001.

Dès 1995, le mal sournois de l’arthrite rhumatoïde commença son œuvre; le remplacement du genou gauche s’imposa. Sa santé commença à flancher.  En l’an 2000, le remplacement d’une hanche et du genou droit l'a ralenti davantage.  À la fin de son mandat comme secrétaire, elle demanda de demeurer à la Résidence Saint-Joseph où des soins infirmiers lui seraient plus accessibles.  Malgré son mal, elle rendait service de mille et une manières comme sacristine, réfectorière, réceptionniste, animatrice du chapelet pour ses compagnes plus anciennes.

De plus, elle se rendait à D’Youville Senior Care Center sur le même campus trois fois par semaine pour visiter les résidents dans la section des soins spécialisés pour les personnes en perte cognitive.  Elle confiait : « La communication est parfois difficile avec ces personnes choyées du Seigneur, mais voyant leur réaction en conversant avec elles, je sais que Dieu est présent.  Je reviens toujours de mes visites le cœur joyeux et paisible.  Je n’aurais jamais pensé qu’un jour je pourrais faire ce genre de ministère.  Notre charisme de compassion est toujours à l’œuvre.  J’en rends grâce au Seigneur. »

L’arthrite allant toujours s’aggravant, Soeur Jeannine dut se résigner à l’utilisation d’un fauteuil roulant pour ses déplacements.  Des complications à l’été de 2010 menèrent à une hospitalisation suivie d’un stage en réhabilitation à D’Youville Senior Care Center.  Face à l’évidence que la science médicale ne pouvait plus l’aider et que sa condition ne s’améliorerait pas, elle accepta un transfert aux soins palliatifs et retourna parmi ses compagnes pour se préparer à rencontrer le Seigneur.

Tout au long de sa vie, mais surtout au cours des dernières semaines, sa grande dévotion à Marie lui fut d’un soutien extraordinaire et d’un grand réconfort.  Quoiqu’elle ne pouvait plus parler, elle laissait voir qu’elle comprenait lorsque ses compagnes la visitaient ou que les infirmières lui parlaient en lui prodiguant des soins.  La visite de deux de ses frères, venus de Rouyn en auto pour lui faire leurs adieux et ceux des autres membres de la famille, lui fut d’une grande consolation, à juger de l’accueil souriant qu’elle leur fit.

Soeur Jeannine alla paisiblement rejoindre son Seigneur en fin d’après-midi le 20 septembre 2010.  Qu’elle repose dans la paix!

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