Notre histoire

 

Notice biographique

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Soeur Irène Mireault

Sœur Irène Mireault
Henri-Gérard
 

retournée à la Maison du Père le 28 septembre 2010
à l'âge de 91 ans
et 69 ans de vie religieuse

 

+ 2157

 

1893

 

 

Seigneur, je suis sûr de ton amour, mon cœur est dans la joie
car tu me sauves…

Cet extrait du psaume 12 peut nous faire voir où Soeur Irène puisait sa force dans certains moments difficiles de sa vie, alors qu’en plusieurs occasions elle se retrouve en état de fragilité face à la maladie.

Soeur Irène est une fille de la région de la Petite-Nation.  Née à Chénéville, le 1er mars 1919, et baptisée le même jour à l’église paroissiale Saint-Félix-de-Valois, elle était la 7e des quinze enfants d’Albert Mireault, cultivateur et garde-forestier, et de Léandre Saint-Jean, institutrice.  Irène fait ses études primaires à l’école du rang, puis au couvent de Chénéville, chez les Filles de la Sagesse, ensuite, chez les Sœurs du Sacré-Cœur, à leur couvent d’Ottawa-Est.  « J’ai eu une enfance et une adolescence heureuses, dit-elle.  La vie familiale était très agréable.  Nos parents voyaient au maintien de l’harmonie : le respect entre nous était de rigueur.  Si nous nous blessions par nos paroles, nous devions nous excuser aussitôt et nous embrasser.  La famille était aussi une véritable école d’entraide : les plus âgés aidant les plus jeunes. »

Issus d’une famille profondément chrétienne, les enfants apprennent très tôt à prier et même à méditer : « Papa était un grand contemplatif de la nature, écrit-elle.  Il voyait la beauté, la bonté du Divin Artiste.  C’est lui qui, bien avant ma première communion, m’a montré à voir Dieu en toute personne et aussi dans la nature.  Nous faisions la prière en famille tous les soirs, et la prière du matin, en particulier, avec notre si pieuse maman.  De plus, la lecture à table, durant le Carême et l’Avent, se faisait religieusement (…)  Avec maman, papa demandait très souvent à Jésus de se choisir des épouses parmi ses nombreuses filles. »  Rien d’étonnant que cette famille si fervente ait donné à l’Église six religieuses : quatre Sœurs de la Charité d’Ottawa et deux Sœurs du Sacré-Cœur.

Depuis sa plus tendre enfance, Irène sent l’appel à la vie religieuse, comme missionnaire.  Cette idée ne l’a jamais quittée. Son désir se concrétise le 1er août 1939, jour où elle se présente au postulat des Sœurs Grises de la Croix.  Deux ans plus tard, soit le 16 juillet 1941, elle fait profession sous le nom de Soeur Henri-Gérard.  Son rêve d’être missionnaire, caressé depuis si longtemps, devient alors réalité : sa première obédience la conduit à la Baie James.  Nos missions de Fort Albany, Fort Georges et Moosonee bénéficieront de son doigté de maîtresse de pensionnaires.  Non seulement elle se dévouera dans ce service, mais aussi, elle enseignera et s’occupera du chant.  Travailleuse acharnée, Soeur Irène n’a rien négligé pour donner à ces jeunes le meilleur d’elle-même, et cela, durant environ douze ans.

Après toutes ces années de dévouement, l’épreuve de la maladie l’attend au détour du chemin.  Victime de la tuberculose, elle quitte la Baie-James et revient à la Maison mère où elle sera hospitalisée au 6e étage, pour une période de deux ans; puis à l’hôpital de Cartierville durant six mois.  Le temps et les bons soins aidant, c’est avec beaucoup de bonheur qu’elle constate une certaine amélioration de son état.  Elle revient à la Maison mère pour quelque temps, puis poursuit sa convalescence à notre Villa Saint-Louis durant un an.  Voici un extrait d’une lettre de madame Mireault, à Mère Saint-Paul, alors supérieure générale.  Nous sommes en 1955.

« À l’occasion de la fête des Mères, je recevais une lettre de ma fille religieuse, Soeur Henri-Gérard, elle m’annonçait son congé médical et son départ du 6e pour la Villa Saint-Louis, lieu de sa convalescence.  Cette nouvelle me cause une grande joie, je sais que ma fille a bien hâte de rendre service à sa chère communauté; elle m’a souvent demandé de prier à cette intention.
C’est donc avec une respectueuse gratitude que je viens, ma Révérende Mère, vous remercier pour toutes les grandes dépenses occasionnées par la maladie si longue de Soeur Henri-Gérard.  Je sais que vous n’avez rien épargné pour lui rendre la santé.  Après Dieu, c’est vers vous toutes, Révérendes Mères, que monte ma reconnaissance.
Je profite encore de cette occasion pour vous remercier d’avoir choisi ma fille pour les Missions du Nord.  Depuis son enfance, cette enfant rêvait d’être missionnaire, elle l’est et combien nous la savons heureuse.  C’est pour la famille une grande faveur, un insigne privilège d’avoir une missionnaire; nous l’apprécions hautement. »

De 1956 à 1960, les autorités de la Congrégation font appel à sa grande générosité et Soeur Irène, tout en nourrissant l’espoir de retourner à la Baie-James assure divers services.  D’abord, elle se dévoue comme couturière à l’atelier des soutanes, à la Maison mère, puis comme maîtresse de pensionnaires, à nos maisons de Mont-Laurier, de Montebello et de Fort-Coulonge.

En août 1960, Soeur Irène voit son grand rêve se réaliser encore une fois.  Elle retourne à la Baie-James, plus précisément à Fort Albany, où elle demeure huit ans.  Son zèle missionnaire l’amène ensuite à Moosonee qu’elle quitte définitivement après l’incendie de l’hôpital, en 1969.  Revenue à Ottawa, elle se dépensera comme sacristine à notre Maison Notre-Dame-de-la-Providence, à la Maison mère, au Cénacle Saint-Pierre de Pointe-du-Lac et à la Maison provinciale de Cap-de-la-Madeleine.

Partout où Soeur Irène passe, elle laisse le souvenir d’une compagne agréable, souriante, joyeuse.  On sent chez elle un profond désir de se conformer à la volonté de Dieu manifestée par les autorités de la Congrégation.  Très généreuse, elle tient à faire sa part de bénévolat en visitant des malades, en leur apportant la communion.  Femme très priante, elle demeure fidèle à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, à la Vierge Marie, à saint Joseph et aux Anges Gardiens, dévotions qui lui ont été inculquées au sein de sa famille.  Mentionnons également les dévotions communautaires au Père Éternel, à la Divine Providence, à Mère d’Youville et à Mère Bruyère.  « Mon idéal, écrit-elle, c’est de continuer à vivre ces grandes dévotions jusqu’à ma mort. »

Vers la fin de l’an 2000, la santé de Soeur Irène, encore une fois mise à l’épreuve, l’oblige à se limiter à des services plus légers.  Elle accepte encore une fois les contrariétés, les diverses épreuves que la vie lui réserve.  En 2004, le moment est venu pour elle de recevoir les bons soins des infirmières de notre Maison Béthanie.  L’année suivante, on devra la transférer à l’unité des soins du couvent Notre-Dame à Gatineau.  À partir de ce moment, la maladie poursuivant son œuvre, notre chère Soeur se prépare à rencontrer Celui qu’elle a aimé et servi avec tant d’amour.  En ce 28 septembre 2010, Soeur Irène nous quitte dans la sérénité et la paix.

Des six religieuses de la famille Mireault, quatre sont décédées; il reste Agathe, s.s.c. et Claire, notre consoeur, qui fut si admirablement présente à sa soeur Irène, aux derniers moments de sa vie.  Merci, Soeur Irène, pour tout ce que vous avez été pour Dieu et pour nous.  Que votre cœur goûte enfin la joie d’être en présence de celui que vous avez tant aimé et si généreusement servi!

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