Notre histoire

 

Notice biographique

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Soeur Germaine Lalonde

Sœur Germaine Lalonde
Charles-Albini
 

retournée à la Maison du Père le 26 juin 2010
à l'âge de 97 ans
et 73 ans de vie religieuse

 

+ 1928

 

 

1887

 

 

« Je lui ai fait confiance; j'ai le coeur en fête.
Je veux chanter pour le louer. »

(Psaume 28,7)

Il se trouve parfois des moments particuliers au tournant desquels la vie suit un cours imprévu.  C’est ce qu’a vécu notre Soeur Germaine Lalonde qui, à l’âge de 21 ans, rêvait de fonder un foyer avec une nombreuse famille.  Un jour qu’elle prie au chevet d’une dame mourante, elle se sent interpellée par la brièveté de la vie. Aussitôt, elle voit un château de cartes s’écrouler.  Bouleversée, elle fait cette prière : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse? »  Le Seigneur était là, attentif à sa prière…

Huitième d’une famille de vingt et un enfants, Germaine naît le 16 juin 1913, à Eastview (Vanier), Ontario, de Albini Lalonde, homme entreprenant et entièrement dévoué à sa famille, et de Angélina Martel, femme de devoir, aimante et enjouée.  Germaine reçoit le baptême au lendemain de sa naissance, à la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes.

Vers les années 1919, la famille décide de venir habiter à Hull.  C’est dans ce foyer où les valeurs humaines et  religieuses sont à l’honneur, que Germaine grandit, entourée d’amour.  Dans ses notes personnelles, elle rend ainsi hommage à ses parents : « Maman était une femme admirable; aucun moment d’impatience ne transpirait chez elle.  Ses réparties, aussi surprenantes qu'inattendues, nous faisaient souvent rire aux larmes. Quelle femme fière et soumise à la volonté de Dieu ! »  Cette femme hors du commun a été soutenue par son mari qu'elle chérissait et dont elle avait été l'élève. Sœur Germaine l’a toujours admiré: « Mon père a réalisé des engagements remarquables envers la société.  Parfait bilingue, il donnait des cours d'anglais à tous les voisins et amis qui le sollicitaient. Il a fondé et géré la Caisse Populaire St-Jean-de-Bréboeuf, dans le secteur Val-Tétreau. À ses talents d'administrateur, s'ajoutent des compétences musicales: directeur de chorale, chantre aux messes le matin, parfait exécutant du Minuit, chrétiens, à chaque Noël. »

Les traditions religieuses avaient leur place dans la famille: célébration quotidienne du chapelet en famille, bénédiction du pain, bénédicité.  C’est à cette époque, à Hull, que la petite Germaine recevra son Dieu pour la première fois, en leur nouvelle paroisse Notre-Dame-de-Lorette.  Deux ans plus tard, en mai 1921, elle y fera sa confirmation.

Inscrite à l’école Duhaut, sous la direction des Sœurs Grises de la Croix, elle entreprend et termine ses trois premières années du cours primaire.  Elle fréquente ensuite l’école Sainte-Marie jusqu’à sa onzième année inclusivement.

Deux années ont passé. Temps de grâce où le Seigneur, doucement, sans bruit, parle à son cœur et la prépare à répondre à son invitation.  Germaine a 21 ans ; l’expérience qu’elle vit et qui lui fait découvrir « la brièveté de la vie » est un signe, pour elle, de la rencontre avec Celui qu’elle décide de suivre.  Oui, Il a entendu sa prière.  Ainsi, avec la maturité dont elle témoigne, Germaine peut très bien mesurer les conséquences de son engagement.  Le 1er  août 1934, elle entre au noviciat des Sœurs Grises de la Croix, à Hurdman’s Bridge, Ottawa.  Ses deux années de formation terminées, elle fait profession le 14 juillet 1936, sous le nom de Soeur Charles-Albini. 

Dans la force de l’âge, Soeur Germaine entreprend une belle carrière en éducation, comme enseignante, au primaire et au secondaire,  puis comme directrice et supérieure.  Durant ces trente-trois ans, chaque matin, elle renouvellera le « oui » prononcé à sa profession avec toujours autant d’enthousiasme et de générosité.  Heureux les jeunes de Shawinigan, de Hull, de Saint-François-du-Lac, d’Ayersville, de Ville-Marie, d’Angliers, de Rouyn, de Notre-Dame-du-Nord qui furent les bénéficiaires de son dévouement, de sa douceur et de sa joie de vivre!   Pour faire reposer les jeunes entre les cours, on chantait, on y allait avec quelques mouvements de gymnastique, sans oublier les réparties joyeuses.  Elle aime ces jeunes et en est sûrement aimée. 

Éducatrice dans l’âme, Soeur Germaine a le souci de leur formation et de leur culture.  Héritière de tant de compétences familiales, elle ne néglige rien pour se perfectionner au plan professionnel.  En plus de son travail d’enseignante, elle étudie et obtient son Brevet supérieur en enseignement (bilingue) et suit le programme du Cours commercial.  Son désir de donner le meilleur d’elle-même l’amène à entreprendre trois cours d’enseignement ménager, à Montébello, durant les vacances d’été.  Également, au fil des années, elle se verra décerner un diplôme d’aptitude à la direction des Écoles.

En 1969, Soeur Germaine réalise que l’heure de sa retraite de l’enseignement a sonné.  À partir de ce jour, avec la grande générosité qu’on lui connaît, notre consoeur est toujours heureuse de se rendre disponible à sa Congrégation.  Jusqu’en l’an 2000, combien de précieux services a-t-elle rendus  avec « cette joie qui réchauffe et qui éclaire »!  Sa compétence lui permettra de servir comme comptable et comptable-économe aux couvents de Montébello et de Notre-Dame-de-la-Salette.  L’École secondaire Saint-Joseph bénéficiera, à son tour, de ses services comme secrétaire-bibliothécaire et aide-comptable.  Très rieuse, avec l’humour facile, elle crée de la gaieté autour d’elle partout où elle vit.  Elle aime ses compagnes et celles-ci le lui rendent bien. À l’occasion de certaines fêtes, elle aime chanter et raconter une bonne histoire.  Ce comportement joyeux contribue à créer une atmosphère de paix et de sérénité au sein de la vie communautaire.  Curieusement, avant son entrée en communauté, elle ne pensait pas que les choses seraient ainsi.  Voici ce qu’elle nous confie : « Pour moi, le mot Couvent était synonyme de “ prison”.  Je dois vous avouer que je m’étais grandement trompée, car je fus très heureuse en communauté. »

Au mois d’août de l’an 2000,  après avoir donné le meilleur d’elle-même durant près de soixante-cinq ans, Soeur Germaine est accueillie à l’unité de soins de notre couvent Notre-Dame, à Gatineau.  Au cours des années qui suivent, dans la sérénité, elle continue d’être pour ses Sœurs une personne douce, sans aigreur.  Malgré les limites que lui impose la maladie, elle est toujours joyeuse et accepte sa condition avec une patience exemplaire.  Elle puise cette joie dans sa dévotion à la Divine Providence, au Père Éternel et à la Vierge Marie, dévotions qui se devinent au cours de ses conversations : signe de la profondeur de sa vie religieuse.  Aussi, l’héritage spirituel reçu de son milieu familial fait dire à Soeur Germaine, à sa façon, qu’en dépit des difficultés qui peuvent jalonner nos routes, la Lumière est là, Dieu est là. 

Ses derniers moments, quoique pénibles, sont empreints d’une grande paix.  Elle laisse à sa famille, qu’elle chérissait de toute son âme, aux personnes qui l’ont soignée,  le souvenir d’une femme amoureuse de la Vie.  Elle chante avec certaines de ses infirmières qui louent la richesse de sa voix, malgré son âge avancé, et qui, devant cet exploit, ne peuvent taire un brin de jalousie.  Soeur Germaine a trouvé le bonheur en répondant au désir de Dieu sur elle.

En ce 26 juin 2010, notre chère Soeur Germaine est entrée dans la Joie éternelle d’une manière douce, comme elle a vécu.  Toute notre « reconnaissance à cette femme de Dieu qui a été sur notre chemin JOYEUSE LUMIÈRE ».

Chère Soeur Germaine, vous pouvez  maintenant « crier » à  pleine voix ce que vous aimiez tant fredonner tout au long de vos journées : « Mon Dieu, tu es grand, tu es beau, Dieu vivant, Dieu très haut, tu es le Dieu d’amour! »

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