Notre histoire

 

Notice biographique

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Soeur Colette Touzin

Sœur Colette Touzin
Jules-René
 

retournée à la Maison du Père le 20 octobre 2010
à l'âge de 79 ans
et 54 ans de vie religieuse

 

+ 2816

 

1895

 

 

Si quelqu’un a le don de service, qu’il s’en acquitte
avec la force que Dieu lui communique.

(1 P 4,11)

Cette Parole de Dieu a orienté toute la vie de notre Sœur Colette Touzin, comme nous le verrons en parcourant le bref résumé de son histoire sainte. Situons tout d’abord, dans le temps, la famille qui l’a vue naître le 12 mars 1931.

Originaire de Saint-Ubald, comté de Portneuf, Fernando Touzin est arrivé à Nédelec, comté de Témiscamingue, en 1909, avec ses parents, emportés par le vent de colonisation de l’époque. D’abord commerçant, puis ouvrier, Fernando s’établit sur une ferme du rang 8, et prend pour épouse Marie-Anne Boudreau, originaire de Sainte-Marie de Blandford, venue enseigner à Nédelec après ses études. Le jeune couple s’engage pour la vie par le sacrement de mariage en l’église Saint-Louis de Nédelec le 7 mai 1919; c’est l’origine d’un foyer profondément chrétien qui accueille un nouveau-né, avec reconnaissance et joie, année après année, comme autant de cadeaux du Ciel.

Après avoir vécu quelque temps à Notre-Dame-du-Nord, la famille Touzin s’établit à Saint-Isidore de Laverlochère, au Témisca-mingue. Quel n’est pas le bonheur des parents lorsqu’arrive la petite Colette, bébé prématurée, huitième enfant, précédée de six frères et d’une sœur! Elle reçoit le Baptême, le 15 mars 1931, de M. l’abbé J.-B. Morlat, curé de la paroisse. Elle fait sa première communion en 1938 et reçoit le sacrement de Confirmation, à Nédelec, le 16 juin 1940, de Mgr Louis Rhéaume.

Colette enfant, puis adolescente d’un caractère énergique et boute-en-train, est le bras droit de ses parents dans l’éducation des plus jeunes. Sa sœur, Priscille, se souvient des moments heureux où Colette a développé en elle un sentiment de fierté; entre autres, elle lui a montré, en une seule fois, à attacher seule ses souliers et à lire l’heure à la grande horloge. Elle a aussi aidé ses frères à traire les vaches et elle guidait le cheval lors de la rentrée des foins à la grange, à l’aide de la grande fourche. Son frère Jules, le plus jeune des garçons, se souvient toujours de la compassion de Colette quand, accroupie près du poêle, elle l’aidait à nourrir les petits lapins nouveau-nés.

Colette grandit dans une atmosphère de prière. La prière du soir se fait à genoux en famille, suivie du chapelet l’été, et du rosaire l’hiver. Tous les dimanches, avec sa famille, elle se rend à l’église située à deux milles et demi de chez elle pour assister à la messe; mais pendant le carême, avec toute la maisonnée, elle part tous les matins à 5 h 30 en voiture fermée, chauffée avec un poêle à bois et tirée par un cheval, pour assister la messe de 7 h à l’église du village. Au retour, c’est l’heure d’aller à l’école. « Ma vocation religieuse, nous dit Colette, a germé dans ce milieu de prière, de sacrifice et de fraternité ». Favorisée d’une enfance et d’une adolescence heureuses, marquée par l’amour de ses parents, l’amitié de ses enseignantes et de ses compagnes de classe, Colette s’est toujours sentie beaucoup aimée. Elle commence ses études primaires à Laverlochère, puis les continue à Nédelec où elle connaît les Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge qu’elle aime beaucoup. Devenue adulte, elle fait une retraite fermée chez les Sœurs de Notre-Dame Auxiliatrice, à Rouyn, et se sent appelée à la vie religieuse dans cette Congrégation. Mais sa jeune sœur, Rita, de peur de la perdre, la convainc qu’elle n’est pas appelée à vivre dans cette jeune et petite Congrégation.

Les années passent et notre vaillante Colette prête main-forte à sa mère pour le travail de la maison pendant que sa sœur aînée, Gertrude, fréquente l’École ménagère de Ville-Marie. Puis, à son tour, elle s’inscrit au cours d’enseignement ménager, auquel s’ajoute un cours d’été à l’École d’agriculture Moffet, à Ville-Marie. De plus, elle acquiert de l’expérience dans le soin des malades en s’embauchant pour un travail rémunérateur à l’Hôpital Youville de Noranda, puis à l’Hôpital Général d’Ottawa. Marquée sans doute par le dévouement de nos Sœurs hospitalières, elle sent son appel à la vie religieuse plus pressant que jamais et elle décide, cette fois, de devenir Sœur Grise de la Croix.

En août 1954, elle fait son entrée au postulat de la Maison mère, à l’âge de 23 ans, avec sa sœur, Rita, de quatre ans plus jeune qu’elle. Notons que leur sœur, Gertrude, les a déjà devancées dans la Congrégation. Le 15 juillet 1956, Soeur Colette prononce ses vœux de religion sous le nom Soeur Jules-René, et les obédiences se succèdent selon le rythme de l’évolution de sa santé; les autorités lui confient d’abord le soin des malades à la Maison mère. En 1960, elle part pour l’hôpital de Spirit River, en Alberta, où elle s’applique à maîtriser la langue anglaise, les analyses de laboratoire, les radiographies, l’assistance au médecin à la salle d’urgence, la surveillance des malades et des mourants la nuit et la tenue des dossiers. L’année écoulée, elle remplace la cuisinière qui cumule la responsabilité des seize pensionnaires, au Couvent Saint-Gabriel.

De retour à la Maison mère, en 1969, elle suit des cours d’épilation et de réflexologie intégrale, à Montréal, couronnés par un diplôme. Elle œuvre dans différents services auprès de nos Sœurs malades : épilation, couture, entretien de la cuisinette et aussi service de l’aumônier. À vrai dire, son talent naturel est la couture, le tricot et l’artisanat, mais elle garde aussi au cœur une grande compassion pour ses compagnes malades.

En 1978, après quatre mois de repos, on la retrouve à la Maison Notre-Dame-de-la-Providence, où elle fait partie du projet Maison de prière, conciliant l’adoration et l’action. De 1981 à 1984, les autorités lui confient l’accueil des jeunes filles pensionnaires à la Pension Notre-Dame. Elle sera ensuite cuisinière, durant quatre ans, au couvent de Chute-à-Blondeau. De novembre 1988 à 2007, elle est au service de nos Sœurs aînées à la Résidence Marguerite-d’Youville, particulièrement en couture, tout en demeurant, pendant dix mois, à La Maison, rue Charlotte; puis elle fera partie de la Communauté locale Sainte-Marie.

Alors que sa santé nécessite de plus grands soins, en juin 2009, Sr Colette est admise comme patiente à la Communauté Marguerite-d’Youville. Elle doit être hospitalisée à l’Hôpital Montfort, en août 2010; le diagnostic révèle une accumulation de liquide au cerveau, une recrudescence du cancer des poumons décelé à l’Hôpital Général en 2008. Médecins, infirmières et préposées s’appliquent à contrôler la douleur, mais la fibrose pulmonaire et le cancer ont raison de sa résistance. Ses deux sœurs religieuses lui apportent le réconfort de leur présence; le 4 octobre 2010, elle reçoit l’Onction des malades de M. l’abbé André Fortin. Elle s’éteint doucement le 20 octobre 2010.

Soeur Colette nous laisse, comme héritage, sa foi en Dieu, son abandon à la volonté de Dieu, une vie intérieure profonde. Elle gravit les échelons de la vie spirituelle appuyée sur la Parole de Dieu, les écrits des moines du désert, de Dom Marmion et de saint Jean de la Croix. Elle se fait discrète sur sa vie d’intimité avec Dieu, mais ses notes personnelles nous laissent percevoir que son union à Dieu a été sa force pendant toute sa vie religieuse.

Dans sa faiblesse, Soeur Colette s’est appuyée sur la force de Dieu. C’est ce qui explique les propos qu’elle tenait à des compagnes qui lui parlaient de leurs souffrances : « Abandonne-toi à Dieu; il est ta force ». Sa vie intérieure était cachée en Dieu, mais les écrits qu’elle a laissés nous éclairent. En 1980, Soeur Colette affirmait : « La présence à Dieu m’est continuelle. C’est dans la souffrance que Dieu s’est fait le plus proche ». Et dans un témoignage écrit lors de son 40e anniversaire de profession religieuse, en 1996, on peut lire : « Pendant ces quarante années de vie religieuse, le Seigneur a fait couler en moi sa source de grâce et de bonheur. J’ai été heureuse au service de mes sœurs ».

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