Notre histoire

 

Notice biographique

Retour aux archives

Soeur Cecilia 'Moso

Sœur Cecilia ‘Moso
Gilbert-Marie
 

retournée à la Maison du Père le 28 septembre 2010
à l'âge de 89 ans
et 66 ans de vie religieuse

 

+ 2294

 

1892

 

 

Sœur Cécilia Moso, enfant de M. Alphonse Liguori Hopo et de Mme Céline ‘Mamotsoane ‘Moso, est née le 18 octobre, 1920 à Litsoetse Ha Mokoto, au Lesotho, sixième enfant de la famille. Elle fut baptisée le 15 mars 1932 et confirmée le 19 octobre 1936 à la mission de Paray.

Dans sa jeunesse, elle fréquenta l’École Primaire de Litsoetse et celle de Paray. Son père est décédé lorsqu’elle était très jeune, mais, avec l’aide du fils aîné qui avait un travail rémunéré, la mère a réussi à pourvoir à l’éducation et aux besoins matériels de ses enfants. La maman était aussi très active dans toutes les activités de sa paroisse. Elle ne voulait rien de moins que le meilleur pour ses enfants. Cécilia répondit au désir de sa mère en s’inscrivant comme membre des Enfants de Marie et de la Légion de Marie. Elle aimait beaucoup sa mère et la prenait en pitié quand elle la voyait travailler si fort comme responsable d’un foyer monoparental.

La vie ne se déroule pas toujours comme on le voudrait, car le Seigneur a ses vues et il est parfois difficile de comprendre Ses volontés; elles ne coïncident pas toujours avec les nôtres. Peu après la mort de son père, Cécilia dut vivre le deuil de son frère aîné, le gagne-pain de la famille. La vie devint très difficile pour la mère et ses enfants. On souffrait de la faim, on manquait de tout. Cécilia a dû quitter l’école et aller vivre avec sa sœur aînée et le mari de celle-ci, ce qui, d’après elle, ne fut pas une bonne décision. Par contre, son beau-frère accepta qu’elle aille à l’école, ce à quoi elle ne s’attendait pas puisque le couple lui faisait déjà une grande faveur en l’accueillant dans leur foyer. L’école où elle fut inscrite était dirigée par les Sœurs du Sacré-Cœur. Pour Cécilia, c’était un premier contact avec des religieuses et elle les admirait beaucoup.

Vint un jour où le Père Hamel, curé de la paroisse, vint visiter le village dans le but de rencontrer les jeunes pour leur parler de la vie religieuse et de la prêtrise. Cécilia se montra très intéressée et elle s’appliqua à comprendre ce qu’on entendait par « vie religieuse », surtout en parlant avec le Père Hamel.  Un jour, ce dernier l’invita à venir rencontrer des visiteuses de passage, des Sœurs Grises de la Croix, en provenance de Pitseng ha Tau, Leribe, de la mission Notre-Dame de Pontmain. En peu de temps, il réussit à la convaincre que c’était une belle Congrégation qui lui conviendrait très bien. Cécilia avoua qu’elle préférait cette Congrégation à l’autre, mais il lui fallait d’abord obtenir la permission et la bénédiction de sa famille; pour des raisons qu’elle n’a pas voulu dévoiler, la permission lui fut refusée. Comme elle ne voulait pas attendre plus longtemps, elle décida de quitter le foyer de sa sœur et se rendit au Couvent Sainte-Marguerite-Marie, à Paray. De là, les religieuses la dirigèrent vers le couvent Notre-Dame de Pontmain, où elle dut attendre la permission et la bénédiction de sa famille avant d’être acceptée comme aspirante. Quand enfin, la permission arriva, elle était toute joyeuse de commencer sa vie religieuse.

Même avant notre naissance, le Seigneur nous avait choisies pour remplir une tâche particulière. Ainsi, Sœur Cécilia fut choisie pour aller, tout d’abord, au Couvent de Pontmain, ce qu’elle accepta comme étant la volonté de Dieu.  Chaleureusement accueillie par les religieuses, elle commença son postulat en 1941 et son noviciat en 1943. Elle et ses compagnes profitèrent de leur formation initiale; on dit qu’elle se laissa former et transformer en un « instrument bien docile au Seigneur ». L’étude de la vie de Mère d’Youville et de Mère Bruyère l’a aidée à mieux comprendre la vie religieuse. Elle désirait ardemment pouvoir imiter les fondatrices dans leur amour des pauvres, dans l’éducation de la jeunesse et dans le soin des malades. Par contre, certains aspects de la vie consacrée furent plus difficiles à accepter, par exemple, «  l’importance de renoncer à sa volonté propre et l’importance de l’amour fraternel, essentiel à la vie commune ».

En 1944, elle prononçait ses premiers vœux sous le nom de Sœur Gilbert-Marie, et c’est en 1949 qu’elle fit ses vœux perpétuels; elle se disait disponible pour servir là où on avait besoin de ses services, dans la Congrégation et dans l’Église. Elle était prête à accepter la volonté de Dieu avec foi et piété. Comme jeune religieuse, Sœur Cécilia était beaucoup aimée et appréciée par nos sœurs âgées; elle savait comment leur faire plaisir et les garder heureuses. De plus, elle profitait des bons exemples de ces sœurs et tâchait de les imiter quand l’occasion se présentait. Elle a tenu le poste de cuisinière pendant plusieurs années, faisant son travail avec amour et cherchant à plaire aux personnes qu’elle servait. Elle aimait aussi travailler sur la ferme et elle a toujours souhaité que toutes les sœurs aident sur la ferme afin d’assurer de la nourriture fraîche tellement meilleure pour la santé.

Sœur Cécilia fut assignée à plusieurs de nos maisons du Lesotho : à St. Paul de Butha Buthe, Notre-Dame de Pontmain, l’Hôpital de Seboche, notre ancien Couvent Élisabeth Bruyère (Sainte Monica) et Sainte-Marie (Roma). Elle a aussi travaillé à l’École Ange Gardien où elle prenait soin des enfants qui l’aimaient beaucoup et l’appelaient « grand-maman ». Par la suite, elle se rendit à l’Hôpital de Paray où elle fut très heureuse de travailler dans les champs. Elle réussit à produire suffisamment de nourriture pour alimenter tous les patients et le personnel de l’hôpital. De plus, elle faisait la cuisine pour les sœurs, les prêtres, les patients, toujours avec ardeur et avec amour. Elle savait gagner l’affection de tous ceux qu’elle servait en étant comme une bonne maman pour eux, surtout en sachant les écouter. De Sœur Cécilia on disait : « elle a de grandes oreilles pour entendre et une petite bouche pour parler », ce qui veut tout simplement dire qu’elle écoutait beaucoup et parlait peu.

On peut dire que Sœur Cécilia a vécu à fond le charisme de notre fondatrice et qu’elle a fait sa large part dans le service de l’Église; jamais nous n’oublierons son sens de l’humour.

Déjà avancée en âge, elle ne voulait pas rejoindre ses compagnes à l’infirmerie de Paballong ea Molimo, disant  qu’elle pouvait encore travailler et prendre soin d’elle-même. Cependant, le jour vint où la maladie la visita sérieusement;  elle fut confinée au lit pendant deux ans. Elle s’est éteinte très paisiblement le 28 septembre 2010, accueillie dans la tendresse et l’amour éternel du Père de toute bonté.

Que son âme repose dans la paix !

Retour aux archives