Notre histoire

 

Notice biographique

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Soeur Agnès Gervais

Sœur Agnès Gervais
Agnès-de-la-Trinité
 

retournée à la Maison du Père le 22 octobre 2010
à l'âge de 78 ans
et 59 ans de vie religieuse

 

+ 2654

 

1896

 

 

Seigneur, tu m’accompagnes.
Tu me conduis, tu me défends, voilà ce qui me rassure.

(Ps 23,4b)

L’église Sacré-Cœur de Baie Shawinigan, au Québec, recevait aux fonds baptismaux Marie Jacqueline Agnès, la troisième enfant et première fille du mariage d’Edgar Gervais et de Léda Matteau, ce 1er décembre 1931, jour même de sa naissance.  Dix autres petits « Gervais » suivront pour compter sept filles et six garçons.

La petite Agnès commença son cours primaire chez les Filles de Jésus à l'école Christ-Roi de Shawinigan, puis poursuivit ses études chez les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie à Beauharnois.  Sa petite taille lui mérita le surnom « la petite ». Le papa était contremaître à l’usine de fabrication d’aluminium de Shawinigan. 

Où a-t-elle connu les Sœurs Grises?  Il semblerait qu’une compagne lui parla de son appel à la vie religieuse et de son attrait pour les Sœurs Grises.  Mais, c’est suite à la mort accidentelle de son jeune frère à quatorze ans, lorsqu’elle-même n’en avait que dix-sept, qu’elle prit sa décision et entra à notre noviciat de la Maison mère le 1er août 1949.

Après sa profession en 1951, sous le nom de Soeur Agnès-de-la-Trinité, elle recevait une obédience pour les États-Unis.  Tout en complétant son Brevet d’École Normale en cours d’été, décerné avec la mention Grande distinction, elle fut affectée à l’enseignement dans nos écoles de Lowell jusqu’en1962.  Ensuite, elle se rendit à Ogdensburg, New York, pour six ans. Puis, c’est la Louisiane qui réclama ses services, toujours dans la salle de classe, de 1968 à 1979.  En 1980, elle passait une année dans la région d’Ottawa tout en se qualifiant en pastorale hospitalière à l’Université Saint-Paul, sous le parrainage de l’Association catholique canadienne de la santé.  Une nouvelle carrière s’ouvrait devant elle, une qui l’a gratifiée de beaucoup de consolations.  De retour aux États-Unis, elle parti­cipera également à un cours de dix semaines offert par l’Archidiocèse de Boston.

De 1981 à 1986, puis encore de 1987 à 1992, pour reprendre de 1996 à sa retraite en 2008, elle visita les résidents et résidentes de D’Youville Senior Care Center, portait une oreille sympathique au personnel, accompagnait les mourants, était disponible aux familles, bref, une présence pleine de compassion pour accueillir la souffrance et les joies de l’autre.

Vous remarquez quelques arrêts dans les dates mentionnées ci-haut.  C’est que, par deux fois, Soeur Agnès a mis de côté son travail en pastorale pour accompagner une candidate à la vie religieuse au postulat, puis au noviciat.  Aussi, lorsque la mission de Newark, New Jersey, fut ouverte en 1995, elle s’y rendit pour un an, servant de bibliothécaire à l’école St. Michael.  Au dire de sa directrice, Soeur Agnès était un modèle de disponibilité, toujours prête à rendre le moindre service.  Néanmoins, elle revint vite à ses amours à Lowell parmi les personnes âgées.

Soeur Agnès fut appelée au service d’autorité par trois fois : au couvent Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de Church Point, en Louisiane, de 1974 à 1979, à la Résidence d’Youville, rattachée au Manoir D’Youville, de 1987 à 1992, puis à la Résidence Saint-Joseph de Lowell de 2002 à 2008.  Elle fut aussi conseillère provinciale de 1988 à 1994. 

Dans ses dernières années à D’Youville Senior Care Centre, elle donna de nombreuses heures dans l’unité des soins spécialisés pour les personnes en perte cognitive.  Elle avait le don de s’approcher de ces personnes et de leur apporter un rayon de bonheur.  Depuis quelques années, suite à une retraite accompagnée, Soeur Agnès avait trouvé grande consolation dans la prière du Psaume 23 et l’image du Bon Pasteur.  Elle cherchait à incarner ce modèle dans sa vie et dans son approche aux autres.

Au début des années 90, un cancer du sein exigea des traitements de chimiothérapie.  Les séquelles de ces interventions la suivront jusqu’à la fin de ses jours.  Quoique gratifiée d’une rémission qui lui accorda encore plusieurs années de service, le mal sournois faisait son œuvre.  De plus en plus, Soeur Agnès sentait ses forces diminuer.  La congestion pulmonaire et cardiaque se mit de la partie et occasionna plusieurs hospitalisations, suivies d’un stage en réhabilitation.  Face à l’évidence, Soeur Agnès accepta les soins palliatifs, mais son Berger l’attendait.  En moins de deux jours après son retour parmi ses compagnes à la Résidence Saint-Joseph, il vint cueillir sa brebis, dès le lever du soleil, le 22 octobre 2010.

L’Eucharistie dominicale le jour de la veillée auprès du corps de Soeur Agnès nous offrait des paroles de Soeur Paul qu’elle aurait pu également prononcer avant de rendre son âme à son Créateur :  « Le moment est venu pour moi de mourir.  J’ai combattu le bon combat, je suis allée jusqu’au bout de la course. J’ai gardé la foi.  Et maintenant, le prix de la victoire m’attend. »  (2 Tim. 4, 6-8)

Lors de ses funérailles, plusieurs membres du personnel de D’Youville Senior Care Center cherchaient à participer activement à la célébration liturgique, afin de démontrer une dernière fois leur affection pour cette petite sœur dont elles n’entendront plus le ronronnement de son fauteuil motorisé arpentant les corridors, ni ses salutations au passage. 

Soeur Agnès a dû être très bien accueillie aux portes du Paradis par toutes ces personnes qu’elle avait si bien accompagnées lors de leur passage vers l’Au-delà.  Qu’elle repose maintenant dans la paix de son Dieu!

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