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Soeur Marie Stanislaus
Sœur Camilla Nchapiretournée à la Maison du Père le 22 décembre 2009
à l'âge de 64 ans
et 44 ans de vie religieuse
+ 3234
1878
Sœur Marie Stanislaus (Camilla 'Mathamae Nchapi), fille bien-aimée de M. Valentinus Paramente Sooso Libe Nchapi et de Mme Micellina 'Mamosothoane Nchapi, naît le 24 novembre 1945, à Nokong, dans le district de Berea. Fille aînée de dix filles et trois garçons, elle grandit dans une famille de foi profonde.
Camilla fréquente l'école primaire de la mission Immaculée-Conception, à Liphookoaneng. À cette époque, ses parents ont l'habitude de l'amener à la mission Sainte-Rose lors des professions religieuses chez les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Elle aime prendre part à ces célébrations, ce qui a contribué sans doute à lui faire entendre l'appel à la voie religieuse. Ultérieurement, elle obtient de ses parents la permission d'entrer chez les Sœurs de cette congrégation en 1959. Malheureusement, au début de 1960, soit au bout d'un an, frappée d'une maladie sérieuse, elle demande à la Supérieure provinciale de retourner chez elle. Dès son arrivée à la maison, elle doit se rendre à Hlotse régulièrement pour recevoir des traitements à l'hôpital public. Comme cet hôpital est très loin de la demeure familiale, le père constate bientôt que la distance à parcourir est pénible pour Camilla, déjà affaiblie par la maladie. Il demande alors aux Sœurs Grises de la mission Mount Royal, à Hlotse, si elles accepteraient de la loger avec leurs pensionnaires, pour la durée des soins requis. Sœur Blandina Maria et Sœur Rosa Maria sont heureuses d'accueillir la jeune fille. Elles l'entourent d'attentions et d'amour maternel. Elles lui font boire du lait écrémé, ce qui la soulage; elles s'assurent qu'elle prend fidèlement les médicaments prescrits. La jeune pensionnaire apprécie tellement ces religieuses qu'elle désire bientôt se joindre à elles. Après avoir discuté de sa vocation avec elles et avec la Supérieure du couvent, Sœur Marie Agnès, la décision est prise: en 1962, elle se rend à la mission Notre-Dame de Pontmain où elle poursuivra des études avant d'être admise au postulat l'année suivante.
Camilla prend sa formation religieuse au sérieux et met tout son cœur à la tâche. Soucieuse de marcher dans les traces de notre sainte Mère Marguerite d'Youville et de Mère Bruyère, elle songe déjà à vivre pleinement le charisme de compassion dans l'amour du service et de l'éducation. Sa prière est pénétrée de ces désirs profonds.
En 1965, la nouvelle professe, Sœur Marie Stanislaus, est appelée à enseigner à l'école primaire de 'M'a Mohau. L'année suivante, elle entreprend le cours de trois ans de formation des professeurs, à l'École normale Saint Mary, au Lesotho. En décembre 1968, elle reçoit la Direction de l'école Saint Paul. En 1970, elle retourne pendant un an à l'école primaire de Notre-Dame de Pontmain, puis elle suit l'Année doctrinale, au même endroit. L'année suivante, en 1972, elle prononce ses vœux perpétuels et est nommée directrice du jardin d'enfants, devenu l'école primaire Ange-Gardien. En 1974, elle reçoit une bourse du ministère de l'Éducation du Gouvernement du Lesotho pour se rendre en Israël afin d'y suivre un cours de six mois en Éducation au niveau prématernel.
De retour au pays en 1975, Sœur Stani, comme on aime à l'appeler, est parmi les fondatrices de la classe maternelle Sainte-Bernadette, à Maseru, où elle restera onze ans. Au cours de ces années, elle poursuit des études à temps partiel à l'Université Nationale du Lesotho, qui lui octroie un Baccalauréat en Éducation en 1986. En 1988, notre Sœur retourne à Pontmain où elle reprend l'enseignement à l'école Ange-Gardien.
En 1992, Sœur Marie Stanislaus est nommée économe provinciale; elle loge à la maison provinciale Divine Providence, à Hlotse. Elle accepte dans la foi ce poste qui lui incombe et entreprend d'établir une économie saine et croissante pour la Congrégation. Elle se déplace de couvent en couvent afin d'aider les supérieures locales à préparer les rapports financiers de leur maison. Grâce à ses suggestions et à son initiative, notre province compte maintenant plusieurs projets intéressants, tels celui des unités de production agricole et autres.
En juillet 1995, Sœur Stani retourne à l'enseignement, à l'école secondaire Mount Royal cette fois. À ce moment, la Newport University, à Johannesburg en Afrique du Sud, offre des cours à Maseru durant les mois de vacances. Notre Sœur profite de l'occasion pour s'inscrire à ces cours à temps partiel. Elle obtient une Maîtrise en Éducation le 10 novembre 2000 et poursuit son enseignement à la même école secondaire jusqu'en 2005.
L'année suivante, la Conférence religieuse des évêques du Lesotho est à la recherche d'une religieuse pour le Département de l'Éducation catholique dont le siège est à Maseru. Sœur Marie Stanislaus possède les qualifications requises pour ce poste; avec le consentement de la Supérieure provinciale, elle offre ses services. Elle relèvera le défi jusqu'à son décès, en décembre 2009, travaillant avec acharnement, en solidarité avec les professeurs et les catéchètes des régions rurales et urbaines à qui elle explique le nouveau syllabus qu'elle a élaboré.
Depuis plusieurs années, l'enseignement religieux dans les écoles catholiques est menacé d'abolition par le Gouvernement du Lesotho. Courageuse et tenace, Sœur Marie Stanislaus ne craint pas de se joindre aux Unions des professeurs et des catéchètes pour lutter avec eux à la défense de leurs droits et tenter de contourner la loi injuste en délibération à la Chambre des députés.
Toujours propre et soignée, notre Sœur Stani attire l'attention et la confiance des jeunes filles. Elle en inspirera plus d'une à la suivre dans notre Congrégation. Intelligente et douée pour la littérature, elle égaie nos célébrations et nos rencontres communautaires par de jolis poèmes de sa création.
Cette bonne compagne est chargée de la formation des ACSCO de toute la région du Sud. Elle organise des rencontres avec les responsables et les membres des Associés de certaines autres congrégations, à l'occasion soit de pèlerinage, soit de sessions. Grande priante, elle est présente à nos prières communautaires très fidèlement et anime souvent des groupes de partage. Elle a sûrement hérité de sa famille son grand esprit de prière, car son père est régulièrement à la tête des processions en l'honneur de Notre Dame de Fatima à la paroisse Notre-Dame de Pontmain.
Sœur Marie Stanislaus avait été nommée conseillère et secrétaire provinciale pour un mandat qui devait débuter en janvier 2010. Le Seigneur l'a subitement ravie à notre affection le 22 décembre 2009, à l'âge de 64 ans dont 44 ans de vie religieuse.
Nous toutes, Sœurs de la Charité d'Ottawa, garderons toujours dans nos prières notre bien-aimée Sœur Marie Stanislaus.
Que son âme repose en paix!