Notre histoire

 

Notice biographique

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Soeur Marie-Blanche Cadieux 

Sœur Marie-Blanche Cadieux
Sœur Marie-Florence

 

retournée à la Maison du Père le 28 juillet 2009
à l'âge de 103 ans
et 76 ans de vie religieuse

+ 1754

1870

« Je veux jouer pour mon Dieu tant que je vis,
chanter pour lui tant que je dure. »

Psaume 145, 2

La vie de notre chère Soeur Marie-Blanche fut un beau chant filial au Père dont l’amour l’a comblée pendant son beau pèlerinage terrestre de 103 ans.

Née à Plantagenet, le 23 décembre 1905, baptisée le lendemain, elle était la 5e des 14 enfants d’Alphonse Cadieux et d’Élisabeth Groulx. Pour procurer aux siens une certaine aisance, Monsieur Cadieux cumulait les occupations : marchand général, sellier et cordonnier.  Cherchant un milieu plus prospère, il a fait des essais infructueux à Cornwall, à Limoges, puis il est revenu à Plantagenet où il avait épousé l'élue de son coeur. 

Très tôt après ses études primaires poursuivies à l'école de son village, Marie-Blanche assumera des responsabilités familiales, faisant l’apprentissage du partage et du service. Elle sera une aide précieuse en qualité de commis au magasin et d'habile maîtresse de maison. « Je travaillais pour maman à la maison, écrit-elle. Je prenais soin des enfants. À la naissance de chacun, je donnais le nom à l’enfant. Ma mère était très malade, elle souffrait de rhumatismes. À cause de cela, elle devait souvent être au lit. Mon père était cardiaque. Je gardais souvent au magasin pour lui permettre de se reposer ou lorsqu’il allait faire des achats à Montréal. »

C’est aussi à la maison qu’elle apprit à prier: « Papa priait beaucoup. Il se mettait à genoux et il disait: Doux Coeur de Jésus, puis, il récitait son chapelet du Sacré-Coeur de Jésus. La paix était une valeur importante dans ma famille. Papa nous disait souvent: « Ce qui est le plus important, c’est de nous aimer les uns les autres. »

Jeune fille sérieuse et distinguée, même si elle songe à la vie religieuse, Marie-Blanche ne rencontre personne qui l'invite à se diriger dans cet état de vie. Elle a connu quelque peu des Sœurs Grises de la Croix à Limoges, mais ne s'est pas sentie interpellée au sujet de la vie consacrée. Elle a vibré prestement le jour où Aurore Bussières, en visite chez son frère à Cornwall, vint annoncer à Marie-Blanche qu'elle entrait au Noviciat des Soeurs Grises de la Croix à Hurdman's Bridge. Devant la réaction positive de son interlocutrice, Aurore dit spontanément: « Pourquoi n'entrerais-tu pas au Noviciat avec moi. Prépare-toi et nous ferons route ensemble, le 1er août. » 

Afin de ne pas agir sous l'effet du moment, Marie-Blanche fait une retraite de trois jours au Pensionnat Notre-Dame-du-Sacré-Coeur, à Ottawa.  Le prédicateur la rassure. À 26 ans, elle se prépare à quitter sa famille.

Le 1er août 1931, les deux aspirantes sont fidèles au rendez-vous. Marie-Blanche s'acclimate assez vite dans sa nouvelle orientation. Sous le nom de Soeur Marie-Florence, elle sera du groupe qui fit profession perpétuelle à la cathédrale d’Ottawa, en 1936,  à cause des travaux de construction à la Maison mère.

Quelles tâches lui confie-t-on après l'émission de ses voeux en juillet 1933 ? Elle a choisi une communauté apostolique où le service des autres chevauche avec les temps de prière et de contemplation. Marie-Blanche goûte la vie d'intimité avec le Christ,  et manifeste de l'attrait pour le soin des malades et la pharmacie. Sans formation spécialisée ni études avancées, elle se renseigne en lisant attentivement des livres appropriés; puis, grâce à une pratique généreuse qui met à profit les qualités de son cœur et ses dispositions naturelles, elle devient très habile dans le soin des malades. Elle acquerra assez de connaissances pour obtenir une licence comme infirmière autorisée en 1947. Elle se joint alors à l'Association des infirmières du Québec.

Pendant 38 ans, elle se dévoue dans différents services: laboratoire, pharmacie, bureau d'admission, à l'Hôpital Saint-Vincent d'abord puis à l'Hôpital Youville de Noranda. Son application minutieuse et sa bonne volonté lui attirent la confiance et l'estime des médecins, des patients, des supérieures et des employés.

À 68 ans, la maladie l'oblige à démissionner pour bénéficier d'une retraite bien méritée à la Maison Béthanie,  Pointe-du-Lac. En 1987, une hanche déplacée lui cause des douleurs continuelles. Elle aime se faire conduire à la chapelle en fauteuil gériatrique pour aller puiser force et courage dans la célébration eucharistique ou dans un temps d’adoration personnelle devant le Tabernacle.  Elle espère même qu’on oublie d’aller la chercher tant elle goûte la présence de Jésus. Elle a toujours son chapelet à la main. Que d'Avés récités, d'oraisons jaculatoires adressées à ses amis célestes! Ces cris du coeur lui permettent de vivre intensément sa vie d'union avec la Sainte Trinité et la Vierge Immaculée. Oui, Soeur Marie-Blanche fut une grande priante: « Je suis très attachée à la Sainte Vierge. Porte du ciel, tiens la porte ouverte quand j'arriverai au ciel. » Elle était heureuse quand des compagnes venaient prier avec elle, faire un bout de lecture spirituelle, parler de Dieu, du ciel, de la Vierge Marie et la mettre au courant des nouvelles communautaires.

Soeur Marie-Blanche avait aussi un talent peu banal dont elle nous faisait bénéficier. Quelle surprise de la voir sortir sa « musique à bouche »! Quel émerveillement de l’entendre avec tant d’entrain partager sa joie! Très habile à faire chanter son harmonica, elle ne voulait pas jouer pour les murs, mais tenait à ce que les Soeurs répondent à l’appel de son instrument. Fervente de la danse à claquettes quand elle était jeune, elle jouissait de voir les Soeurs danser et les accompagnait en tapant des pieds. On sentait que la musique l’habitait, car elle aimait fredonner et chanter, même dans la solitude de sa chambre.

Soeur Marie-Blanche a toujours bénéficié du soutien et de l’affection des membres de sa famille à laquelle elle est restée très attachée.  Certains lui ont aussi apporté un puissant soutien spirituel : elle a le bonheur de prier avec eux autour d'une table où chacun se sent en communion profonde avec l'autre. Heureuse est-elle de baigner dans une atmosphère vivifiante et mystique!

Soeur Marie-Blanche a vécu 23 ans à la Maison Béthanie, où elle a été bien appréciée, beaucoup aimée. En 1999, elle a dû quitter Pointe-du-Lac pour la Résidence Sacré-Coeur de la Maison mère.   Ses consoeurs ont vu partir avec regret cette compagne qui a laissé de si bons souvenirs. Pour la décrire, on multipliait les qualificatifs: femme consciencieuse, charitable, agréable, polie, minutieuse, craignant de peiner les autres, bien respectueuse de l’autorité, très appréciée du personnel soignant.  Et la liste est incomplète.

Les derniers dix ans de sa belle vie, c’est à la Maison mère qu’elle les a vécus. Quand on lui demandait de jouer de la « musique à bouche », son regard s’illuminait, un sourire rayonnait sur sa figure; elle était prête à accompagner la danse. C’est là aussi qu’elle a fêté ses 100 ans le 23 décembre 2005.

Cette femme merveilleuse est passée parmi nous; elle n’a pas laissé de monument à son effigie, mais, fleur de Noël, elle n’a jamais cessé de fleurir et de refleurir, pour le bonheur des autres. Il faisait toujours printemps dans son coeur. Pendant près de 104 ans, que de petites étoiles de joie se sont allumées dans le ciel de nos vies, grâce à sa gentillesse et sa bonté.

Merci, Seigneur, de nous l’avoir donnée. Nous savons qu’elle a été vivement applaudie par tous ceux et celles qui l’ont accueillie à son entrée au Paradis où elle poursuivra sa si belle mission. Jouant pour son Dieu et chantant pour Lui, par sa musique, elle  fera danser les anges!

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