Notre histoire

 

Notice biographique

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Soeur Jeannine Montour 

Sœur Jeannine Montour
Sœur Marie-de-Saint-Jean

 

retournée à la Maison du Père le 30 octobre2009
à l'âge de 79 ans
et 57 ans de vie religieuse

+ 2700

1873

Suivre Jésus, être partout son témoin ...

Née le 13 janvier 1930, dans la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke, et baptisée le 15 du même mois, Soeur Jeannine reçoit son Dieu pour la première fois, le 19 mars 1937.  Elle sera confirmée le 27 avril 1937. 

Soeur Jeannine est du nombre des femmes héroïques qui ont consacré leur temps, leurs forces, leur vie, au nom de leur foi, pour répondre aux besoins de la société, en conformité avec le message de l’Évangile.  Missionnaire au grand cœur, elle est ouverte à tout ce qui peut lui permettre de se donner.

Très jeune, avant même d’être appelée à la vie religieuse, elle a senti un appel à la mission.  Dès son enfance, elle vit à l’école du don de soi, dans un milieu heureux, ouvert à la vie.  Issue d’une famille nombreuse, foncièrement chrétienne, reliée à de multiples vocations sacerdotales et religieuses, Jeannine est modelée par l’exemple de ses parents, Antonio Montour et Aline Boucher,  bien engagés dans le domaine social et ecclésial du temps. La bienheureuse Mère Marie-Léonie Paradis était d’ailleurs une cousine de sa mère. Jeannine suit leur exemple, n’hésitant pas à s’engager toute jeune là où elle perçoit des besoins humains et spirituels.  Elle trouve ainsi réponse à une phrase qui l’a marquée dès l’âge de onze ans lors d’une exposition missionnaire : « Que ton Règne vienne! »  Par amour du Christ, elle accepte des engagements multiples.   Elle sera monitrice à l’OTJ à 12 ans, gardienne d’enfants à domicile, rassem­bleuse de jeunes pour prier.  Elle est à la fois présidente de la JEC, membre de la Troupe  les messagers de la Gaieté  et de la chorale Sainte-Agnès.  Son secret, on le trouve dans ses notes personnelles : « Ma route était tracée et Jésus me tendait toujours la main […]  Je n’avais qu’à le suivre en toute confiance. »

Tous ces engagements la préparent à dire un grand OUI au Christ, à l’âge de vingt ans, quand elle se présente chez les Sœurs Grises de la Croix.  Son temps de probation terminé, elle choisit le nom de Soeur Marie-de-Saint-Jean, nom dont elle reçoit en quelque sorte la confirmation, le jour de sa profession, alors que dans la grande verrière de la chapelle, un halo lumineux cerne Marie et Jean au pied de la croix.  « Voilà ma petite Trinité », se dit-elle. 

Pour se préparer à servir auprès des malades, Soeur Jeannine fait son cours d’infirmière à l’École d’Infirmières de l’Hôpital Sainte-Thérèse de  Shawinigan. Elle poursuit sa formation à l’Institut Marguerite-d’Youville pour obtenir un baccalauréat en sciences-infirmières de l’Université de Montréal. 

Les obédiences suivront, la trouvant disponible etcompé­tente pour les responsabilités qui lui sont confiées dans les hôpitaux du Québec et de l’Ontario. Les hôpitaux de Shawinigan et d’Ottawa sont les premiers à bénéficier de sa douceur, de sa patience et de ses nombreuses autres qualités d’infirmière.  Elle excelle dans les diagnostiques médicaux.  Une malade, soutenue par Soeur Jeannine, écrit : « Quelle grâce j’ai eue de connaître Soeur Jeannine : son humilité, sa compétence, sa clairvoyance, sa compréhension et surtout sa profondeur d’âme… »  

En 1966, la Congrégation réclame ses services en Afrique, pour ouvrir une école d’infirmières au Malawi où elle se donne avec ardeur.  Après quelque temps, un conseil œcuménique du pays établit un programme de prévention et de réforme des soins;  Soeur Jeannine y souscrit avec empressement, ouverte à tous les appels. En février 1971, elle est autorisée à suivre un cours de sage-femme d’un an à The Queen Mother’s Hospital  de Glasgow, en Écosse. Après l’obtention d’un certificat de compétence, elle retourne en Afrique centrale et se donne sans compter.  Que d’enfants ont survécu grâce à sa compétence; que de mères ont été sauvées!  D’ailleurs, elle ne se limite pas aux soins infirmiers, mais à tout ce qui peut aider les gens : agriculture, alimentation, éducation, respect de la femme.

L’année 1976 marque son retour au Canada.  Lors d’une réorganisation de nos unités de soins, on fait appel à sa compétence et à sa grande disponibilité en vue du transfert de nos Sœurs malades dans les infirmeries spécialisées de la Congrégation. 

Soeur Jeannine continue de répondre aux appels de la Congrégation, en se dévouant comme infirmière dans nos hôpitaux de Shawinigan, de Cap-de-la-Madeleine et de Ville-Marie.  C’est dans cette paroisse qu’en 1979, en dépit de toutes ses occupations, elle se joint au Conseil paroissial de Pastorale (C.P.P.).  Désireuse  de se tenir toujours en lien avec la marche de l’Église, elle participera à la fondation de Vie-Amour, mouvement auquel elle a consacré tant d’heures et d’énergie, et qui lui tiendra à cœur jusqu’à la fin de sa vie.  Elle coopère également au mouvement Teen Star

En 1981, les Sœurs du couvent Notre-Dame-de-la-Merci, à Aylmer, l’accueillent comme infirmière responsable auprès des Sœurs retraitées.  Elle préconise  « vie active »  pour toutes les Sœurs de la maison.  Consciente de l’importance de l’oraison, elle regroupe des Sœurs âgées qui viennent prier et méditer avec elle.

En fidélité à la mission éducative de notre Congrégation, elle sent une invitation à vivre Humanae Vitae, à acquérir la science nécessaire pour donner aux couples et aux jeunes l’enseignement qui les ferait opter pour une vie de qualité.  Les témoignages reçus de personnes qu’elle a accompagnées, montrent à quel point son aide leur a donné un regain de vie et de bonheur.  Quelques-unes s’expriment : « Tu es un don unique de  l’amour de Dieu.  […] Ton cœur compatissant sait soulager bien des souffrances.  …Tu regardes les signes des temps pour mieux découvrir Jésus et servir tes frères et sœurs ».  Un couple, parents de six enfants, exprime sa reconnaissance : « Soeur Jeannine a été la seule personne, dans notre parcours, à nous partager les trésors de l’Église.  Elle nous a partagé, avec une grande compétence et avec une habile pédagogie, les aspects physiques, psychologiques et spirituels de la fécondité humaine.  Sans elle, nous serions peut-être passés à côté de ce qui nous a rendus le plus heureux dans la vie. » 

À travers tous ces engagements, elle continue de se donner aux œuvres de la communauté, comme infirmière auprès de nos Sœurs retraitées et aussi des prêtres retraités de l’Accueil Élisabeth-Bruyère à Hull, au projet d’évaluation des soins des infirmeries de la Congrégation, à la rédaction de nécrologies, etc.  Elle apporte également son aide précieuse à la Pastorale familiale de la paroisse Saint-Lazare, à Cap-de-la-Madeleine.

Comme tous ceux qui ont à braver la force des préjugés, Soeur Jeannine a connu la contradiction.  Il faut avouer qu’il n’était pas toujours facile de bien saisir ses options qui étaient parfois bien dérangeantes.  Mais si elle exige beaucoup des autres, elle exige davantage d’elle-même.  Soutenue par la prière et par une foi à toute épreuve, elle avoue n’avoir jamais eu peur : « Jésus ne m’a jamais manqué.  Jésus, soleil de ma vie,  est là, même derrière les plus noirs nuages. »  Courageuse et persévérante, Soeur Jeannine va jusqu’au bout et voit son travail couronné de succès puisque plusieurs ramifications du mouvement Service Vie-Amour s’implantent un peu partout aujourd’hui. 

Nous sommes en 2009.  Depuis plus d’un an, un cancer qui avait ralenti ses activités en 1992, et qu’elle avait accepté comme un « cadeau » de Dieu, refait surface.  Soeur Jeannine accueille cette épreuve avec la grandeur d’âme qu’on lui connaît.  Hélas, cette fois, ses forces physiques n’ont pu vaincre la maladie.  Notre chère Soeur nous quitte dans l’abandon et la sérénité, le 30 octobre 2009. 

Merci, Soeur Jeannine, pour l’exemple de service, de courage et de foi que vous nous avez laissé!


 J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat,
j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi.         ( 2 Tm 4,7)

 

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