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Élisabeth Bruyère

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Élisabeth Bruyère

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Echos du Centre de la cause d'Élisabeth Bruyère

Chères lectrices, chers lecteurs,

Lors de la canonisation de Saint Frère André, csc, le 17 octobre 2010, grâce aux reportages médiatiques, nous revivions en images et commentaires, les derniers moments de sa maladie, de sa mort et de ses obsèques. Les fidèles n’avaient pas oublié cet homme de chez nous, modèle de prière et de charité, et grand ami de Saint Joseph.

Récemment, c’est l’univers qui s’est réjoui à la nouvelle de la béatification prochaine de Jean Paul II, pape de notre temps et probablement le seul que toute une génération a connu. Qui n’a pas été rivé à son téléviseur pour s’unir aux foules émues et recueillies sur la place Saint Pierre pour être témoins des derniers moments de sa vie terrestre et participer à ses obsèques!

Mère Élisabeth Bruyère n’a pas échappé non plus à ces marques d’affection de la part de ceux et de celles qui l’ont connue, ont vécu avec elle, ont bénéficié de sa grande charité et compassion. Le volume 30 de ÉCHOS veut nous présenter, débutant avec le présent numéro, des faits émouvants entourant sa dernière maladie, sa mort et ses obsèques ainsi que les témoignages d’attachement des fidèles pour cette femme renommée pour son ouverture envers les personnes de toutes races, cultures et religions.

Le cheminement vers la sainteté est ouvert à tous et toutes: l’humble portier, le grand pape, la courageuse fondatrice nous y encouragent. Prions pour le progrès de la Cause de Mère Bruyère et le bonheur de l’invoquer bientôt comme la Bienheureuse de chez nous.

BON CHEMINEMENT AVEC MÈRE BRUYÈRE!

L’équipe du Centre de la Cause

Centre de la Cause d’Élisabeth Bruyère
9 rue Bruyère                                                
OTTAWA ON K1N 5C9  
                              

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Croqué sur le vifCroqué sur le vif   

La caméra cachée continue de nous révéler
le côté vraiment humain de Mère Bruyère

Religion et controverse

Mère Bruyère a toujours fait preuve d’un esprit oecuménique en dépit de la pensée de son temps. Elle admet des malades de toutes religions dans son hôpital, et reçoit des petites protestantes au pensionnat. Elle reçoit le ministre anglican qui vient “parler de son excellente religion à des patientes”. Mais sa perception des choses ne fait pas l’affaire de tous.

À la fin du mois d’août 1860, elle et sa compagne Soeur Marie-de-la-Nativité s’embarquent pour la France. Le voyage a pour but l’étude d’un projet d’affiliation des Soeurs d’Ottawa avec la congrégation des Soeurs de la Ste-Famille de Bordeaux. Mais la traversée de dix jours lui réservera des rencontre plus ou moins agréables.

Le bateau
Mère Bruyère, dans son Journal de voyage, rapporte une conversation qu’elle a eue avec une vieille anglicane très instruite qui lui parla de Fénelon et de Bossuet. De son côté elle l’entretint de Faber, qui avait été reçu dans le catholicisme peu de temps après Newman et qui vivait encore.

“Oh! ne m’en parlez pas, dit la dame, je n’aime pas ces hommes.” - “Mais, lui dis-je, s’il est converti, il ne cesse pas d’être un grand homme, même aux yeux des protestants.[...] Avouez que vous nous donnez du bon”.

De son côté, Sr Marie-de-la-Nativité, dans son Journal de voyage, raconte un fait survenu le 2 septembre 1861:

Il y avait à bord deux ministres. L’un d’entre eux chercha la controverse. Comme il invoquait l’autorité de saint Augustin, Mère Bruyère lui fit remarquer, en riant, qu’elle était surprise de le voir recourir si souvent aux saints de l’Église catholique. Il n’en fallait pas moins pour qu’il fasse remonter les origines de la Réforme aux premiers siècles du christianisme, ce à quoi la supérieure lui répondit que si elle parlait plus facilement sa langue, elle n’aurait pas de peine à produire des preuves contre ses assertions. Elle lui signala que sa prédication aurait plus de chances de produire des résultats si elle s’adressait aux matelots plutôt qu’à deux religieuses catholiques et elle finit par lui dire carrément que ces discussions leur déplaisaient, que pour leur part elles n’importunaient personne et qu’elles souhaitaient qu’on les laisse tranquilles. Sur ce, la conversation s’orienta sur des sujets banals et se termina paisiblement.

Elle n’avait pas froid aux yeux, notre Mère !

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Mère Bruyère raconte ... 
Mère Bruyère raconte...

 

 

La dernière étape

Au moment du décès d’une personne aimée, ses intimes, ses proches s’intéressent aux circonstances de la mort, à l’évolution de la dernière maladie. À l’occasion du 135e anniversaire de la mort de Mère Élisabeth Bruyère le 5 avril prochain, nous présentons des faits aussi émouvants qu’édifiants survenus au cours des derniers mois de vie de sa vie. Ces extraits sont tirés de la biographie Elisabeth Bruyère, Fondatrice des Soeurs de la Charité d’Ottawa, par Émilien Lamirande.

Le 5 avril 1876, Mère Bruyère venait à peine d’avoir cinquante-huit ans. La mort, elle l’avait déjà apprivoisée, étant passée par de multiples maladies et s’étant souvent demandé s’il ne lui serait pas plus avantageux de quitter sans plus tarder ce monde. Elle avait vécu pleinement mais, malgré tout, à un rythme plus lent que celui d’aujourd’hui. Elle avait l’impression d’avoir vécu longtemps, d’avoir rempli la mission qu’on lui avait confiée et, comme elle n’appréhendait ni le jugement ni la rencontre de son Dieu, elle ne pouvait qu’acquiescer à l’idée que son heure était venue.

L’EXPÉRIENCE DE LA MALADIE

À deux reprises, avant d’entrer chez les Soeurs Grises puis en 1847, Mère Bruyère avait contracté une grave maladie dont la nature exacte nous échappe. Avec les années, elle sera de plus en plus exposée à toutes sortes de maux. Elle fait des séjours répétés et prolongés à l’infirmerie et l’insomnie perturbe régulièrement ses nuits.

La supérieure ne se plaint pas, mais ne cache pas non plus ses malaises. Elle recourt sans grand succès à la médecine de l’époque.

En 1856, on craint une attaque de paralysie et Mère Bruyère reconnaît que son régime de vie y est pour quelque chose :

“Ce sera le manque d’exercice qui en sera la cause, écrit-elle le 13 juillet à sa cousine Julie Dulong; priez pour que je me convertisse, car on trouve que je suis un peu trop sédentaire, on voudrait que je marchasse plus que je ne le fais.”

En 1859, elle est confinée pendant plus d’un mois dans une chambre noire, souffrant d’un mal d’yeux qui l’empêchera assez longtemps de lire et d’écrire le soir et la contraindra à tricoter. À l’été de 1860, on craint un cancer.

Les dernières années de Mère Bruyère ont été particulièrement éprouvantes. On dirait que tous les maux tombent sur elle: inflammation du foie, jaunisse, commencement d’érésipèle, inflammation du cerveau, douleurs aux jambes, fluxion de poitrine, inflammation de poumon, palpitations, tumeur au sein gauche, sans parler de fréquentes insomnies, tout cela d’après le diagnostic des médecins. Quoi qu’on puisse penser de leur science, on ne peut contester ni la fréquence ni la variété des affections qui affligent la supérieure.

Mère Bruyère maladeL’année 1873 a été particulièrement mauvaise pour Mère Bruyère. On craint, à l’automne, que la tumeur qu’elle a au sein puisse lui être fatale, mais elle paraît bientôt se résorber. Quand elle adresse à ses filles sa circulaire de fin d’année, la supérieure se présente ainsi :

“Une Mère qui croyait n’avoir plus que les derniers adieux à vous adresser avec ses dernières recommandations.”

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LA PENSÉE DE LA MORT

Mère Bruyère n’a pourtant jamais été obsédée par la mort même si la pensée lui en était depuis toujours familière. En 1871, elle confie à son amie Mère Catherine-Aurélie :

“On ne s’accoutume pas à la pensée de la mort. Cependant le Bon Dieu me fait la grâce de ne pas en être effrayée.”

Mère Bruyère à son pupitreLors de la retraite de 1871, elle s’était arrêtée à ce sujet dans un de ses entretiens :

“Une religieuse doit toujours être prête à mourir et c’est ce qui l’empêche de se laisser abattre comme les personnes du monde. Nos élèves protestantes lorsque nous avons eu des épidémies venaient admirer notre courage et nous trouvaient heureuses de ne pas avoir peur de la mort. Pourtant la pensée de la mort donne toujours un certain effroi, mais si vous faites votre retraite sérieusement, si celles qui sont saintes se sanctifient davantage, si celles qui sont imparfaites se corrigent, vous la verrez approcher sans crainte; n’est-on pas heureuse de voir nos soeurs si calmes, si résignées, si bien préparées à leur mort?”

Mère Bruyère n’est pas moins sensible au départ de ses filles et y trouve pour elle-même et les autres un appel à la vigilance :

“La mort, écrit-elle en 1874, cette impitoyable mort qui n’épargne personne, a pesé sur nous cette année plus que je ne puis dire. Quoi qu’il en soit, adorons la main de Dieu qui ne s’appesantit sur nous que pour nous avertir de nous tenir toujours prêtes.”

Mère Bruyère se déclare parfois indifférente devant la vie ou la mort; ainsi dans une lettre à sa cousine en 1858 :

“Pour moi, une vie longue ou courte est la même chose; la mort ne saurait nuire à mon commerce. Je crois plutôt que ce serait un bonheur de mourir avant que je sois trop endettée à la justice divine”.

Ce n’est cependant pas cette dernière idée qui domine chez elle mais celle de l’acceptation de la volonté divine, comme elle s’en explique à Soeur Phelan en 1865 :

“Je suis soumise à tout ce que le bon Dieu voudra, la vie ou la mort me sont égales. Cependant, si en vivant longtemps je dois mériter quelques degrés d’amour de plus dans le ciel, je suis résignée à souffrir tant que le monde durera si c’est nécessaire, mais si le bon Dieu voulait m’appeler à lui bientôt, je ne voudrais pas faire quoi que ce soit pour retarder mon arrêt, je m’estimerais trop heureuse d’aller voir le bien-aimé Sauveur des âmes...”


“Je suis soumise à tout
ce que le bon Dieu voudra”

On retrouve la même affirmation en 1869 à la même personne :

“Pourtant, je ne crains pas la mort; s’il plaisait à Dieu de couper le fil de mes jours, je regarderais la mort comme un gain. Mais je ne veux pas céder au désir de la demander, ce serait trop imparfait.”

En femme qui a assisté des mourants, Mère Bruyère est consciente de ce que la mort a de pénible et elle n’accorde pas à la souffrance de valeur en soi. Elle espère, en songeant au terme du passage, que le jour de sa mort sera “le plus doux” ou “le plus beau” de sa vie, mais elle ne s’attend pas nécessairement à une expérience exaltante. Elle sait qu’il n’est pas donné, même aux plus grands saints, “de mourir dans un transport d’amour ou ravis en extase”.

LES DERNIERS MOIS

Au début d’août 1875 se déclarait la maladie qui devait emporter Mère Bruyère et on commença dès lors à éprouver de vives inquiétudes. Le mal s’aggravant, les Drs Hill, Grant et Beaubien tiennent une consultation, diagnostiquent chez Mère Bruyère une maladie de coeur (hypertrophie ou hydropisie) et jugent que “sa constitution est ruinée, qu’un rien la pourrait emporter.

(N.D.L.R. : pour ce qui concerne la dernière maladie et le décès de Mère Bruyère, nous utilisons les notes prises au jour le jour durant cette période par Sr Lefebvre et qui ont été insérées dans les chroniques de la Maison mère. De nombreuses lettres complètent cette documentation).

La journée du 6 septembre fut mauvaise et le Dr Taché pense le temps venu de lui faire administrer les derniers sacrements. C’est à ce moment qu’on alerte les maisons en dehors d’Ottawa et qu’on requiert de diverses sources, notamment des évêques qui avaient été en rapport avec la supérieure, des prières pour sa guérison. Les soeurs entreprennent neuvaine sur neuvaine et multiplient sacrifices et mortifications. On ne demande pas moins qu’un miracle puisque le mal paraît incurable et le danger imminent.

Le 7 octobre, nouvelle alerte. C’est à cette occasion que Mère Bruyère adressa ces mots à ses filles :

“Mes chères enfants la mort est désagréable à cause des apanages qui l’accompagnent mais elle a aussi ses consolations... Soyez humbles, obéissantes charitables et respectueuses envers vos supérieures. Ah! soyez charitables surtout, vous aimant les unes les autres et rendez service au prochain pour l’amour de Dieu. Éloignez de vous l’esprit de jalousie, d’envie et les rapports. Le bon Dieu n’abandonnera pas la communauté si vous êtes humbles, charitables et obéissantes, si vous travaillez à vous dépouiller vous-mêmes...”


“Soyez charitables
vous aimant les unes les autres”

Un nouveau répit se produisit, après quoi on constata des enflures qui firent croire que la maladie entrait dans sa dernière phase. La malade est résignée à toute éventualité :

Mère Bruyère entourée de ses Soeurs“Mes chères soeurs, dit-elle le 18 octobre, priez toujours avec confiance, je suis bien soumise à la volonté de Dieu; s’il veut me rendre la santé, je travaillerai encore, et s’il veut que je meure, ces prières ne seront pas perdues.”

En novembre, se sentant très mal, elle fit réunir les professes de la maison et commença par leur demander pardon :

“Au point où je suis rendue, nos soeurs, je sens que je ne puis durer longtemps. Je vous ai donc fait venir pour demander à toutes et à chacune en particulier de me pardonner la peine que j’ai pu vous faire. Je prie ma Soeur Assistante de charger une soeur de demander pardon pour moi aux soeurs des missions.”

Elle mentionne les compagnes de la première heure:

“Aimez bien vos soeurs anciennes, ces pauvres soeurs, elles ont beaucoup travaillé pour vous former, respectez-les, fermez les yeux sur les défauts que vous croyez apercevoir en elles.”

À leur tour, avant de quitter la malade, les soeurs lui demandèrent de leur pardonner. Elle répondit :

“Il est vrai que vous avez pu aussi me causer quelques peines comme j’ai pu moi aussi vous en faire, mais tout cela est oublié. Je n’ai pas le droit de vous bénir, mais Dieu sait que du fond de mon coeur je vous bénis toutes. [...] Priez beaucoup pour que je ne reste pas longtemps en purgatoire. Si j’ai le bonheur d’aller au ciel, nous nous rencontrerons toutes une jour, ce sera une belle fête.”

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LE DÉNOUEMENT

Mèere Bruyère est plus faibleÀ la fin de mars, Mère Bruyère est réduite à “la plus grande faiblesse, à un épuisement complet”. La fin est désormais toute proche. Le médecin conseille, le 27, de renouveler l’extrême-onction. Le P. Tabaret, qui vient visiter la mourante, la trouve parfaitement lucide. La supérieure s’inquiète de se voir si calme devant la mort et se remémore la fin de l’évêque qui l’avait fait souffrir, mais à qui elle était néanmoins toujours restée attachée:

Ce soir, a-t-on noté, notre bien-aimée Mère disait que si elle n’avait pas été témoin de la si parfaite tranquillité de Monseigneur Guigues à ses derniers moments qu’elle craindrait l’état de calme et de sécurité dans lequel elle se trouve, mais que cette douce réminiscence la rassurait.

Le lendemain le P. Tabaret s’adresse aux soeurs réunies à la chapelle. Il vaut la peine de conserver, telles qu’elles ont été consignées aux Chroniques par Soeur Lefebvre, ces paroles d’un homme qui avait été un des plus intimes confidents de Mère Bruyère:

“Notre bon Père Tabaret nous a dit que nous étions réunies pour assister à la dernière visite de Notre-Seigneur à notre Mère mourante. Nous devions voir, nous a-t-il dit, une dernière marque d’amour de prédilection de Notre-Seigneur envers une âme privilégiée, une âme qu’il s’était choisie pour opérer les oeuvres que, dans ses vues, notre congrégation doit remplir, une âme à laquelle il a fait de grandes grâces. Ah! quoiqu’on ait pu dire ou penser, elle vous aimait votre Mère, elle vous a aimées toutes, elle a aimé chacune de vous en particulier. Profitez donc de cette dernière visite à votre Mère pour unir l’offrande de tout votre être pour resserrer les liens de charité qui doivent vous unir les unes aux autres, vous pénétrer de plus en plus de son esprit et donner une nouvelle force à l’attachement que vous avez pour votre Congrégation”.

Après cette allocution, les soeurs, un cierge à la main, se dirigent processionnellement vers la chambre de la mourante. Suivait le P. Tabaret, portant le saint sacrement. Arrivé auprès d’elle, il lui dit en substance :

“Ma mère, voici vos filles qui viennent remercier le Seigneur des grâces qu’il vous a accordées, vous promettre qu’elles feront tout en elles pour aimer les devoirs que vous leur avez enseignés et ne faire toutes qu’un coeur et qu’une âme comme vous leur avez tant de fois recommandé. Continuez ma Mère à offrir vos souffrances pour la communauté, pour attirer sur les oeuvres de la Congrégation les bénédictions de Dieu.”

Les supérieures des maisons les plus rapprochées commencent à arriver. Aux quelques soeurs qui se trouvaient près d’elle, Mère Bruyère réussit à dire:

“Une plus grande mortification, une plus grande humilité; avec une grande bonne volonté, on peut faire beaucoup.”

Le 3 avril, on observe une rapide décomposition de la figure. Les souffrances sont violentes, mais la malade reste attentive à son entourage. À tout moment, elle jette un regard autour d’elle et dit : “Pauvres enfants”. Durant la journée du lendemain, elle semble absorbée et prononce souvent, de façon à peine audible, les mots : “Mon bon Jésus”. Le 5 au matin, entre 7 h 30 et 7 h 45, elle rendait le dernier soupir.

Mère Bruyère à ses derniers momentsL’émotion, jusque-là contenue, se donne libre cours. Soeur Lefebvre poursuit aux Chroniques :

“Les pleurs, les sanglots, voilà tout ce que l’on entendait partout dans la maison. Avec l’autorisation de l’évêque, quatre médecins procèdent à l’autopsie et prélèvent le coeur que l’on désirait conserver. La dépouille est déposée dans un pauvre cercueil couvert de tissu blanc et exposée, dès l’après-midi, dans la salle de communauté. Une foule considérable défile devant elle en lui faisant toucher des objets de piété.”

Le 6, l’évêque vient célébrer à la maison mère un premier service et laisse la communauté sur ces mots:

“Mes soeurs, je suis venu prier avec vous ce matin pour le repos de l’âme de celle que vous regrettez et vous donner par là une preuve de la vive sympathie que je porte à votre Congrégation. Oui, pleurez, il vous est permis de répandre des larmes sur la perte de celle qui vous a reçues dans la communauté, pleurez celle qui par sa persévérance et son esprit de sacrifice a assuré l’avenir de votre congrégation. Priez aussi, afin que si elle ne possède pas encore le bonheur de la gloire céleste, elle en jouisse bientôt.”

Le 7 eurent lieu les funérailles. On avait respecté les usages de la communauté quant à la bière mais, pour le reste, Mgr Duhamel avait donné l’ordre de ne rien épargner puisqu’il s’agissait d’un “hommage public de respect” que le diocèse voulait rendre à la défunte, dont on disait parmi les citoyens :

“La Mère Bruyère a été la mère de toute la ville d’Ottawa tant elle a fait du bien.”


“La Mère Bruyère a été la mère de
toute la ville d’Ottawa tant elle a fait du bien.”


Le corps fut déposé dans le caveau de la cathédrale.

L’expression des regrets se mêla à la manifestation d’une grande admiration pour la chère disparue. Soeur Curran, en mission dans l’Ouest à la Rivière-Rouge, livre ce touchant message :

“Il est consolant de penser que notre à jamais regrettée Mère était depuis longtemps mûre pour le ciel puisque jouissant de la récompense d’une vie si pleine, Elle continuera à veiller sur la Communauté qu’elle laisse tout imprégnée de son esprit qui était vraiment celui du Bon Dieu.”

Ajoutons, au sujet de la disparue, ces paroles du P. Tabaret, supérieur du Collège (Université) d’Ottawa, notées dans la nécrologie :

“Dans sa maladie, j’ai admiré la sublimité de son humilité, de son obéissance. Des vertus aussi parfaites ne peuvent que lui assurer l’entrée immédiate au ciel. Aussi, lorsque dans son agonie je récitai les prières du Rituel, il me répugnait de prier pour elle; je me sentais plutôt disposé à l’invoquer. Vivez donc, mes soeurs, du souvenir de ses vertus; consolez-vous dans la pensée qu’elle continuera au ciel d’exercer sa charité à votre égard, vous qu’elle aimait si tendrement.”

Feuilles de lierre

Une des phrases précédentes nous laisse sur une note débordante de consolation, d’espérance :

“Avec l’autorisation de l’évêque, quatre médecins procèdent à l’autopsie et prélèvent le coeur que l’on désirait conserver.”

Un tel geste, pour le moins surprenant de nos jours, démontre la considération incommensurable des Filles de Mère Bruyère pour leur Mère bien-aimée. Ce coeur hypertrophié, siège et symbole de l’amour, occupe toujours une place privilégiée dans notre Maison mère. Dans les numéros subséquents, Échos lèvera un voile sur certains faits qui ont suivi le décès de la Servante de Dieu Élisabeth Bruyère. Certains de ces faits sont tout près de nous.

Nous la pleurons parce que nous avons aimé sa présence, l'édification de ses vertus, sa douce et bienveillante conversation, son coeur tout généreux et tout maternel, son âme de vierge et de sainte; mais rien de tout cela ne nous est enlevé si ce n'est sa présence extérieure et sensible. Le souvenir de ses vertus nous reste pour nous servir de modèle; [...] son âme nous reste parce qu'elle est en Dieu, et là nous pouvons la rejoindre, l'entendre et lui parler".
                                             Mère Catherine-Aurélie-du-Précieux-Sang

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Le coin des jeunes
Mère Bruyère

Une nouvelle pénible

- C’est vrai, Soeur Thibodeau, que Mère Bruyère est très malade?

- Oui, le médecin a dit que son coeur est gravement malade. Elle doit même garder le lit.

- J’ai beaucoup de peine. Pensez-vous qu’elle va mourir? Ce serait bien triste de ne plus pouvoir parler avec elle. Elle est si bonne et je l’aime tant.

- Elle nous gâtait aussi avec ses histoires, ses biscuits, même des belles pommes!

- Hélas, elle a très peu de chance de guérir. Mais elle est très courageuse. Bien des fois, elle a été malade et le médecin a toujours réussi à la soigner.

- Est-ce qu’elle a peur de mourir?

- Non, mais elle a du chagrin de nous laisser dans la peine.

- Je ne pourrai jamais l’oublier. Je vais trouver mes camarades et nous allons prier ensemble pour elle.

 

Mère Bruyère a gagné le coeur de tous les enfants qu’elle rencontrait. Voici l’image de quelques unes de ses amies. Cherche les 8 différences entre ces 2 dessins remplis de beaux souvenirs.

Cherche les 8 différences

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CourrierOn nous écrit ...

Merci à vous chère Mère Bruyère!

“Il y a dix ans, j’ai subi des tests cliniques à la suite de perte de mémoire et à cette époque, on a diagnostiqué un début d’Alzheimer. J’ai de nouveau subi des examens annuels pendant dix ans et chaque année, j’ai visité votre chapelle et demandé à Mère Bruyère que ma situation n’empire pas. L’année dernière, on a cessé de me prescrire les médicaments contre l’Alheimer et on m’a affirmé que je n’avais plus besoin d’être suivie sauf si je présentais des signes de progrès de la maladie. De fait, j’étais demeurée dans le même état que lors de ma première visite. Chaque jour, je remercie Mère Bruyère pour sa bonté envers moi et mes amis” (S.);

“Je vous envoie un mandat-poste pour une messe afin de remercier Mère Bruyère de toutes les faveurs qu’elle m’a accordées pendant l’année 2010" (R.);

“Vous trouverez ci-joint un don que j’avais promis en comptant sur l’aide de Mère Bruyère pour la vente de ma maison”. (F.)

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“Cris du coeur” vers Mère Bruyère!

(Chaque soir, les religieuses font cette neuvaine perpétuelle aux intentions des personnes qui se recommandent à leurs prières).

Prière

Père de toute bonté
tu nous as donné
en Mère Élisabeth Bruyère
un coeur attentif à tous les besoins,
une âme ouverte à toutes les souffrances.

Confiant(e)s en sa puissante intercession,
nous osons te présenter par elle
nos intentions les plus intimes (...)

et les demandes de toutes les personnes
qui se confient à son coeur de Mère (...).

Au nom de ton Fils Jésus
daigne, nous t’en supplions,
exaucer nos humbles prières
et accorder à l’Église
la grâce de la Béatification
de ta fidèle servante Élisabeth Bruyère.

Amen.

Bien chère Mère Bruyère, accorde-moi la conversion que je te demande (B.);

Prends sous ta protection cet enfant dont le père est violent et la mère déficiente (N.);

Je te prie pour ma fille afin que son kyste ne soit pas cancéreux (J.); prie pour mon mari et moi qui devenons faibles et âgés, et pour nos enfants qui souffrent dans leur corps (G.);

Je te recommande ma belle-soeur atteinte de leucémie et mon petit-fils qui est suicidaire (S.);

Intercède pour E., 33 ans, atteint de cancer au poumon (R.); guéris V. qui souffre d’épilepsie (R.);

Je te supplie de m’accorder la vente rapide de ma maison (S.); s.v.p. j’ai besoin d’aide afin de vendre ma maison (J.); chère Mère Bruyère, viens en aide à mon fils qui veut s’acheter un abattoir;

Mère Élisabeth, je viens mettre entre tes mains A. dont le cancer du rein se généralise. Accorde-lui la guérison complète (M.);

Prends soin de mon épouse qui souffre de pertes de la mémoire (J.-G.);

Je te confie tous les membres de ma famille (C.); je te demande la bonne entente dans ma famille (A.);

Intercède pour moi afin que j’aie la lumière, le courage et la force de prendre la bonne décision dont dépend mon bonheur (S.);

Veille sur le petit X., 1 an et demi, qui fait une infection à la bouche (R.); viens à mon secours afin que mon taux de glycémie diminue (A.);

Mère Bruyère, pense à moi : je dois être opérée pour un cancer sous la paupière (G.);

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Témoignages de foi et souhaits d’espérance...

“C’est un plaisir pour moi de vous dire que Mère Bruyère a exaucé ma petite-fille. On lui avait dit qu’elle avait manqué son année scolaire et durant les Fêtes on l’a avisée que non. Je suis comblée par mes petites-filles, elles ont étudié toutes dans le domaine de la santé et je sais que Mère Bruyère va continuer de les surveiller” (G.);

“Je suis toujours heureuse de recevoir Échos et de remercier avec ceux qui ont obtenu des grâces” (S.);

“Je suis heureuse d’être en union de prière avec vous. Nous remercions de tout coeur notre Mère Élisabeth Bruyère pour son soutien à toute notre famille et son intercession” (M.);

“Mère Bruyère est une amie très spéciale pour moi. Bien des fois, j’ai prié et fait prier pour des amis qui cherchaient un emploi ou désiraient vendre des maisons et des chalets et chaque fois, elle a répondu à mes demandes.” (S.);

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Prière pour demander
la béatification d’Élisabeth Bruyère

Dieu de miséricorde,
tu as appelé Élisabeth Bruyère
à vivre un engagement social et religieux
au coeur d’une population naissante.

Comme Jésus, Élisabeth a aimé, écouté,
enseigné, soigné, souffert, et pleuré;
elle a prié. Elle a passé en faisant le bien.

Aujourd’hui, considérant sa foi vivante,
son courage invincible,
son admirable compassion,
nous te demandons, Dieu notre Père,
d’accorder à l’Église, si telle est ta volonté,
la grâce de la béatification de
ta fidèle Servante, Élisabeth Bruyère.

Amen.


Échos du Centre de la Cause
d’Élisabeth Bruyère

bulletin distribué gracieusement

Buts : révéler la vie de la Servante de Dieu Élisabeth Bruyère, son oeuvre, sa réputation de sainteté en vue de susciter la confiance en sa puissance d’intercession;

promouvoir sa canonisation par l’obtention d’un miracle attribuable à son intercession.

Avantages spirituels auxquels participent les Amie(e)s de Mère Bruyère :

* Chaque mois, une Eucharistie est célébrée à leurs intentions en la chapelle de la Maison mère.

* Chaque soir, les religieuses présentent aux Seigneur leurs plus chères intentions par l’intercession de Mère Bruyère.

Personnel du Centre

Sr Huguette Bordeleau, SCO, directrice

Collaborateur et Collaboratrices :
     M. l’abbé André Fortin
     Sr Hélène Roch, SCO
     Sr Pauline Beauchesne, SCO

Conception graphique et mise en page :
     Michel Mailhot

Téléphone :   613-241-2710
Télécopieur : 613-241-5509
Courriel :        centreceb@scogen.org
Site Internet : www.soeursdelachariteottawa.com

Imprimerie DLR International

N.B. Veuillez, S.V.P., nous faire part de tout changement d’adresse afin de tenir à jour notre liste d’envois. Merci!

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ISSN 1201-4109
Dépôt légal : Vol. 30 no 1 - 2011
Bibliothèque nationale du Canada

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Mise à jour le 31-03-2011
© Soeurs de la Charité d'Ottawa