| Croqué sur le vif | Mère Bruyère raconte | Hommage à Soeur Claire | Cent ans, ça se fête! |
| Coin des jeunes | Merci | Cris du coeur | Témoignages |
Échos du Centre de la Cause
d’Élisabeth Bruyère
Chères lectrices, chers lecteurs,
À l 'heure où la question de manque de médecins et d'urgences bondées fait la manchette des mass media, le volume 29 du bulletin Échos met l'accent sur l'intégration de la Servante de Dieu Élisabeth Bruyère dans le domaine hospitalier. Le numéro de mars dernier mettait en évidence l'intrépidité des nouvelles arrivantes à Bytownface aux nombreux malades du milieu, puis leur héroïsme lors de l'épidémie du typhus en 1847. Dans l'issue de juin, nous assistions à la construction de l 'Hôpital Général de 1866, à coups de deniers empruntés, quêtés ou gagnés par toutes sortes d'industries. Une fois de plus, les Soeurs durent plonger dans les affres de la maladie contagieuse quand la variole éclata dans la cité en 1871.
Une mère aussi compatissante envers les malades du dehors ne pouvait demeurer insensible à la souffrance de ses propres Soeurs. La parution actuelle viendra nous révéler combien, grâce à sa perspicacité, elle pourra déceler l'état de santé de chacune et appliquer au besoin le remède adéquat. Notre siècle n'a pas inventé la méthode préventive: Mère Bruyère l'a pratiquée bien avant nous.
Ouverts à l'émerveillement, ainsi nous apparaissent les yeux de Mère Bruyère sous la rubrique "Croqué sur le vif'. Plus loin, des hommages s'adressent à deux personnes qui ont largement investi dans la Cause de Mère Bruyère.
Enfin, demandes de prières, récits de faveurs obtenues et témoignages touchants forment une volumineuse brochette qui nous invite à resserrer nos liens pour prier ensemble et obtenir du ciel la Béatification de celle en qui nous mettons toute notre confiance.
Joyeux Noël et Sainte Année à Tous!
Le personnel du Centre
Centre de la Cause d’Élisabeth Bruyère
9 rue Bruyère
OTTAWA ON K1N 5C9
Croqué sur le vif
La caméra cachée continue de nous révéler le côté vraiment humain de Mère Bruyère.
Le regard émerveillé de Mère Bruyère
Avez-vous déjà essayé de vous imaginer le regard de Mère Bruyère? Sa première biographe, Soeur St-Charles, affirme: "ses yeux sont gris et grands". Voilà des caractéristiques bien matérielles. Mais ces yeux, que percevaient-ils, que cherchaient-ils à voir? Une lettre écrite à ses Soeurs d'Ottawa, lors d'un séjour à Cacouna en juillet 1858, nous montre son admiration pour la nature:
"Si vous voyiez comme c'est beau de voir monter la mer; les vagues nous apportent du varech et des coquilles en abondance, puis l'air est si bon. Nous voyons passer des voiliers, des steamers venant d'Angleterre ou y allant; quelquefois le vent leur est contraire, alors ils louvoient. [ ... ] La mer ici n'est pas très large, mais les côtes sont si belles, l'air est si bon que la vue de ces paysages fait éprouver un charme inexprimable".
Lors de son séjour en Europe, en 1861, ses réflexions portent encore sur les beautés de la nature. À Soeur Shanly, elle décrit les abords d'une rivière:
"La rivière est bordée d'arbres qui se rejoignent au sommet. Entre les arbres, on y voit des rosiers qui ont douze et vingt pieds de hauteur sans compter bien d'autres fleurs qui y croissent toutes seules. Rien de si beau au printemps!"
À Ottawa, elle s'est intéressée à des plantations d'arbres fruitiers ou d'ornementation, à la production des couches chaudes, du potager, des fleurs du jardin. Elle s'est elle-même occupée de plantes d'intérieur. Ces mots adressés à Soeur Rocque en 1863, nous révèlent qu'elle voit au-delà de la beauté:
"Beaucoup de bonnes pensées naissent naturellement de la culture des plantes. Mais que de personnes n'y font nulle attention! Je les plains car elles perdent l'occasion de connaître et d'aimer le Créateur de toutes choses. Rien ne me pénètre plus de la grandeur et de la sagesse de Dieu que la vue d'une feuille, d'une fleur, d'une plante".
Ce regard perspicace, qui sait dégager la beauté de chaque être, exerce cette même puissance sur un plan bien supérieur, celui de la vie spirituelle. Avant son départ pour la France en 1861, après tant d'années passées avec ses Filles, elle leur recommande:
"S'il m'était permis de publier ce que j'ai vu sur ce que le bon Dieu peut opérer dans une âme de bonne volonté, je vous persuaderais de suite à embrasser les petits moyens que je vous ai indiqués pour obtenir le don de la prière. Que les curieuses qui tiennent à connaître ces secrets travaillent plutôt pour mériter de les connaître par leur propre expérience: ce sera plus profitable à tout le monde".
Le regard de Mère Bruyère percevait l'invisible ...
![]()
Mère Bruyère raconte...
SOLLICITUDE POUR LES SOEURS MALADES
Dès son arrivée à Bytown, Mère Bruyère a engagé toutes ses énergies au soulagement des malades à domicile comme dans l'hôpital qu'elle mit sur pied. Cependant, en raison du surcroît de travail, du mauvais habillement, de la nourriture frugale et du contact continuel avec les contagieux, les Soeurs comptèrent bientôt parmi les malades à secourir. Voyons comment Mère Bruyère a déployé un zèle incontestable à leur égard.
NOMBREUSES MALADIES
Les lettres de Mère Bruyère témoignent des problèmes de santé qui accablent nos Soeurs de Bytown. Accidents, maladies chroniques, maladies contagieuses, maux passagers troublent à tour de rôle les vaillantes ouvrières. Dès le 25 mars 1845, Mère Bruyère raconte à Mère McMullen :
"Ma Soeur St-Patrice est tombée hier soir sur le côté, avec une brassée de bois; elle s'est donné un rude coup. Nous l'avons frottée avec du liniment et lui avons donné deux doses de sel, car la première ne lui a rien fait. Nous l'avons veillée, mais au moment oùje vous écris, il est midi, elle se trouve beaucoup mieux. De plus, ma Soeur Thibodeau se sent attaquée de rhumatisme inflammatoire qu'elle a déjà eu; nous l'avons fait transpirer, et j'espère que cela n'aura point de suite ".
Les inquiétudes continuent. En 1846, parlant de Soeur St-Joseph, elle écrit:
"La malade décline tous les jours, elle crache le sang, souffre des douleurs dans les poumons et dans le dos, et à moins d'un miracle, cette bonne Soeur n'en reviendra pas".
Parfois même, plusieurs Soeurs sont malades à la fois, comme en témoigne ce passage noté en 1851 :
"Dans ce moment, le noviciat sert d'infirmerie à mes Soeurs St-Joseph, Ste-Thérèse, Xavier, Lavoie et McPhail. Cette dernière est bien malade, elle a de gros clous sur le cou, elle a aussi mal à la tête et elle vomit tout ce qu'elle prend; nous espérons qu'elle sera mieux quand elle aura été bien purgée, mais c'est une maladie qui la tient depuis longtemps et la tiendra encore bien du temps. Veuillez en avertir ses parents avec ménagement ".
Dans cette communauté à peine fondée, la mort vient faucher des jeunes Soeurs. Le 19 décembre 1849, on peut lire dans une lettre adressé à Mère McMullen :
"En arrivant ici, j'ai trouvé ma Soeur Dubé bien souffrante, mais c'est son état habituel depuis longtemps. Je pense qu'elle peut durer encore deux ou trois mois. Nous veillons tous les soirs chacune à notre tour, c'est-à-dire celles qui en sont capables, car il y en a toujours un bon nombre à l'infirmerie; en ce moment, ce sont mes Soeurs Rivet, Phelan, Lavoie et Gravel".
(Notons que Soeur Léocadie Dubé, après avoir fait profession le 21 juin 1848, est décédée suite à la tuberculose le 2 juillet 1850)
ÉPUISEMENT DES SOEURS
Il n'est point surprenant que la santé des Soeurs soit minée. La maladie des unes occasionne la surcharge des autres. Au 2 décembre 1851, Mère Bruyère raconte à Mère Coutlée :
"Ici, il Y a tous les jours sept et huit Soeurs à l'infirmerie. Nous sommes tellement rendues que Sr St-Joseph est obligée de faire la cuisine avec une jeune Soeur qui ne sy entend guère. Aujourd'hui, c'est une postulante qui remplace Sr St-Joseph à la cuisine; il est difficile pour elle d 'y demeurer avec sa maladie des poumons. Sr Ste-Croix est la dernière entrée à l'infirmerie; elle y est depuis samedi pour un point près de l'épaule qui la fait bien souffrir; enfin, toutes nos plus fortes et nos plus capables sont arrêtées sans compter Sr Rodriguez qui garde le lit".
Plus tard, le 27 septembre 1854, elle expose sa situation à Mère Marie-Augustin des Soeurs de Notre-Dame-de-la-Croix, en France:
"Nous avons chaque année plus de trois cents enfants à instruire, un Hôpital à desservir, en outre, les pauvres et les malades de la ville que nous allons assister à domicile. Cependant, malgré tant d'occupations, des besoins si multipliés, nous ne sommes que vingt-quatre Soeurs, tandis qu'il y aurait de quoi en occuper quarante et plus; aussi nos Soeurs, malgré la faible santé de plusieurs, sont comme obligées de se surcharger de travail".
PRÉVENTION:
VÊTEMENTS APPROPRIÉSDevant toutes ces attaques du mal, Mère Bruyère ne se laisse pas écraser par la défaite., Elle aura recours aux méthodes de prévention. Ecoutons ses recommandations aux Soeurs lors de la retraite de 1871 :
"Porter la flanelle de bonne heure l'automne et l'ôter tard le printemps. Dès les premiers froids, il faut être prudente. [ ... } Les Supérieures doivent veiller sur ce point, car les Soeurs peuvent porter atteinte à leur santé, elles s'exposeraient à prendre des rhumes qu'il serait difficile de guérir. Des imprudences de cette sorte occasionnent quelquefois de graves maladies ".
"Il faut aussi soigner les rhumes ou toute autre maladie qui commence, car si on la néglige, elle devient plus grave et parfois dangereuse. Il faut que dans les missions on se soigne un peu plus ".
Une semblable recommandation s'adresse à Sr Phelan, à la veille du départ de Mère Bruyère pour la France en août 1861 :
"Je vous recommande spécialement les Soeurs de la classe Notre-Dame;faites en sorte qu'il y ait quelqu'un de fiable qui allume régulièrement les poêles longtemps avant le commencement des classes, et qu'elles aillent en voiture. Pour ne pas les exposer d'aller à pied, vous ferez bien de nommer John et de ne pas le déranger aux heures où il devra les mener ou ramener. Plusieurs de nos Soeurs ont déjà souffert d'avoir été à pied, et s'être mouillé les pieds. Sr Beaudoin et les autres se sont mouillées le printemps dernier et la première se ressent encore du rhume qu'elle a pris dans ce temps-là".
NOURRITURE APPROPRIÉE
Une autre façon de contrer la maladie, c'est de se nourrir convenablement. Les mêmes Recommandations de retraite en font mention :
"Les jeunes Soeurs ne mangent pas assez de viande; si elles ne l'aiment pas, qu'elles fassent cela par mortification, surtout le midi, c'est nécessaire à celles qui enseignent. [ . .] Il Y a des maisons où on ne fait pas de soupe, c'est un point de règle qu'il faut exécuter comme les autres, d'ailleurs cela est nécessaire à la santé des Soeurs, quoiqu'on ne l'aime pas naturellement".
Heureusement, les potagers fournissent des mets aussi abondants que savoureux à mettre sur la table. Aux Soeurs Rocque et Shanly, Mère Bruyère écrit en septembre 1865, à propos des cuisinières :
"Je leur recommande de donner des tomates, des aubergines et des légumes à tout le monde, et non pas qu'au bout de ma table comme il arrive quelques fois. Je présume qu'on va rire, et bien oui, riez des tomates et de tout ce que vous voudrez, pourvu que vous en mangiez, c'est ce qu'il me faut. Ici, nos Soeurs mangent des tomates crues avec poivre, sel et vinaigre, elles disent que c'est bon pour le foie, je crois qu'elles en mangent à tous les repas, ne sont-elles pas admirables? "
Par la même occasion, Mère Bruyère ordonne de supprimer du réfectoire de la Maison mère les flacons de vinaigre ou de marinades tant qu'une religieuse qui en fait abus ne sera pas guérie. Parmi les médicaments, celui dont on fait le plus souvent usage est le sulfate de magnésium : "prendre la médecine" signifie en absorber une bonne dose, ce que certaines, à commencer par Mère Bruyère elle-même, s'infligent régulièrement. Le vin et le brandy sont encore classés parmi les toniques, avec les consommés, le thé de boeuf ou diverses tisanes.
Pour ce qui est des Soeurs qui oeuvrent auprès des malades, des précautions s'imposent. Elle en fait la recommandation à Mère Phelan avant son départ pour la France :
"Donnez du vin, des galettes ou autre chose aux Soeurs de l 'Hôpital, pour prendre le matin, quand elles ont des malades dégoûtants à soigner".
Ces mêmes conseils valent pour les Soeurs séquestrées dans une petite bâtisse extérieure, en service auprès des contagieux de la "picote". C'est le coeur d'une Mère qui parle à ses filles exposées à la maladie:
"Dévouez-vous, mais soyez prudentes. Que le travail pénible ne retombe pas sur une seule, ce qui arriverait si quelqu'une d'entre vous se recherchait. N'aspirez pas l 'haleine des malades, le moins possible. Prenez du vin deux ou trois fois par jour. Faites-en demander quand vous en manquez, chacune une pomme au dessert. Vous avez besoin de cela. Nourrissez-vous bien pour conserver vos forces. [ ... ] Recommandez à ceux qui vont chercher vos repas de ne pas entrer dans la cuisine mais de rester à la porte. Nourrissez bien vos malades. Ayez des petites douceurs. Demandez-en".
REPOS
Une autre méthode préventive, introuvable à l'épicerie ou sur les tablettes de pharmacie, s'impose à qui veut écarter la maladie. Il s'agit du repos. Le 30 juillet 1862, elle le recommande spécifiquement à Soeur Ste-Marie:
"Je vous supplie de ne pas vous fatiguer pendant la vacance; profitez-en pour dormir longtemps, mangez souvent et travaillez peu. Vous n'êtes pas bien gênée, servez-vous de cette qualité non pour mal faire, mais pour prendre le repos qu'on pourrait oublier de vous donner".
La santé de ses Soeurs malades fut toujours un de ses premiers soucis. Ses lettres regorgent d'allusion à des moyens de guérison. Mère Bruyère, au cours des premières années, avait autorisé des religieuses à séjourner à la Maison mère de Montréal pour s'y reposer. En 1858, elle accompagne Soeur Thibodeau à Cacouna où les Soeurs de la Charité de Québec ont une maison. Les deux prennent des bains de mer et s'y trouvent bien. Plus tard, elle envoie de ses religieuses à Rivière-du-Loup, chez les Soeurs du Bon-Pasteur de Québec, afin de refaire leur santé. Par ailleurs, après avoir accordé à Soeur Kirby l'autorisation de se rendre aux eaux de Caledonia Spring (près d'Ottawa), elle finit par la rescinder en raison des dépenses.
À Bytown comme à Montréal, il était naturel de s'intéresser à la science médicale. Soeur Thibodeau, "apothicaires se" de son métier, passait pour médecin. Mère Bruyère, si elle s'est peu adonnée elle-même au soin des malades, participe à la science de celles que le Père Telmon appelait avec reconnaissance ses "doctoresses de Bytown" et que le Père Tortel désignait plus cavalièrement "la faculté en jupons". Pourtant, Mère Bruyère savait soigner. Au début du mois de mars 1855, le typhus fait des ravages dans la communauté des Soeurs de la Charité de Québec. Voici les conseils qu'elle transmet à sa meilleure amie, Mère Marcelle Mallet, supérieure fondatrice :
"Je reçois à l'instant vos deux lettres qui m'apprennent la mort d'une de vos postulantes et la maladie de votre chère St-Louis. Si elle vit encore quand vous recevrez ma lettre, veuillez lui laver tout le corps avec une éponge trempée dans de l'eau tiède, sans essuyer, répétez la même chose tous les jours pendant longtemps, c' est-à dire plusieurs jours de suite. Lui tenir les pieds chauds et de l'eau froide à la tête et bien suivre les prescriptions du médecin, - tenez vos malades seules dans une chambre bien aérée - tenez les autres à part à l'exception des gardes-malades, tâchez que vos Soeurs ne respirent pas l 'haleine des malades, que leurs gardes aient soin de prendre quelque chose le matin avant de les approcher. Que toutes aient soin de ne rien manger qui leur soit contraire et faites-les sortir dehors aussi souvent que vous le pourrez. Je me permets ces observations parce que nous soignons presque habituellement des cas de fièvres typhoïdes. Votre maison étant si petite, il pourrait se faire que ce fot une cause du long séjour des fièvres dans votre maison, tenez du chlorure de chaux dans tous vos appartements, dortoir, réfectoire, communauté. Lieux communs surtout et ne videz pas les pots dans les lieux communs à l'usage de la communauté; faites un trou un peu plus loin et entretenez-y un peu de chaux vive; mettez-en aussi dans votre cour et autour de votre maison. Ce sont les précautions qu'on nous a apprises, nous y tenons, de la part d'un bon Docteur et nous nous en sommes bien trouvées".
La même lettre contient des conseils adressés à Mère Mallet elle-même:
"Songez que vous êtes ma meilleure amie, je ne puis guère épancher mon coeur qu'avec vous. Permettez que je vous prie encore de vous ménager, vous avez besoin de votre santé et votre Communauté encore plus. Prenez donc soin de vous, et dans un temps de maladie si dangereuse, il ne faudrait pas que vous jeûnassiez, et de ne laisser jeûner personne dans votre communauté ".
Ses préoccupations devant la maladie dépassaient donc ses Soeurs et s'étendaient à celles qu'elle avait connues et aimées.
En plus des méthodes médicales utilisées à l'époque, les Soeurs ont très fréquemment recours à la prière. Au moment du typhus, lors d'une neuvaine paroissiale à saint Joseph, notre Soeur St-Joseph, gravement atteinte, revient comme miraculeusement des portes de la mort. De même, raconte Mère Bruyère à Mère Coutlée, le 19 octobre 1851 :
"Ma Soeur Normand a fait une neuvaine à Notre-Dame-de-la Salette; elle a placé sur le genou un linge imbibé de l'eau de la fontaine miraculeuse, et elle s'est trouvée guérie. J'oubliais de vous dire qu'elle a aussi appliqué sur le genou la relique de notre sainte Mère d'Youville en même temps que l'eau de la Salette".
Cependant, Mère Bruyère n'est pas dupe. Elle sait que certaines maladies peuvent trouver leur origine dans l'imagination, l'ennui, les peines intérieures. Mais même en ces cas, la bonté est toujours de mise. Elle recommande à ses filles au cours de la retraite de 1872 :
"Une Soeur, quand elle est malade, doit aller tout bonnement trouver sa supérieure et celle-ci étant une mère la recevra bien et lui donnera ce qui pourra lui faire du bien ".
Ses recommandations aux Supérieures porteront fruit et lui vaudront des échos élogieux :
"La Mère Phelan tient à faire comme on fait à la Maison mère. Elle a soin de ses Soeurs comme notre Mère Bruyère".
Pourrait-il y avoir plus beau compliment?
Datée de 1850, une lettre qui vaut pour 2010
Le 8 décembre prochain, les précieux restes de Sainte Marguerite d'Youville, jusqu'ici conservés à la Maison mère des Soeurs Grises de Montréal, rue Guy, seront transportés à la basilique Ste-Anne de Varennes, ville où naquit la première sainte d'origine canadienne. L'exhumation de ses restes avait eu lieu en décembre 1849. Peu après, soit au début de janvier 1850, Mère Bruyère délègue deux Soeurs de Bytown pour porter à la Mère vénérée la supplique suivante, geste qu'elle répéterait sans doute aujourd'hui:
Bienheureuse Mère d'Youville,
Daignez recevoir les hommages de respectueuse affection de toutes vos filles de l 'Hôpital Général de Bytown. Du haut du ciel où vous êtes, veuillez entendre leurs voix, mais particulièrement celle de leur indigne Supérieure, qui vous supplie humblement de nous obtenir à toutes l'esprit de notre sainte vocation. N'oubliez pas, ma bonne Mère, que nous sommes vos enfants et que c'est vous qui nous avez enfantées à Jésus-Christ Notre-Seigneur. Vous voyez les vertus qui nous manquent pour devenir vos dignes filles; ne souffrez donc pas que nous demeurions plus longtemps dans nos défauts.
Obtenez, je vous en supplie, un regard favorable du Père Éternel sur notre petite communauté, afin que nous soyons toutes remplies de votre esprit de charité, de générosité, de zèle et de dévouement. Notre sainte Mère, vous qui trouviez tant de ressources dans l'aimable Providence, obtenez-nous les moyens de faire finir notre bâtisse et de payer nos dettes. Prenez-nous sous votre maternelle protection. Je vous donne notre pensionnat afin que nous maintenions votre esprit en instruisant les enfants comme en soignant les pauvres et les malades.
Obtenez notre sainte vocation à un grand nombre de nos élèves, et envoyez-nous, au plus tôt, des sujets dignes de vous afin que nous puissions être assez nombreuses pour remplir nos offices. Protégez notre Institution contre la fureur du siècle pervers dans lequel nous vivons, et accordez à toutes les autres Communautés la même protection. Protégez-nous aussi contre le feu.
Je vous demande, ma bonne Mère, de m'obtenir l'humilité et la douceur pour si bien conduire vos filles dans les sentiers de la vertu que nous méritions toutes de vous aller rejoindre dans le ciel pour y aimer Dieu de tout notre coeur.
Votre indigne fille,
Sr É. Bruyère, Supérieure
![]()
Mère d'Youville
Hommage à Soeur Claire Ménard
Le 4 octobre dernier, Soeur Claire Ménard, membre actif au Centre de la Cause d'Élisabeth Bruyère, s'éteignait doucement à l'âge de 75 ans.
Enseignante et missionnaire en Afrique, elle a passé les dernières années de sa vie à diffuser l'image spirituelle de sa Mère bien-aimée, la Servante de Dieu Élisabeth Bruyère. Sa fonction de vice-notaire lors du procès informatif diocésain fut pour elle une véritable expérience spirituelle où elle "rencontra" Mère Bruyère. Depuis 2001, elle oeuvrait au Centre de la Cause d'Élisabeth Bruyère, où recherches, correspondance et collaboration au bulletin "Échos" la baignaient continuellement dans le coeur de sa Mère bien-aimée.
Après neuf années de dévouement dans ce domaine, un cancer qu'elle a combattu avec courage eut raison de ses forces. D'une nature très énergique, elle a lutté jusqu'au bout, au point de faire elle-même la mise en page du bulletin "Échos" paru en juin dernier.
Repose en paix, Soeur Claire, auprès de Celle que tu as tellement aimée et si bien servie.
Cent ans, ça se fête!
C'était fête, chez les Soeurs de la Charité d'Ottawa, en ce 16 juillet 2010. En effet, Soeur Jeanne LeBer, première ouvrière au Centre de la Cause d'Élisabeth Bruyère, atteignait l'âge vénérable de 100 ans.
La Servante de Dieu Élisabeth Bruyère devait sourire à sa fille qui, inlassablement, avec une compétence remarquable et un grand souci de perfection, a présidé pendant 25 ans à toutes les étapes de sa Cause de Béatification. En collaboration avec les postulateurs, nommée elle-même vice-postulatrice, elle a laissé derrière elle un chemin bien battu pour celles qui doivent continuer l'oeuvre. Actuellement hospitalisée à l'infirmerie depuis quelques années, elle poursuit en son coeur le travail si bien amorcé.
Félicitations à vous, chère Soeur Jeanne Leber! Que le Seigneur bénisse vos 100 ans!
LE SOIN DES MALADES- Hé! Les enfants! Habillez-vous chaudement: il fait très froid et il ne faut pas prendre de rhume!
- Regardez! J'ai le capuchon, les mitaines de laine et les bas que grand-mère m'a tricotés!
- Et moi, j'ai mis mon manteau avec une fourrure.
- Dis, Mère Bruyère, y a-t-il parfois des Soeurs malades au couvent?
- Malheureusement, oui. Certaines ont attrapé la tuberculose en soignant les malades. D'autres se sont épuisées au travail. D'autres étaient un peu capricieuses et ne mangeaient pas assez de viande, de soupe ou de bons légumes frais.
- Qu'est-ce que tu as fait alors?
- Nous avons utilisé les remèdes connus, les malades ont vu le médecin, j'ai même envoyé quelques Soeurs en repos dans notre maison mère de Montréal. D'autres sont même allées dans le couvent d'une autre communauté religieuse.
- Wow! Tu as fait ton possible pour les guérir!
- Oui, mes chers enfants, je vous recommande de prévenir la maladie. Mangez bien les bons repas que vous préparent vos parents, ne commettez pas d'imprudence en vous vêtant chaudement et prenez le repos dont vous avez besoin.
Huit erreurs se sont glissées en reproduisant ce dessin. Peux-tu les trouver?
Merci à vous chère Mère Bruyère!
* Ci-inclus un petit montant pour faveurs obtenues (S.); (J.-G.); j'envoie les honoraires d'une messe pour faveur obtenue (S.); mon obole n'est pas trop grande pour toutes les faveurs que Mère Bruyère m'a rendues (J.);
* Merci à Mère Bruyère pour m'avoir aidée dans beaucoup de choses (c.); merci pour mon garçon qui a réussi son année scolaire (S.);
* Merci d'avoir veillé sur ma fille et son mari qui avaient de graves problèmes. Ces problèmes sont plus faciles à accepter et ont trouvé des solutions (S.);
* Merci Mère Bruyère pour les faveurs obtenues pour mon fils, soit l'achat de son camion et de sa première maison (D.);
* Au nom de mes nièces et en mon nom personnel, je me fais un devoir de venir proclamer notre sincère gratitude pour la grande faveur que Mère Bruyère nous a obtenue.
Obligée de déménager, une de mes nièces a pu, in extremis, dénicher une modeste "maison à vendre"; le délai pour la conclusion de l'affaire était fzxé au 7 août. Comme Mère Bruyère nous avait déjà aidés, c'est avec confiance que nous lui avons exposé notre problème, la suppliant de nous seconder dans les labeurs que requièrent de telles acquisitions. Malgré les embûches inévitables, notre angoisse fut dissipée grâce à l'amour fraternel, au soutien constant, à la persévérance dans les efforts, le tout baignant dans les prières d'intercession de Mère Bruyère. Mais ce n'est pas fini! Nous prions Mère Bruyère de nous obtenir l'accomplissement sans heurt de ce changement d'atmosphère et d'ambiance pour la nouvelle propriétaire (G.);
* Merci Mère Bruyère pour mon gendre qui a trouvé un emploi plus stable (H.);
* Merci pour ma bru dont la greffe du foie a été un succès et pour mon fils qui a subi avec succès une opération pour un rein (M).
“Cris du coeur” vers Mère Bruyère!
(Chaque soir, les religieuses font cette neuvaine perpétuelle aux intentions des personnes qui se recommandent à leurs prières).Prière
Père de toute bonté
tu nous as donné
en Mère Élisabeth Bruyère
un coeur attentif à tous les besoins,
une âme ouverte à toutes les souffrances.
Confiant(e)s en sa puissante intercession,
nous osons te présenter par elle
nos intentions les plus intimes (...)
et les demandes de toutes les personnes
qui se confient à son coeur de Mère (...) .
Au nom de ton Fils Jésus
daigne, nous t’en supplions,
exaucer nos humbles prières
et accorder à l’Église
la grâce de la Béatification
de ta fidèle servante Élisabeth Bruyère.
AMEN.* Mère Bruyère, assiste Nathalie, qui cherche d'un second emploi. Elle a beaucoup de retard pour le paiement de son loyer. (H);
* Aide ma fille à payer toutes ses factures et à trouver un travail plu rémunérateur (M);
* Intercède pour ma fille qui vient d'être opérée pour le coeur, mon autre fille qui fait une dépression et pour moi-même qui suis toujours malade (S.);
* Mère Bruyère, accompagne-moi, donne-moi la main parce que j'attends avec inquiétude le rapport d'un spécialiste (G.);
* Guide le médecin qui doit m'opérer pour une tumeur au poumon droit (D.);
* Chère Mère Bruyère, je te prie de guérir ma petite-fille qui souffre de narcolepsie et de cataplexie. Je te confie également mon fils qui souffre du dos et de l'épaule (D.);
* Console Joseph, 91 ans, qui se prépare à vivre dans un nursing home (R.); permets que je me trouve une bonne place dans une résidence pour personnes âgées (M-J.);
* Soulage Nicole, operee pour un cancer, et qui fait beaucoup d'adhérences aux intestins (R.); guéris R. de son cancer des os (L.); soutiens J., 56 ans, qui souffre d'un cancer du poumon; aidez-moi à guérir d'un cancer à l'intestin (L.); veille sur mon époux atteint de cancer à la gorge (R.); rends-moi positive et sereine pour affronter mon épreuve du cancer du sein (R.);
* Change le coeur de cet homme qui veut renvoyer sa copine et sa fille; je te confie les problèmes que j'éprouve avec mon mari (P.);
* Je te demande la guérison des blessures à mon dos et à majambe occasionnées par un accident (D.);
* Intercède pour Mélissa, 17 ans, qui subit une opération sérieuse dans une mâchoire (H);
* Viens au secours de R. qui souffre de paranoïa. Elle veut se libérer de ses obsessions (R.);
* Mère Bruyère, j'ai plusieurs intentions à te confier. D'abord M, afin que tu guérisses sajambe. Ensuite pour moi, accorde-moi de l'aide financière et la guérison du sida et de l'hépatite C (J.-M);
* Fais que je trouve une bonne compagne de vie (M); aide mon fils à rencontrer une amie sincère (R.); veille sur mafamille et sur mon copain (T.);
* Veille sur ce couple en grande difficulté et sur cette famille remplie de souffrances (D.);
* Je te recommande F. qui est malade et a beaucoup de problèmes (c.);
* Je te prie d'aider à vendre cette maison (N.); (A.);
* Je te confie toute ma famille (R.); accorde à mes enfants et à mes petites-filles, santé, bonheur et réussite. Je suis prête à me sacrifier pour eux (G.);
* Je te demande la bonne entente dans mafamille (D.); aide mafille qui a eu un compagnon très violent (G.);
* Que tous nous soyons protégés de la faim et de la guerre (B.);
* Aide-moi à acquérir ce dépanneur, à avoir les moyens pour affronter les frais de scolarité de ma fille et pour obtenir de nouveaux contrats à mon autre fille (S.);
* Accorde à mon fils J. d'acquérir le commerce tant désiré (G.).
“Ensemble nous remercions Mère Bruyère de confier nos demandes et nos prières à la divine Providence" (H.);
"J'ai confiance en Mère Bruyère et je sais qu'elle peut faire de grandes choses" (D.);
"Depuis plus de deux mois, je souffrais d'une douleur au bras gauche, au point où je ne pouvais plus utiliser mon bras. Malgré des médicaments contre la douleur, une injection de cortisone, des compresses, rien ne m'apportait de soulagement. J'ai commencé une neuvaine à Mère Bruyère, la suppliant de m'aider. Le dernier jour de la neuvaine, la douleur a cessé soudainement et j'ai repris l'usage de mon bras. Je suis reconnaissante à Mère Bruyère pour cette faveur qui me permet de reprendre mon travail" (c.);
"Élisabeth est avec moi et me donne le courage et la force de combattre cet intrus ... un cancer" (R.).
Prière pour demander
la béatification d’Élisabeth Bruyère
Dieu de miséricorde,
tu as appelé Élisabeth Bruyère
à vivre un engagement social et religieux
au coeur d’une population naissante.
Comme Jésus, Élisabeth a aimé, écouté,
enseigné, soigné, souffert, et pleuré;
elle a prié. Elle a passé en faisant le bien.
Aujourd’hui, considérant sa foi vivante,
son courage invincible,
son admirable compassion,
nous te demandons, Dieu notre Père,
d’accorder à l’Église, si telle est ta volonté,
la grâce de la béatification de
ta fidèle Servante, Élisabeth Bruyère.
Amen.
Échos du Centre de la Cause
d’Élisabeth Bruyère
bulletin distribué gracieusementButs : révéler la vie de la Servante de Dieu Élisabeth Bruyère, son oeuvre, sa réputation de sainteté en vue de susciter la confiance en sa puissance d’intercession;
promouvoir sa canonisation par l’obtention d’un miracle attribuable à son intercession.
Avantages spirituels auxquels participent les Amie(e)s de Mère Bruyère :
* Chaque mois, une Eucharistie est célébrée à leurs intentions en la chapelle de la Maison mère.
* Chaque soir, les religieuses présentent aux Seigneur leurs plus chères intentions par l’intercession de Mère Bruyère.
Personnel du Centre
Sr Huguette Bordeleau, SCO, directrice
Collaborateur et Collaboratrices :
M. l’abbé André Fortin
Sr Hélène Roch, SCO
Sr Pauline Beauchesne, SCO
Conception graphique et mise en page :
Michel Mailhot
Téléphone : 613-241-2710
Télécopieur : 613-241-5509
Courriel : hbordeleau@scogen.org
Site Internet : www.soeursdelachariteottawa.comN.B. Veuillez, S.V.P., nous faire part de tout changement d’adresse afin de tenir à jour notre liste d’envois. Merci!
ISSN 1201-4109
Dépôt légal : Vol. 29 no 3 - 2010
Bibliothèque nationale du Canada
Mise à jour le
1-02-2011
© Soeurs de la Charité d'Ottawa