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Bulletin Échos

Mars 2008

Chères lectrices, chers lecteurs,

         En cette nouvelle année 2008, le Bulletin ÉCHOS fait peau neuve pour entamer son 27e volume de renseignements sur la vie deMère Élisabeth Bruyère, pour développer notre confiance en son pouvoir d’intercession et nous inviter à prier afin qu’advienne bientôt la reconnaissance officielle de sa vie exemplaire.

         En ce premier numéro, nous constatons que le sens de l’humour ne fait pas défaut chez la Servante de Dieu comme en témoigne CROQUÉ SUR LE VIF. Sa compassion pour les orphelins et les pestiférés du typhus puisait dans sa grande confiance en Saint Joseph, tel que rapporté dans MÈRE BRUYÈRE RACONTE... et Le COIN DES JEUNES. Les nombreux témoignages de foi et de remerciements pour faveurs obtenues et les cris du coeur qui montent sans cesse vers elle nous prouvent la puissance de son intercession sur le coeur de Dieu.

          L’année 2008 et ses événements marquants, entre autres, le 150e anniversaire des apparitions à Lourdes, l’année de Saint Paul, le Congrès de la Miséricorde divine et le Synode sur la Parole de Dieu, à Rome; le Congrès Eucharistique international de Québec dans le cadre des célébrations diocésaines et civiques, le 350e anniversaire du Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré; la visite de Benoît XVI aux Nations Unies et aux Journées mondiales de la Jeunesse à Sydney en Australie, ne manqueront pas de nous rappeler certaines dévotions de Mère Bruyère et les intérêts qu’elle portait pour les gens de Bytown et encore pour nous aujourd’hui. Les numéros de ÉCHOS qui suivront en témoigneront.

À TOUS UN JOYEUX TEMPS PASCAL !

Le personnel du Centre

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Camera

Croqué sur le vif   

La caméra cachée continue de nous révéler le côté vraiment humain de Mère Bruyère.

Les Soeurs sont à peine arrivées à Bytown qu’un hôpital minuscule s’ouvre et accueille sans cesse des patients de toutes sortes. De nombreux soins s’imposent, la situation est parfois grave, mais Mère Bruyère sait en voir le côté cocasse. Écoutons ce qu’elle raconteà Mère McMullen, Soeur Grise de Montréal, dans sa lettre du 26 mai 1845.

“Nous avons une vieille de quatre-vingts ans passés, elle a encore son vieux qu’elle aime beaucoup, il lui en coûte d’en être séparée. Tout le temps que nous avons mis à l’épouiller, son vieux a été obligé de demeurer dans l’appartement voisin du sien; cette bonne vieille est en enfance et à chaque instant elle criait : “Mon vieux es-tu là?” - “Oui ma vieille.” La vieille est un peu sourde et le vieux aussi; quand la vieille n’entendait pas le cri du vieux, elle criait de toutes ses forces : “Jacco, es-tu là? Ô mon vieux!” - “Oh!... tiens-toi donc tranquille ma vieille”, s’écriait à son tour le vieux, et puis pour faire répondre le vieux il fallait l’en avertir, en lui criant dans les oreilles. C’était vraiment comique à voir. Quand notre vieille se vit nette, ce qu’il ne lui est pas arrivé depuis très longtemps et qu’on lui eut mis un bonnet d’Adeline, elle ne se possédait pas de joie, elle nous baisait chacune notre tour et nous disait : “c’est pour le coup que mon vieux va me trouver jolie”. Nous avons beaucoup ri avec notre chère vieille et son vieux; elle est parfois un peu méchante et nous donne joliment de la peine, mais aussitôt ses saillies passées, elle est bonne comme un agneau.

Quelle vie austère que la vie religieuse, pensent les gens qui observe les habits sombres et les visages recueillis. Pourtant, il s’y trouve parfois des moments d’espièglerie. Mère Bruyère elle-même entre dans le jeu. Elle nous raconte un fait en date du 1er avril 1851 aux Chroniques de la maison.

“Soeur Hagan rencontre Soeur Bélanger, postulante, elle lui demande : Avez-vous des claques? -Oui. -Eh bien, où sont-elles? - À la décharge. -Allez vite les porter à notre Mère. La bonne Soeur Bélanger obéit sans réplique. La Supérieure qui ne pense à rien ne la comprend pas; son air de surprise lui fait penser que c’est le 1er avril. Elle sort de la chambre de la supérieure en riant. Elle va trouver ses compagnes du noviciat; à Soeur Euphrasie, elle dit : Ma soeur, prenez votre balai et allez vite balayer autour du poêle dans la chambre de notre Mère; à ma Soeur Mc Donell, vous, ma Soeur, vos claques sont plus grandes que les miennes, portez-les à notre Mère; à mes Soeurs Laflamme et Rivais, allez vite chez notre Mère; à une autre, portez ce dictionnaire. L’une après l’autre apportentà la Supérieure ce dont on les a chargées. La petite Soeur avec son balai se hâte de balayer autour du poêle quoique ce soit bien net. Mère Bruyère La Supérieure ne peut s’empêcher de rire en voyant tout ce remuement et puis de voir comme toutes ces Soeurs sont attrapées; quoique ce soit silence, personne ne parle, mais on rit bien.”

 

Voilà le portrait d’une femme très équilibrée!


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Mère Bruyère qui écrit  
Mère Bruyère raconte...


À travers ses écrits, lettres ou Chroniques, Mère Bruyère nous parle elle-même des enfants chéris de son coeur, les orphelins et les abandonnés. Sa plume alerte nous révèle à tour de rôle des sentiments intimes, des événements importants, des interventions providentiellesévidentes. Puisons dans ses lettres et dans les Chroniques écrites de sa main pour connaître la genèse et le développement d’une oeuvre magnifique.

LE SOIN DES ORPHELINS

Mère Élisabeth Bruyère est envoyée à Bytown avec mission d’apporter du soulagement aux nombreuses misères de cette rude contrée. Son coeur compatissant s’émeut devant toutes les catégories de pauvres. Le groupe des orphelins attire particulièrement toute sa tendresse. Sa plume vigoureuse décrit à ses Soeurs de Montréal, le 26 mai 1845, la situation déchirante qu’elle vient de vivre.

Divine Providence,
tu es
la mère
des orphelins.

Aujourd’hui, un riche protestant a trouvé sur sa terre un enfant de deux ans, au milieu de ses champs avec les cochons et les vaches; ce Monsieur a demandé à M. Bareille, de nous demander de recevoir ce misérable enfant dont le père est protestant, la mère catholique, laquelle est partie avec un méchant homme des États. M. Bareille lui a dit que nous n’avions pas le moyen de nous charger de cet enfant, mais notre Père lui a fait dire de nous l’envoyer, qu’il n’avait pas le temps de me venir consulter, mais qu’il savait très bien que nous partagerons notre pain avec cet orphelin. Ainsi, nous l’attendons demain, 27 mai. Je crois que nous pouvons nous charger de cet enfant car la Providence ne se fait pas attendre, à mesure que nous multiplions nos bonnes oeuvres, le bon Dieu multiplie les aumônes. C’est une chose remarquable, particulièrement quand nous recevons un pauvre.

Le lendemain, elle reçoit l’enfant, une jolie petite fille qui apporte un rayon de soleil au couvent. La tendresse qui émane de ce message à Soeur Thibodeau, quelques jours plus tard, témoigne des dispositions de celle qui l’accueille.

Dans le moment que je vous écris, la petite Marie vient de m’apporter sa robe, son tablier et ses souliers dans ses petits bras , pour que je l’habille; elle joint ses petites mains et prie le bon Dieu comme un ange, pour notre Père et pour vous. Elle est toujours aimable comme vous savez.

Pour notre bien-aimée Mère, les barrières de race n’existent pas. Tous les enfants sont les enfants de Dieu. Ainsi, le 22 juin 1845, elle décrit à Mère McMullen le décès d’une jeune Irlandaise atteinte de tuberculose.

Notre jeune Irlandaise est morte vendredi dernierà trois heures, aux premières vêpres de saint Louis de Gonzague. Cette jeune fille était orpheline de père et de mère; elle n’avait que son frère dans ce pays. (...) Elle est morte comme un ange en priant saint Louis de Gonzague dont elle avait une image à la tête de son lit. Elle nous a beaucoup édifiées durant sa maladie, elle nous aimait toutes beaucoup; elle appelait chacune de nous sa mère et les derniers jours de sa maladie il fallait toujours une de nous auprès de son lit. Notre Père nous a fait remarquer que, comme étant consacrées à la Croix, le bon Dieu avait permis que notre première pauvre fut une orpheline et qu’elle mourut un vendredi, et aux premières vêpres du patron des jeunes personnes, saint Louis de Gonzague.

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Divine Providence,
tu nous consoles
dans
notre exil.

En dépit de l’exiguïté de la maison de fondation, Mère Bruyère peut écrire aux Soeurs Grises de la Rivière-Rouge, dès le 28 juin 1845, que la maisonnée compte maintenant trois orphelines, dont la plus jeune a deux ans.

Sa lettre du 9 octobre 1846 à Mère McMullen laisse transparaître son souci du bien moral de ses chers orphelins.

Mère Bruyère avec des enfantsQuelques jours avant notre retraite, j’avais reçu une émigrée âgée de douze ans, orpheline de père et de mère, qui était bien malade; elle n’avait jamais communié, elle avait été à confesse à l’Hôtel- Dieu de Montréal où elle avait passé un mois; elle s’est confessée ici deux fois; nous la préparions pour la première communion, mais dans la nuit du premier jour de notre retraite elle a expiré dans les bras de Soeur Rodriguez qui n’a pu lui procurer le prêtre assez vite, elle est morte presque subitement. Hier nous avons appris par voie certaine que les deux orphelins (un garçon et une fille) que nous avons reçus l’automne dernier, n’ont pas été baptisés, l’un est âgé de six ans et l’autre de
sept ans.

Puis vient le moment tant espéré où la grande maison de la rue Water pourra bientôt fournir assez d’espace pour recueillir davantage d’enfants. Encore une fois, Mère Bruyère pense aux petits émigrés devenus orphelins à la suite de l’épidémie de typhus. En date du 9 octobre 1849, alors que la future Maison mère est en construction, elle mentionne aux Chroniques :

Nous donnons trois salles au Révérend Père Ryan pour les orphelines et les orphelins irlandais. Le Révérend Père fait faire, à ses frais, ces trois appartements; nous fournissons le plancher seulement. On lui donne aussi une place dans la cave qu’il fait fermer avec un colombage.

Elle vibre de joie en songeant que ses enfants chéris la précèdent dans la nouvelle maison et l’exprime dans les Chroniques au 8 janvier 1850 :

Nous sommes toutes contentes de voir que les orphelins habitent les premiers une maison qui dans le principe ne devait être que pour les pensionnaires. Les pauvres sont nos enfants, de plus nous sommes leurs servantes; nous sommes donc touchées de pouvoir faire entrer les premiers dans cette grande et commode habitation, ceux auxquels nous sommes destinées à servir. L’an dernier à pareil jour, il n’y avait pas une pierre ni une planche de rendues sur la place pour cette bâtisse; nous n’osions pas même croire que nous pourrions faire monter les murs plus haut que le premier ou second étage, encore plus, nous y renoncions tout à fait.

D’autre part, les drames humains se poursuivent. Le 10 janvier 1850, un imprévu survient à l’église et une fois encore, le grand coeur de Mère Bruyère est interpellé.

Soeur Laflamme étant à s’exercer à l’orgue avec Soeur Curran sous la direction de notre Révérend Père Allard, Soeur Rivet conduit les pensionnaires pour écouter la musique. Le Révérend Père Boyle trouve une petite fille naissante à côté du poêle de la sacristie; les pensionnaires croient avoir vu une femme qui a laissé cette enfant un moment auparavant qu’on l’avait trouvée. Cette femme avait l’air de remuer un enfant dans ses bras comme pour l’empêcher de pleurer.

Divine Providence,
tu es
la source de
tout bien.

Le bon Père ne sachant que faire avec cette enfant, se rendait à l’évêché avec, lorsque le Révérend Père Dandurand lui dit de la porter aux Soeurs de la Charité qu’il savait être dans l’église, ce qu’il fit aussitôt. Soeur Rivet reçut cette enfant. (...) M. Poitras avec Mlle Paradis présentèrent l’enfant au baptême et Mlle Poitras promet de faire payer à chacun cet honneur. La petite est emportée ici par Soeur Rivet, nous la lavons et l’envoyons porter vers huit heures et demie du soir par nos Soeurs Rivet et Phelan. Madame Aumond promet d’envoyer porter des habits pour la petite qui a reçu au baptême les noms de Marie Joseph et baptisée par le Révérend Père Dandurand.

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FermeLa vie continue et les enfants grandissants conservent un lien indéniable envers celles qui les ont accueillis et aimés. À témoin, l’attitude de la petite Marie Jordan, trouvée jadis dans un champ au milieu des animaux. Les Chroniques racontent au 19 janvier 1859.

Divine Providence,
tu es
la force
des faibles.

En ce jour mercredi (19), notre bon Père nous arrive, il amène avec lui notre première orpheline, Marie Philomène Jordan, qui a été placée à l’asile de la Providence il y a quelques années. Cette chère petite ayant demandé qu’on la rappelle à Bytown pour ses étrennes, la Supérieure la fait revenir par la bonne occasion de notre Père Aubert. Cette enfant a environ 15 ans. Elle a été bien élevée par les chères Soeurs de la Providence qui lui ont servi de mère. Cette petite menace de tomber dans la consomption. Cette orpheline a été reçue par le Révérend Père Telmon qui nous l’envoya porter par une femme irlandaise; elle n’avait pas plus qu’un an; elle était gentille et nous l’aimions beaucoup.

Les locaux de la nouvelle Maison mère ne répondent bientôt plus aux besoins d’uneépoque où les parents sont souvent fauchés en bas âge, laissant des familles nombreuses. En ce 15 juillet 1868, Mère Bruyère raconte aux Chroniques qu’un rêve partagé depuis longtemps avec ses compagnes devient enfin réalité. Un édifice destiné à recevoir les orphelins et les vieillards s’ouvre à l’angle des rues Sussex et Cathcart.

En ce jour, mercredi, les orphelins de Saint-Joseph couchent à l’asile pour la première fois; il n’y a que deux planchers de finis, celui du premier étage bas et haut; on y monte par un vieil escalier apposé au mur extérieur, les châssis sont posés dans ce seul étage. Ces chères petites filles s’y trouvent très bien pour dormir. Les garçons seuls couchent dans la maison en bois, rue de l’Église avec les Soeurs et quelques femmes. La chaleur qui est excessive et continuelle cet été aurait fait succomber un grand nombre de ces orphelins si nous n’eussions eu l’asile pour l’en recevoir une grande partie pendant la nuit. Notre chère Soeur Cécile est la première qui couche à l’orphelinat avec les orphelins; un homme couche dans une autre partie de la bâtisse avec un gros chien.

Quatre ans plus tard, les orphelins irlandais auront à leur tour une maison bien à eux. À ses débuts, l’oeuvre des orphelins avait la taille d’une graine de semence. Mais dans les dernières années de Mère Bruyère, il y eut jusqu’à 150 enfants à l’Asile St-Patrice et 120 orphelins à l’Orphelinat St-Joseph.

 
 

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MÈRE BRUYÈRE ET SAINT JOSEPH

Mère Bruyère manifeste une grande dévotion envers saint Joseph. Le beau mois de mars lui donne l’occasion d’en témoigner ouvertement. “Ce cher saint commence à se faire connaître presque autant que sa Sainte Épouse, c’est-à-dire que nous faisons son mois avec la même piété et la même solennité que le Mois de Marie. À Bytown, il n’est pas rare de trouver des familles qui font le Mois de saint Joseph. C’est une dévotion qui approche beaucoup de celle de Marie.” Son culte vivant attire sur elle et sa communauté la protection de celui-là même qui a veillé sur Jésus.

La fête de ce grand saint offre l’opportunité d’une célébration toute particulière. Les Chroniques du 19 mars 1857 nous font vivre des cérémonies très touchantes.

Aujourd’hui, nous avons une belle fête de saint Joseph. Il y a grande parure à l’autel et communion générale des Soeurs, des pensionnaires et des personnes de la maison.

Le soir après le salut ou plutôt à cinq heures et demie, les Soeurs et les pensionnaires font la procession avec la statue de saint Joseph que les Soeurs portent chacune leur tour sur un petit brancard orné pour la circonstance. Cette procession se fait si pieusement que toutes les Soeurs en ressentent une douce joie intérieurement et disent qu’elles n’ont jamais fait une procession aussi pieusement... Les Soeurs étaient réunies à la communauté et suivirent deux à deux la Soeur portant la croix accompagnée de deux postulantes ayant chacune un cierge allumé; les quatre qui portaient saint Joseph suivent la croix, les Soeurs venaient après en continuant le chapelet que la Supérieure avait commencé à la communauté. Arrivée à la chapelle, la Supérieure lut une des sept joies et des sept douleurs de saint Joseph, puis après le signal du départ pour les autres stations, en s’y rendant l’on récitait le chapelet. À chaque autel, on lisait une des joies et des sept douleurs de saint Joseph ainsi de suite. Après avoir fait le tour, on se rendit à la chapelle pour y réciter les litanies de saint Joseph, puis le chapelet de la miséricorde pour les âmes du purgatoire dévotes à saint Joseph. On y récite encore quelques autres prières et la procession se termine là.

Point n’est besoin d’une fête pour recourir à saint Joseph. Dès que le besoin se fait sentir, tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel, elle n’hésite pas à adresser des suppliques à celui qu’elle appelle “Notre Bon Père Saint Joseph.” Voici un extrait d’une supplique datée du 7 novembre 1855.

Maintenant, bien-aimé protecteur, nous venons encore solliciter votre paternelle bonté de vouloir bien nous procurer l’argent nécessaire pour faire la provision de fleur, de viande et de beurre pour l’année, aussi l’acquit de la dette que nous avons chez M. Brough et les moyens de nous procurer les habits et le linge nécessaire pour nous et pour nos pauvres. Puisque nous en sommes à vous demander, permettez que nous vous priions encore de nous envoyer de bons sujets et la persévérance pour toutes.

Une autre grâce bien plus précieuse, c’est la bénédiction de Jésus, de Marie et la vôtre sur la Règle afin qu’elle soit selon la volonté divine et l’esprit de notre sainte Fondatrice. Enfin, notre Bon Père, obtenez l’esprit de notre saint état pour toutes afin que nous soyons des fidèles épouses de Notre-Seigneur et de dignes filles de notre Mère d’Youville.

Un souvenir bien concret de ce culte, une magnifique statue dorée de saint Joseph, nous parle aujourd’hui encore de la dévotion de notre Mère envers ce grand saint. Voici, en quelques mots, l’histoire de cette statue.

Le Père Adrien Telmon, OMI, avait été gravement malade. Grâce aux bons soins des Soeurs, il a pu recouvrer la santé. Rempli de reconnaissance pour leur dévouement, Monseigneur Eugène de Mazenod, évêque de Marseille et fondateur des Oblats de Marie Immaculée, leur fait parvenir une splendide statue de saint Joseph. Dans sa lettre du 10 août 1847, Mère Bruyère exprime sa vive reconnaissance au généreux donateur et relate :

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Saint Joseph Nous avons enfin reçu cette belle statue de saint Joseph que nous attendions depuis si longtemps et avec tant d’impatience... Comment vous rendrai-je le bonheur que nous avons éprouvé quand elle nous est arrivée! Nous nous étions trouvées heureuses dès le moment où notre bon Père, en reconnaissance de sa guérison presque miraculeuse, avait promis de nous procurer l’image de notre bien-aimé protecteur, mais que notre joie était bien plus vive quand nous avons su que vous vouliez vous-même faire les frais de ce pieux monument. Aujourd’hui je puis réjouir votre coeur par le récit des faveurs que votre Communauté et la nôtre ont reçues de saint Joseph.

Nous étions les uns et les autres plongés dans une amère affliction; le typhus vissait dans la ville; le R. P. Molloy et cinq de nos Soeurs avaient contracté la maladie en assistant lesémigrés irlandais qui nous arrivent ici. Notre Père nous proposa de porter la statue à l’église de sa paroisse et il éleva un autel en l’honneur du saint et annonça une neuvaine solennelle pour le rétablissement des malades et la conservation de la ville. Il sut si bien disposer les gens qu’ils vinrent aussitôt en grand nombre lui demander de chanter une grand-messe chaque jour en s’offrant à en payer les frais eux-mêmes. Il y avait, le soir, salut solennel avec des instructions sur la dévotion à saint Joseph; les fidèles furent extrêmement assidus.

Dès le premier jour, le R. P. Molloy éprouva un mieux sensible. L’état de nos Soeurs malades s’améliora aussi et notre Soeur Saint-Joseph dont l’état était désespéré, revint comme miraculeusement des portes de la mort. Aujourd’hui, nous sommes tous en convalescence, grâce à saint Joseph, et grâce aussi, -pourquoi ne le dirai-je pas- grâce à vous, Monseigneur, qui avez contribué si puissamment par votre don magnifique, aux grâces que nous avons reçues.

Je ne veux pas oublier de vous dire combien nous avons trouvé la statue bien faite; tout le monde l’a admirée comme nous, et notre docteur en particulier en a été enchanté, tout protestant qu’il est. Notre Père se propose de la faire bénir solennellement par le R. P. Guigues, dès qu’il sera sacré Évêque de Bytown. Nous espérons que les faveurs que nous avons reçues déjà par l’intercession de saint Joseph ne sont que le prélude de ce qu’il fera encore pour nous.

Le rappel de cette touchante page d’histoire est à jamais immortalisé à l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal dans un magnifique vitrail réalisé par le sculpteur et verrier Marius Plamondon. D’autre part, la statue dont il est fait mention trône toujours dans une salle de notre Maison mère.

Saint Joseph gros plan

 
 

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Mère Bruyère

LA GRANDE ÉPIDÉMIE DE TYPHUS

Typhus : les maladesDans le numéro précédent, nous avons parlé du typhus, la terrible maladie que les Irlandais ont contractée sur les bateaux en route vers le Canada. Les Soeurs soignent les malades de plus en plus nombreux. Elles sont auprès d’eux jour et nuit, et vont jusqu’à porter elles-mêmes des morts au cimetière. Bientôt, à leur tour, certaines d’entre elles sont victimes de l’effroyable fléau. Les personnes qui leur aidaient les abandonnent par peur de la contagion.

C’est alors qu’arrive de France une belle statue de saint Joseph promise par un évêque de France, Monseigneur de Mazenod. La magnifique statue est portée à l’église, où les paroissiens se rassemblent et prient pour la guérison des malades. Dès le premier jour, un mieux se fait sentir chez des malades, un prêtre et des Soeurs. Partout, le besoin de main d’oeuvre est urgent. En dépit de cette pauvreté, Mère Bruyère consent au partage et prête aux Soeurs Grises de Montréal la jeune Soeur Phelan parce qu’elles ont besoin de quelqu’une qui parle l’anglais.

Cette épidémie a marqué une page bien triste dans l’histoire. Un volume très ancien conservé à la Maison mère, le Registre de l’entrée des malades de l’Hôpital Général de Bytown, nous donne des chiffres précis quant au nombre de malades reçus. En tout, 619 émigrés malades ont été admis à l’hôpital, et parmi eux, 167 sont décédés. Ce même volume donne la longue liste des enfants orphelins à la suite du décès de leurs parents. Mère Bruyère a confié ces enfants à des familles fiables. Quant aux Soeurs, sur les 21 alors au couvent de Bytown, 17 ont été malades du typhus, mais aucune n’en est morte.

En te servant du code et en lisant le texte, écris les messages suivants :

  fleur

1- les
2- gré
3- da
4- le
5- soi
6- ca
7- teaux

  étoile

1- gion
2- te
3- Ir
4- la
5- ba
6- tent
7- ta

   croix

1- ty
2- Soeurs
3- na
4- dais
5- ma
6- en

  Face

1- des
2- con
3- rou
4- gnent
5- phus
6- lan

  Coeur

1- con
2- vers
3- sur
4- mal
5- trac
6- le

A)    1fleur   /   3étoile 6Face 4croix  /   2Face 5Coeur 6étoile   /   4fleur   /   1croix 5Face   /   3Coeur   /   1fleur   /   5étoile 7fleur   /.

       ——     —————     —————     ———    ————   ——    ———   ———— /.

B)   1fleur   /   2croix    /   5fleur 4Face   /   1fleur   /   5croix  4étoile 1Face   /   4Coeur 2fleur   /   4étoile   /   1Coeur 7étoile 1étoile   /.

      ——   ——   —————   ——    ——————     ————    ———    ————— /.

 

 
 

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Merci à vous chère Mère Bruyère!

* Sincère remerciement pour la vente très rapide d’un immeuble (M.);

* Merci pour la réussite des opérations de C. pour cataractes (J.);

* Merci à Mère Bruyère qui m’a aidée après une opération pour cancer d’intestin et traitements de radiothérapie (L.);

* Merci à Mère Bruyère: une personne accepte de prendre ses médicaments qu’elle refusait (L.);

* Ma fille, infirmière, voulait changer d’institution, sans résultat. Nous avons obtenu la grâce d’Élisabeth Bruyère elle a réussi à se placer ailleurs, et ça va très bien maintenant. Je suis heureuse de vous l’annoncer (D.);

* Merci Mère Bruyère pour le résultat négatif reçu alors qu’on appréhendait un cancer du sein (R.);

* Merci à Mère Bruyère pour les 3 faveurs obtenues : permis de résidence au Canada, admission à l’université et emploi dans ma profession (A.);

* Merci beaucoup pour me donner la force de continuer malgré ma maladie (C.);

* Merci à Mère Bruyère pour avoir trouvé avec moi un emploi qui se rapproche beaucoup de mon domaine, les bibliothèques. Je suis heureuse là où je suis. Merci pour ton courage! (N.)

 
 

 

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“Cris du coeur” vers Mère Bruyère!

Prière à Mère Bruyère
Bonne Mère Bruyère
Humble servante des pauvres,
âme dévouée à l’éducation de la jeunesse,
Mère compatissante des orphelins,
des malades et des infirmes,
apôtre des émigrés,
des sans-abri et des délaissés, 
je viens à toi avec mes propres misères
et j’ai confiance
en l’intercession de ton coeur de Mère.
Prie le Père Éternel de m’accorder,
au nom de son Fils Jésus
et de Marie sa Mère,
la faveur que je sollicite :
- - - - - - - - - - - -- - - -
AMEN.

N.B. Veuillez, S.V.P., faire connaître toute faveur obtenue au Centre de la Cause d’Élisabeth Bruyère.

* Que Mère Bruyère me garde mes jambes (L.);

* Guéris-moi de mon urticaire et de mon anxiété (V.);

* Veille sur ma nièce qui craint un cancer du rein (P.);

* Prends soin de ma famille (E.);

* Guéris-moi à la suite d’un cancer et de traitements de chimio (M.);

* Accorde-moi l’acceptation de la volonté de Dieu dans l’épreuve (V.);

* Faites que je trouve un emploi stable (M.); (N.); (L.); (A.); emploi pour M. et J. (J.);

* Accorde la guérison à G.;

* Veille sur une dame atteinte de la maladie d’Alzeimher et sur son époux qui souffre de cancer et d’un anévrisme (R.);

* Guéris cet enfant malade très souffrant (R.);

* Guide la main du chirurgien dans mon opération pour les vertèbres (A.);

* Guéris-moi de mes douleurs au cou (P.);

* Délivre-moi de ce mal-être que je vis (M.);

* Guéris ce jeune qui éprouve des douleurs à la nuque et des vertiges (R.);

* Accorde la guérison d’un cancer du cerveau et du sein (J.);

* Nous te confions cette dame atteinte du cancer (L.);

* Sois auprès de cette malade dans sa maladie (T.);

* Je confie à Mère Bruyère ma fille N. qui devra subir une biopsie pour ganglions aux ovaires. Je lui confie
également K. (M.);

* Que mon fils garde son poste (N.);

* Que ce couple sorte d’une période difficile (J.);

* Intercède pour ma famille afin que chacun soit rempli de l’Esprit pour servir le Seigneur comme tu l’as fait
(G.);

* Je te confie mon opération pour une cataracte (N.);

* Veille sur mon père G. qui craint une récidive du cancer du nez (M.);

* Guide-moi dans une situation avec ma fille handicapée (L.);

* Je te confie une petite urgence: une maison à être vendue dès que possible (M.);

* Je te demande de me soulager de mon arthrite dans les jambes (M.);

* Soulagement de mon diabète et guérison de ma jambe amputée (H.);

* Entends nos prières pour une personne atteinte de l’hépatite C et du sida (J.-M.);

* Que j’accepte ce qu’il faut accepter et que je change ce que je peux changer (D.);

* Inspire-moi dans ma décision à prendre au sujet d’une opération pour la hanche (Y.);

* Aide à trouver un logement convenable pour P. et ses deux enfants (A.);Veille sur un malade qui se confie à toi (S.);

* Accorde une guérison complète à une dame qui craint une récidive du cancer du poumon (C.).

 
 

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Signature d'Élisabeth Bruyère

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Témoignages de foi et souhaits d’espérance...

“ J’ai confiance en elle et je continuerai de la prier tous les jours.” (L.)

“ J’ai senti la présence de Mère Bruyère et me suis rappelé que c’était la semaine où mon fils avait gagné sa cause à la suite d’un accident d’auto. C’était comme si Mère Bruyère venait me dire que c’est elle qui avait obtenu cette faveur du bon Dieu.” (M.-A.)

“ Ma famille et moi nous prions tous Mère Bruyère car elle nous aide beaucoup.” (M.)

“ J’ai une très grande confiance. Je parle tous les jours à Mère Bruyère dans mes prières car j’ai une grande foi et mon fils aussi.” (N.)

“ Je récite la prière pour demander des faveurs depuis 10 ans. La lumière commence à briller au bout du tunnel.” (C.)

“ Je me suis frappé la tête avec violence . Je me suis souvenu que j’avais une relique de votre chère Fondatrice. Elle m’a protégé.” (J.-M.)

“ J’aimerais recevoir des images de Soeur Élisabeth Bruyère, car pour moi Élisabeth Bruyère m’a aidée dans les faveurs que je lui demandais et j’en ai fait part à mes amies et cela a fait boule de neige. Elles reconnaissent ses bienfaits.” (L.)

“ Mon mari se fait opérer demain et je suis certaine que l’opération et l’après vont bien se dérouler parce que je ne me sens pas seule, mais je suis guidée par Soeur Élisabeth Bruyère.” (L.)

“ J’avais beaucoup de difficulté à marcher. J’étais inquiète pour l’avenir. Alors, j’ai parlé fort à Mère Bruyère et quelques jours plus tard soudainement je reprenais mon pas normal. Aujourd’hui, je marche très bien.” (M.-A.)

“ Est-il possible de chanter le Seigneur dans votre coeur pour moi. Je serais très content.” (J.M.)

 

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Prière pour demander
la béatification d’Élisabeth Bruyère


Dieu de miséricorde,
tu as appelé Élisabeth Bruyère
à vivre un engagement social et religieux
au coeur d’une population naissante.
Comme Jésus, Élisabeth a aimé, écouté,
enseigné, soigné, souffert, et pleuré;
elle a prié. Elle a passé en faisant le bien.
Aujourd’hui, considérant sa foi vivante,
son courage invincible,
son admirable compassion,
nous te demandons, Dieu notre Père,
d’accorder à l’Église, si telle est ta volonté,
la grâce de la béatification de
ta fidèle Servante, Élisabeth Bruyère.
Amen.


 


Échos du Centre de la Cause
d’Élisabeth Bruyère

bulletin distribué gracieusement

Buts : révéler la vie de la Servante de Dieu Élisabeth Bruyère, son oeuvre, sa réputation de sainteté en vue de susciter la confiance en sa puissance d’intercession;

promouvoir sa canonisation par l’obtention d’un miracle attribuable à son intercession.

Avantages spirituels auxquels participent les Amie(e)s de Mère Bruyère :

* Chaque mois, une Eucharistie est célébrée à leurs intentions en la chapelle de la Maison mère.

* Chaque soir, les religieuses présentent aux Seigneur leurs plus chères intentions par l’intercession de Mère Bruyère.

 

 

Personnel du Centre

Sr Huguette Bordeleau, SCO, directrice
Sr Claire Ménard, SCO

Collaborateur/trices :
M. l’abbé André Fortin
Sr Marie-Claire Bélanger, SCO
Sr Pauline Beauchesne, SCO

Conception graphique et mise en page :
Sr Claire Ménard, SCO

Téléphone : 613-241-2710
Télécopieur : 613-241-5509
Courriel : ccebsco@scogen.org
Site Internet : www.soeursdelachariteottawa.com

N.B. Veuillez, S.V.P., nous faire part de tout
changement d’adresse afin de tenir à jour notre
liste d’envois. Merci!

Copyright et impression

ISSN 1201-4109
Dépôt légal : Vol. 27 no 1 - 2008
Bibliothèque nationale du Canada

 
 

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© Soeurs de la Charité d'Ottawa
Mise à jour : 27-04-2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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